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Qu’y-a-t-il dans votre assiette ?

Les dernières saisies de produits impropres à la consommation relancent la problématique de l'efficacité du dispositif de contrôle sur un marché dominé par l'informel. Ya-t-il des mécanismes pour rendre visibles toutes les menaces guettant le consommateur ? Le ministère du Commerce, à travers les contrôleurs de la qualité, détecte les cas de contamination. Un travail routinier», selon M. Laouar, directeur du contrôle de la qualité au ministère du Commerce, «qui consiste en la vérification de la conformité des produits aux normes de la qualité selon la réglementation en vigueur en Algérie». Les deux cas de contamination signalés, ces derniers jours, sont relatifs à la confiserie d'origine tunisienne et à l'eau minérale. L'alerte a été en fait donnée par les services du contrôle. Selon la procédure, chaque cas de non-conformité relevé est suivi d'un retrait du produit incriminé et le dossier est transféré à la justice qui décide des suites à donner (destruction du stock, fermeture de l'unité de production jusqu'à l'élimination de la cause de contamination). Deux formes de contrôle sont réalisées régulièrement. Il s'agit, selon le ministère du Commerce, de l'examen physicochimique qui consiste à faire la vérification des composants et leur conformité à ceux énoncés dans l'étiquetage. Cet examen permet de détecter les cas de fraude sur les composants et leur quantité. L'examen microbiologique permet, quant à lui, de détecter la présence de germes et de micro-organismes pouvant nuire à la santé du consommateur. Des bactéries variées (salmonelles et bactéries causant le botulisme, entre autres germes dangereux qu'on trouve dans les produits carnés et laitiers notamment), peuvent être détectées à l'issue de ces examens. Pour le premier trimestre de l'année 2013, quelque 151 échantillons non conformes ont été relevés sur 747 échantillons ayant subi un contrôle microbiologique. 202 non-conformités ont été relevées sur 847 examens physicochimiques, explique la direction du contrôle de la qualité. 614 136 interventions de contrôle ont été effectuées par les mêmes services. Il faut savoir que le ministère du Commerce n'effectue des contrôles que sur les produits vendus au niveau des commerces règlementaires, c'est-à-dire ceux qui sont enregistrés aux services du registre du commerce. 80% des produits échappent au contrôle L'informel reste l'issue privilégiée pour écouler, sans aucune contrainte, des produits avariés ou à la limite de la péremption. Des importateurs et des grossistes se débarrassent de ces produits impropres à la consommation en les proposant aux vendeurs informels. Des biscuits, des confiseries, des céréales, des conserves et autres produits alimentaires, vendus sous emballages avec étiquetage douteux, sont proposés à des prix défiant toute concurrence, révèle M. Boulenouar, porte-parole de l'Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA). Ce dernier rappelle l'affaire du riz périmé écoulé en grandes quantités en février dernier. Des dizaines de tonnes de riz ont failli être vendues au niveau du marché de gros d'El Harrach à Alger. Les autorités publiques avaient saisi ces quantités dans les étals de l'informel aussi. Les opérations qu'effectuent les services de contrôle de la qualité ne se font donc pas sur les produits échappant au circuit réglementé. Pas uniquement, car même des chambres froides et des dépôts de grossistes ne sont jamais visités par les services concernés, bien que leurs gérants soient répertoriés par le registre du commerce, explique notre interlocuteur. Certains grossistes, pour éviter de passer à la loupe des contrôleurs, détiennent plusieurs dépôts dans des endroits différents non répertoriés, pour pouvoir dissimuler des marchandises et les proposer au moment opportun au plus offrant, mais aussi pour écouler des produits avariés. Selon les estimations de l'UGCAA, ce sont 50 000 tonnes de produits impropres à la consommation qui circulent annuellement dans le marché informel et une grande partie est consommée, explique la même source. Comportement à «réformer» Mais le plus grand danger, selon l'UGCAA, reste les grandes quantités (200 tonnes/jour) de viandes issues des abattoirs anarchiques. Actuellement, toutes sortes de viandes sont proposées sur les trottoirs. Des viandes rouge et blanche, de la triperie sont étalées à l'air libre en pleine chaleur, sous le regard de tous. La Fédération algérienne des consommateurs (FAC) estime que c'est le comportement de certains citoyens qui doit changer. Malgré la multitude des marques commerciales et la panoplie des produits réglementaires proposés, une grande partie de consommateurs est attirée par les produits proposés sur les étals anarchiques en raison de leurs prix «attractifs». «C'est choquant de voir certains consommateurs porter fièrement des citronnades emballées de manière artisanale dans des sachets transparents, sachant que ces liquides sont fabriqués dans des baignoires et des fûts, alors que dans les commerces à côté, une multitude de choix s'offre à lui», constate Hassan Menouar, chargé de la consommation. La FAC plaide pour le renforcement des bureaux communaux d'hygiène (BCH) qui peuvent saisir l'opportunité de la proximité pour contrecarrer les vendeurs proposant des produits nuisants. «Mais ces BCH ne font pas vraiment leur travail», accuse M. Menouar.

El Watan

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