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Egypte, de Morsi à Sissi

Coup d'Etat ou phase 2 de la Révolution sont désormais des interrogations quelque peu déplacées après le renversement du président Morsi, légitimement élu à la tête de l'Etat égyptien en juin 2012.

Certes, la rue s'est massivement opposée au représentant des Frères Musulmans qui a sans doute commis l'erreur de vouloir aller trop vite en besogne en s'arrogeant tous les pouvoirs, sans pour autant améliorer la situation de crise économique et sociale que vit l'Egypte depuis de longs mois.

Mais c'est l'armée, et elle seule qui a déposé le président Morsi, dans la plus pure tradition des pratiques de la Grande Muette depuis l'émergence des Officiers Libres de Gamal Abdel Nasser, en 1952.

Pour les uns, l'intervention du général Sissi et de ses troupes, se justifie amplement, du fait de la dérive anti-démocratique, anti-pluraliste, et islamiste que Morsi et la confrérie voulaient imposer à la société, à l'Etat et au peuple égyptiens.

Pour les autres, l'armée est intervenue à la demande de l'étranger, (USA, Israël, pays du Golfe), parce que dans les grandes manoeuvres régionales qui s'organisent depuis plusieurs mois, l'allié égyptien risquait de faire défection.

Des conflits majeurs sont en gestation aujourd'hui, comme le montre le drame syrien, et certaines capitales s'inquiétaient des positions potentiellement maximalistes d'un Morsi certainement moins docile que pourraient l'être des officiers supérieurs nourris au «made in USA»…

Mais le grand pays arabe qu'est l'Egypte, son rôle central dans l'histoire de la région et de ses peuples, l'influence qu'elle peut exercer sur les « masses » de pays, voisins ou lointains, tout cela constitue la trame de cette éviction passablement légale d'un président démocratiquement élu.

Si l'hiver a succédé si rapidement au printemps aux pays des pyramides, c'est parce que la chute de Moubarak n'avait pas été le fait de forces politiques structurées et organisées. Les foules, pour tout alternative, n'avaient que la Confrérie des Frères Musulmans, rapidement épaulées par les Salafistes d'An Nour !

C'est là une des principales leçons des «révolutions» qui ont touché plusieurs pays arabes, celle de l'absence de forces partisanes véritablement progressistes, structurées, dotées de programmes et de ressources humaines capables de construire des systèmes de gouvernance modernes et démocratiques.

Le peuple égyptien s'est révolté et l'armée l'a entendu, par deux fois en quelques mois.

Il reste désormais aux principaux acteurs de la scène égyptienne à se doter des moyens crédibles, des hommes compétents, des idées pertinentes pour éviter que les acquis de la Place Tahrir ne soient confisqués par des forces, passéistes ou armées…

Cela prendra forcément du temps, et c'est ce qui manque le plus parce que les Egyptiens sont pressés de mieux vivre !

 

Fahd Yata 

moustache7

La Nouvelle Tribune

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