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Les Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence, un foisonnement de réflexions sur la crise mondiale

DNES à Aix-en-Provence

 

C'est tout le Gotha de la science économique internationale et des plus grands opérateurs et financiers mondiaux qui était réuni les 5, 6 et 7 juillet derniers dans la charmante ville d'Aix-en-Provence, (Sud de la France), pour les 13è Rencontres Économiques du Cercle des Economistes français.

Avec comme thématique principale, «Le choc des temps, l'économie mondiale entre urgences et long terme», ces rencontres, tenues à un rythme soutenu durant trois jours, ont permis à une assistance privilégiée et choisie d'écouter les analyses et les points de vue des personnalités les plus marquantes de l'actualité économique et financière française, européenne et internationale.

De Christine Lagarde, Directrice générale du FMI, à Francis Fukuyma, professeur à l'université californienne de Stanford et qui prédisait il y a quelques années, «la fin de l'Histoire», en passant par Jean-Claude Trichet, ancien président de la BCE, au Conseiller principal du Premier ministre japonais Shinzo Abe, qui prône une politique monétariste active, ou encore à l'académicien «immortel» Eric Orsenna bourré d'humour, ou même au ministre-pop star sénégalais Youssou N'dour, sans oublier Pierre Moscovici, ministre français de l'Economie et des Finances et José manuel Barroso, Président de la Commission européenne, les panélistes des 23 sessions que connurent ces Rencontres économiques furent  tous d'une éloquence remarquable et d'une sobriété salutaire bornée par le timing strict de leurs interventions respectives.

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Jean-Claude Trichet, ancien président de la BCE

Comme l'a exprimé le président du Cercle des Economistes, Jean-Hervé Lorenzi, organisateur de ces rencontres d'Aix, «l'économie mondiale, c'est un passé, un présent et un futur, mais aussi une multitude de conceptions de temps. Chacun comprend que pays, cultures, domaines sont régis par des temps différents: le temps de la finance n'est pas celui de l'éducation et celui du politique n'est pas celui de l'industriel. Pour les uns, les urgences s'accumulent, pour d'autres, il s'agit de retrouver un horizon long, d'autres enfin, sont coincés entre le très court terme et le long terme…».

 

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Jean-Hervé Lorenzi, Président du Cercle des Economistes français 

Cette réflexion de Jean-Hervé Lorenzi a donc été déclinée plusieurs dizaines de fois tout au long de ces trois jours à travers des communications qui s'inscrivaient dans la thématique générale retenue certes, mais dont chacune avait pour originalité d'exprimer soit les convictions et analyses d'un économiste de renom, d'un financier de haut vol ou d'un politique averti ou d'un entrepreneur reconnu.

Et si l'appartenance du Cercle des Economistes à la science éponyme française mais aussi à l'establishment intellectuel héxagonal ne fait aucun doute, les horizons évoqués, les constats établis, les solutions préconisées, dépassèrent de loin la seule «ligne bleue des Vosges» !

 

Urgences et long terme

 

Même s'il est difficile de réduire à quelques phrases la richesse et l'exhaustivité de ces Rencontres, une certitude est apparue à l'assistance, celle qu'au-delà des appréciations et des arguments développés par les uns et les autres, personne ne disposait de LA SOLUTION à la crise et encore moins du timing de fin d'une tempête qui secoue les marchés financiers, les économies, les sociétés et les institutions de l'écrasante majorité des pays de notre planète depuis 2007-2008.

Car la panacée n'existe pas et on en voudra pour preuve la multiplicité des approches et des théories développées tout au long de ces trois jours où, notamment, furent mise en exergue la nécessité d'une régulation internationale des flux et des marchés financiers, l'obligation impérieuse d'une solidarité entre les composantes d'ensembles supra-étatiques (l'Union européenne par exemple), mais aussi l'encouragement à l'investissement productif, ou encore l'urgence de solutions sérieuses et crédibles pour réduire des taux de chômage élevés dans la plupart des économies. Car le choc des temps a des effets long-termistes qu'il faut à la fois déterminer, prévoir et tenter de corriger. C'est d'ailleurs pour cette raison que les trois journées furent divisées en problématiques complémentaires. Le vendredi 5 juillet fut ainsi consacré aux différents temps et aux clivages qu'ils peuvent engendrer. Le samedi 6 juillet aborda le temps des mutations et les urgences qu'elles entraînent, mais aussi la thématique de la construction du monde de demain et des stratégies à long terme. enfin, dernière journée, le dimanche 7 juillet évoqua le temps du politique, ses éventuels retards et les conséquences sur la gouvernance.

