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Modification de l'article 37 de la Constitution : Les partis politiques d'opposition s'y « opposeront avec la dernière énergie

L'opposition burkinabè a animé un point de presse ce 11 juillet 2013 à Ouagadougou, dans les locaux du siège du Chef de file de l'opposition politique (CFOP-BF) avec au présidium, Moussa Boly du CNPB, B. Stanislas Sankara de l'UNIR/PS, Ablassé Ouédraogo de Le Faso Autrement, Dénis Nikiéma de l'UPC. Et à l'ordre du jour, « le suivi et les perspectives de la lutte engagée par les partis de l'Opposition pour l'amélioration des conditions de vie et de travail des burkinabè, contre la mauvaise gestion du pays, par le régime de Blaise Compaoré et contre la mise en place du Sénat ». Mais c'est la question de la modification de l'article 37 de notre loi fondamentale qui a pris le dessus tant dans la déclaration liminaire que dans les échanges, à travers des commentaires se rapportant à la marche du CDP du 6 juillet dernier.

De la déclaration liminaire lue par Moussa Boly, il ressort que « la contre marche organisée par le CDP et ses acolytes le 6 juillet dernier », visait en réalité à « faire oublier par l'opinion le succès de la gigantesque marche organisée le 29 juin 2013 par l'opposition politique ».

De plus, le CDP voulait à travers cette marche, « obtenir de ses militants qu'ils soutiennent inconditionnellement les réformes que Blaise Compaoré veut faire passer à tout prix dans son seul intérêt ».

Au résultat, et à en croire l'opposition burkinabè, cette marche, qualifiée de tromperie du peuple burkinabè, aura fait « tomber les masques ». En effet, elle aura été pour ses organisateurs, l'occasion non seulement d'exprimer leur soutien au « gouvernement dans son entêtement à mettre en place le Sénat », mais aussi « d'annoncer publiquement leur volonté de faire sauter le verrou de la limitation du nombre de mandats présidentiels au Burkina Faso afin d'offrir à Blaise Compaoré une présidence à vie ».

Aux yeux de l'opposition, la marche du CDP marque « le summum du ridicule » en ce sens qu'elle n'aura servi qu'à remettre un message, en réalité, à celui (Assimi Kouanda) qui en est l'auteur ; étant donné que le ministre d'Etat Kouanda est à la fois Secrétaire exécutif national du CDP et directeur de cabinet du président du Faso. (Lire aussi l'article Assimi Kouanda : Comédien et metteur en scène ?)

Soutien aux syndicats

Ce point de presse aura également été l'occasion pour les partis d'opposition d'exprimer leur soutien à la Coalition contre la vie chère (CCVC). Mieux, ils appellent leurs militants et sympathisants à participer massivement au meeting que prévoit de tenir cette Coalition le 20 juillet 2013 à la place de la Nation à Ouagadougou pour « réclamer de meilleures conditions de vie et de travail pour les burkinabè et contre la mise en place du Sénat ». Au-delà, le peuple burkinabè en général est appelé à rester mobilisé « et à l'écoute des prochains mots d'ordre » relativement à des actions de lutte à venir.

Respect de la Constitution pour des intérêts divergents

Le pouvoir et l'opposition appellent au respect de la Constitution. Mais les intérêts qui guident ces appels à objet commun, fondent les tractations autour de la question. En effet, le pouvoir appelle - l'opposition politique notamment - à respecter la Constitution dans sa disposition relative au Sénat.

Pour le parti au pouvoir et ses co-défenseurs du Sénat, la mise en place de la deuxième chambre du parlement obéit à une disposition constitutionnelle qu'il y a lieu de respecter. Et s'opposer à la mise en place de cette institution, revient à manquer du respect à la loi fondamentale ; ce que le CDP n'est pas prêt de cautionner. A en croire le parti au pouvoir, le Sénat renforcera la démocratie dans notre pays.

Mais l'opposition politique dit y voir un subterfuge pour faciliter la modification de l'article 37 de la même Constitution. Or, elle affiche depuis un certain temps, son intransigeance quant au maintien en l'état de cette disposition constitutionnelle relative à la limitation des mandats présidentiels.

En tout cas, le point de presse du jour a donné de noter que « les partis politiques de l'opposition, une fois encore, tiennent à dire au gouvernement qu'ils s'opposent et s'opposeront avec la dernière énergie, à la modification de cet article si cher à notre démocratie ».

En clair, l'opposition politique appelle aussi - le pouvoir notamment - au respect de la Constitution. Et pour cause, la modification de cette disposition, dans le sens de sauter le verrou de la limitation des mandats, retarde sa chance de s'installer au palais de Kossyam.

Le moins que l'on puisse noter, c'est que les deux camps semblent mesurer le sens de l'autorité de la Constitution dans une démocratie. Il est souhaitable dans cet appel - diversement intéressé - au respect de la Constitution, l'issue ne soit pas sous-tendue par des intérêts purement catégoriels de conservation ou d'accession au pouvoir d'Etat.

Fulbert Paré

Lefaso.net

Le Faso

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