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Rapport du CMC sur l’économie : Une énième alerte pour Benkirane !

Economiquement, le gouvernement Benkirane est dans une mauvaise posture. Telle est entre autre la principale conclusion que l'on peut tirer du dernier rapport annuel du Centre Marocain de Conjoncture (CMC) sur les perspectives de croissance. Attentisme, panne, marasme, essoufflement... les qualificatifs pour décrire les difficultés de la situation économique actuelle ne manquent pas. A en croire le président de ce centre, l'Usfpeiste Habib El Malki, la  baisse continue du PIB industriel et la précarité dans la création d'emploi sont autant de signes d'une économie en chute libre. ''Aujourd'hui le constat est là : entre les paroles et les actes, le fossé se creuse de plus en plus. L'économie marocaine, qui se trouve à la croisée des chemins, a plus que jamais besoin d'un traitement de choc'', dit-on auprès du CMC. Pour Habib El Malki, ''l'économie a atteint à un niveau de blocage qui mérite une réflexion globale''. Ce blocage, issu d'un «décalage entre le temps politique et le temps économique, nécessiterait une révision du modèle de croissance''.  Selon lui, l'économie n'est pas encore «autonomisée» et reste toujours «sous la tutelle des politiques».

Le HCP, la BM et le CMC... 

Sur un autre registre, et alors que le Haut commissariat au Plan (HCP) table sur une croissance de 4,6% (3,8% enregistrés au premier trimestre), et la Banque Mondiale de 4,5%, le CMC prévoit, lui, un taux de 4,9%, contre 2,7% en 2012. Mais pour le CMC, le redressement de la croissance ne devrait pas avoir un impact significatif sur la réduction du chômage. ''La croissance n'est pas créatrice d'emplois au Maroc. Ce qui n'est pas normal. Dans les pays développés, une croissance de 0,5 à 1 point se fait sentir sur l'emploi de manière directe'', explique l'économiste ittihadi. Quelles en sont donc les raisons ? El Malki évoque la nature même du tissu économique, dominé par le secteur primaire, et les limites des stratégies sectorielles lancées par les pouvoirs publics (Maroc Vert, Pacte national pour l'Émergence industrielle, Maroc Export Plus...).

Pour le CMC donc, les statistiques officielles sur l'emploi au Maroc sont ''très discutables''. Il y a une forte sous-estimation du taux de chômage dans le milieu rural, qui ressort souvent autour de 2%. ''Il faut une redéfinition du dispositif pour mieux cerner le phénomène du chômage dans le milieu rural'', insiste le président du CMC.

Pour 2014, le rythme de croissance devrait connaître un net ralentissement comparativement à l’exercice en cours, et ce même dans l’hypothèse optimiste d’une campagne agricole aux performances comparables à celle de 2012-2013. Le taux projeté dans le scénario prévisionnel 2014 est de 3,7% en termes réels, ce qui équivaut à un ralentissement de 1,2 point par rapport à 2013, selon le CMC.

 

Quid des solutions ? Les conjoncturistes du CMC reviennent sur l'industrialisation, l'export et l'amélioration de l'attractivité pour les investissements directs étrangers. ''Les opportunités sont aujourd'hui plus importantes que par le passé. La stabilité dont jouit le Maroc est un atout majeur pour attirer les capitaux étrangers, qui fuient les pays du Printemps arabe'', explique El Malki. Toutefois, il ajoute : ''nous n'avons pas encore su profiter de cette manne ». Le CMC recommande une industrialisation ''intelligente'' du pays, la seule qui puisse créer des emplois stables. Habib El Malki rejoint ainsi les partisans de la ''ré industrialisation'', particulièrement ceux qui n'ont cessé d'alerter sur les limites du processus des accords de libre-échange...supervisés, rappelons-le, par l'Ittihadi Oualalou, alors ministre des Finances des gouvernements El Youssoufi et Jettou !

H.Z

Encadré : 

Le rapport croissance économique et emploi 

A en croire le CMC, le taux de croissance de 4,9% est dû fondamentalement à la qualité de la campagne agricole et à une production céréalière estimée à 97 millions de quintaux. Mais cet impact positif des activités primaires sur le taux de croissance du PIB devrait néanmoins être atténué par les difficultés réelles auxquelles devront faire face les activités industrielles, de commerce et de services, explique El Malki.

Il ajoute que l’impact de ce net redressement est resté, toutefois, limité et faible en termes de création de nouveaux postes d’emplois à cause de “la fragilité du modèle de croissance”. La croissance au Maroc est “peu créatrice d’emplois et ne l’est pas du tout dans certaines années” et, par conséquent, il y a lieu de “changer de modèle de croissance en changeant les bases de celle-ci”, dit-il, soulignant que l’histoire montre que seule l’industrie a la capacité de créer des emplois stables.

 

 

 

 

La Nouvelle Tribune

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rapport

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