chinois

 

Et si la causalité de la crise mondiale a fait facilement l'unanimité, le choc entre les urgences, l'apparition de ruptures et le flou des stratégies à long terme ont donné lieu à des débats animés, avec comme seule certitude, celle d'un retour aussi difficile que long et incertain à la croissance durable, notamment dans les pays développés.

C'est d'ailleurs, l'un des principaux constats de Mme Christine Lagarde qui s'essaya à expliquer que le FMI, non seulement avait dû revoir à la baisse ses prévisions à court terme pour l'économie mondiale, mais également commençait à s'inquiéter du ralentissement avéré dans les pays émergents et leurs leaders, à cause des effets directs et indirects du marasme régnant au «Nord».

Un constat que les Marocains ont déjà fait à leur détriment avec une récession importée d'Europe (surtout du Sud) qui impacte directement notre économie et qui oblige, n’en déplaise aux politiques, à la prise de mesures urgentes et réformatrices, aussi impopulaires et difficiles soient-elles.

 

Afifa Dassouli

 

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Encadré 1

 

Who is ?

 

Le Cercle des Economistes est une véritable institution en France. Il compte trente membres, parmi les sommités de la science économique française, avec une grosse majorité de professeurs qui enseignent dans les universités, écoles et instituts les plus renommés de l'Hexagone. 

Il a été créé en 1992 et se compose de: 

Philippe Aghion, Yann Algan, Patrick Artus, Agnès Benassy-Quéré, Françoise Benhamou, Jean-Paul Betbèze, Christian de Boissieu, Laurence Boone, Anton Brender, André Carpitanis, jean-Michel Charpin, Jean-Marie Chevalier, Lionel Fontagné, Pierre-Yves Geoffard, Bertrand Jacquillat, Jean-Hervé Lorenzi (président), Catherine Lubochinsky, Jacques Mistral, Olivier Pastré, Anne Perrot, Jean Pisani-Ferry, Jean-Paul Pollin, Dominique Roux, Christian Saint-Etienne, Christian Stoffaës, Akiko Suwa-Eisenmann, Philippe Trainar, Alain Trannoy, Calire Waysand. 

 

Chaque année, outre les rencontres économiques d'Aix-en-Provence, le Cercle des Economistes organise les Rendez-Vous de la Méditerranée avec l'Institut de la Méditerranée/Femise. la neuvième édition se tiendra les 8 et 9 novembre 2013 à Marseille. De même, en partenariat avec le quotidien parisien Le Monde, le Cercle des Economistes décerne le «Prix du Meilleur Jeune Économiste».

 

AD

 

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Encadré 2 

 

Le Maroc quasi absent

 

Plus de quarante pays étaient représentés aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, mais le Maroc était quasiment absent. 

Hormis l'équipe de La Nouvelle Tribune venue pour couvrir l'intégralité de ces rencontres, on a pu y voir M. André Azoulay, conseiller de SM le Roi, M. Mohamed Kabbaj, président du Conseil de Surveillance de Lafarge Maroc, Mme Nezha Lahrichi, du CNCE, et M. Mohamed Soual, de l'OCP. 

Une participation bien maigre et totalement non officielle, alors que la qualité des intervenants, la thématique proposée et la relation étroite entre la crise européenne et la conjoncture marocaine auraient dû interpeller nos gouvernants et les milieux économiques nationaux. 

Aix-en Provence, contrairement à Davos, n'est sans doute pas assez «jet set» pour eux ! 

 

AD

 

 

La Nouvelle Tribune

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