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Billet de Roche : Qui a dit que je n’ai pas dit ?

Mamadou Keita dit Roche

J’ai dit  » pian « , je le dis  » pian « , je le dirai « pian » et puis ne y’a fo   » pian « , ka segui a kan  » pian « . Au regard des évènements qui se passent dans notre pays, l’omerta n’est plus de rigueur. Il nous faut quelque fois dire et le marteler souvent pour extérioriser notre tréfonds culturel. Nous avons dit et redit nos angoisses, nos interrogations et nos réserves consécutives aux trémoussements du multidialogue de reconciliation de Ouagadougou.

 

 

Depuis l’accord de Ouagadougou, chacun de nous est allé à c½ur joie ou à c½ur chagriné avec ses commentaires.Que d’eaux ont coulé sous les ponts ! J’ose seulement espérer que trop de larmes ne couleront pas dans les caniveaux. A ce propos, disons le, notre pays a réussi la prouesse de faire entendre la voix des autres mouvements d’auto-défense. On ne saurait rester mi-figue mi-raisin face aux résultats atteints. Tournons à présent cette page pour parler de l’élection à venir. J’ai l’impression que le Mali est, par deux fois, pris en otage. Dabord avec cette élection qui, je ne dirai pas imposé, mais assènée au regard des tons péremptoires utilisés par nos sauveurs et bailleurs de fonds et ensuite avec le problème du MNLA à Kidal.

Après tant de concessions faites dans le parchemin de l’accord de Ouaga, nous ne demandons rien d’autre que le déploiement de notre armée à Kidal qui, si je me souviens bien, appartient au Mali. En signe d’apaisement ou de « pèsement », elle désarme nos véhicules des armes lourdes. Kidal ne saurait être un  » no man’s land «  au gré de certains prédateurs. Si vous avez chanté et dansé en tournant tout en rond sous le pont d’Avignon, vous ne saurez le dupliquer à Kidal. Il me faut vous le dire, car il me semble que vous l’avez oublié, la Marseillaise se chante et non se danse. Vous ne danserez ni ne tournerez pas en spirale à Kidal. Nous ne pouvons pas, et aucunement pas, reserver un billet pour un quelconque carnaval des élucubrationistes aux yeux globuleux et à la mémoire sclérosée en manque de chimère et d’indécence qui veulent croire que le Mali est un pays à géométrie variable. La partition du Mali se dessine depuis l’amorce des négociations de Ouaga et tout le parchemin y afférent n’est qu’un dé pipé.

 

 

Les narcotrafiquants et non les indépendantistes du  » hazard azawad » ne veulent en réalité qu’un corridor qui leur servira de tremplin pour leurs desseins malsains et maléfiques. Nous l’avons dit et  redit qu’au Mali plus rien ne sera comme auparavant. Maliens, veillez à ce que n’importe qui ne parle de vos problèmes de famille ; votre pays est à la une de toutes les presses de la sous-région. Pour ce faire, il vous appartient de changer de comportement. Ce n’est pas un secret, la majorité des maliens ne votent pas. L’élection présidentielle devient ou est devenu un passage obligé et pour la sérénité et pour l’avenir et le devenir du Mali. Allons donc retirer illico presto nos cartes Nina avec ou sans les erreurs. Votons en toute conscience en ayant à l’esprit que le thé, les tee-short et le pognon ne garantissent pas le développement.

 

 

Pour rappel, vous avez eu à voter pour des maires qui n’ont même pas pu remplacer ou reparer la dalle du fossé de votre carré, alors pourquoi recidiver pour un Président ? Avec le coup d’état ou le coup de grisou ou encore de sauve qui peut, vous êtes revenus de loin. Faites en sorte  de ne pas retomber au loin en choisissant en âme et conscience le candidat porteur d’espoir pour le Mali. Relevons ce defi en allant voter massivement sinon nous risquons de recevoir un coup de tête du coq du voisin.

Mamadou KEITA dit Roche 

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