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PRATIQUE DU SPORT EN PERIODE DE RAMADAN Les jeuneurs sont indésirables

(Aps) Jeuner ou ne pas jeuner ? L'alternative divise les sportifs et embarrasse les techniciens. La foi se la dispute aux exigences du haut niveau.

Des techniciens et anciens internationaux de football interrogés par l'Aps sur la pratique sportive et le jeûne ont laissé entendre qu'ils préfèrent laisser le choix à leurs joueurs, même s'ils reconnaissent tous que «c'est incompatible». «La foi, c'est personnel, il est compliqué de dire à un musulman de ne pas jeuner», ont indiqué Abdoulaye Sarr et Malick Daff, respectivement entraîneurs du Jaraaf et du Port autonome de Dakar (Pad).

«Ce qui est sûr et certain, c'est incompatible de jouer en ayant jeûné. C'est courir de grands risques», a indiqué l'ancien sélectionneur national Abdoulaye Sarr, rappelant qu'en équipe nationale, «l'équation s'était posée avec certains internationaux qui voulaient jouer tout en jeûnant». «Nous avions réussi à leur faire accepter que c'est un sacrifice qu'il faut faire, quitte à jeûner après, quand ils ne seront plus en compétition», a-t-il rappelé.

En club, l'attaquant international Demba Ba a déclaré à la Bbc récemment qu'il a toujours réussi à faire accepter à ses différents entraîneurs son engagement à jeûner pendant les matchs de championnat. «Je leur disais que de toute façon, je vais jeûner et que si ça ne marchait pas, ils pouvaient toujours me mettre sur le banc des remplaçants», a dit l'attaquant sénégalais qui est passé en janvier dernier de Newcastle à Chelsea.

Demba Ramata Ndiaye, l'entraîneur de l'équipe nationale locale, qui va entrer en regroupement dimanche prochain pour la préparation de son match retour contre la Mauritanie en éliminatoires du Chan-2014, prendra lui ses responsabilités en expliquant aux joueurs que «ce n'est pas possible de jeûner et de vouloir jouer au football». «Je ne peux pas concevoir un footballeur qui s'entraîne en jeûnant», a-t-il dit, estimant que «c'est dangereux de pratiquer du sport de haut niveau en jeûnant».
Ousseynou Sène, ancien attaquant international, qui a fait monter Suneor en ligue 1 sénégalaise, jeûnait quand il était joueur. Il dit tout faire pour amener ses joueurs à ne pas faire la même chose. «C'était difficile, je prenais des risques», a-t-il reconnu, rappelant avoir encadré des footballeurs qui refusaient de rompre leur jeûne pendant les entraînements et même les matchs de championnat. Les anciens internationaux Amadou Diop «Boy Bandit», Tassirou Diallo et Séga Sakho estiment quant à eux, qu'il est impossible de vouloir jouer au haut niveau et de jeûner. «Moi, je jeûnais souvent jusqu'au jour où à la mi-temps d'un important match, j'ai été obligé de rompre, parce que je ne tenais plus la route et je mettais mon équipe en danger», a souligné «Boy Bandit», capitaine du Sénégal à la Can-1986.

Interrogé à sa suite, Séga Sakho qui, lui ne jeûnait pas, rappelle toutefois qu'un de ses anciens coéquipiers, Abou Sarr, lui alliait les deux, le jeûne et le football. «Il était puissant et les coachs lui donnaient l'autorisation d'allier les deux», s'est-il souvenu. Tassirou Diallo, ancien attaquant de l'As Police, a indiqué qu'il jeûnait les semaines, l'interrompant les jours de match du fait de son entraîneur de l'époque, Madi Kouyaté qui n'admettait pas qu'un joueur puisse jeûner.



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