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Grève dans les établissement de santé : DES BLOUSES BLANCHES BIEN DETERMINEES

Le mot d'ordre des syndicalistes a été bien suivi par le personnel socio-sanitaire de plusieurs établissements de soins dans la capitale

Le syndicat national de la santé, de l'action sociale et de la promotion de la femme (SNS-AS-PF) observe depuis hier une grève de 48 heures dans les établissements hospitaliers et dans certains centres de santé de référence (Csref). Cette action a été entamée pour exiger l'adoption et l'application d'un chronogramme de discussions autour des résolutions du 12è congrès de l'organisation, le respect de la liberté syndicale, la mise en ½uvre intégrale de la convention hospitalo-universitaire et son respect selon les spécificités des missions assignées aux centres hospitalo-universitaires (CHU), conformément à la pratique internationale y compris dans la sous-région africaine.

La fixation d'une date de concours d'intégration à la fonction publique, des contractuels payés sur ressources propres des établissements socio-sanitaires dont les dossiers sont déjà traités, le reclassement et la régulation administrative des contractuels de l'Etat, l'attribution de motivations financières accordées aux travailleurs socio-sanitaires et de la promotion de la famille en tant que prestataires dans l'application de l'assurance maladie obligatoire (AMO) sont aussi des revendications réclamées par les grévistes. Il y a aussi l'accélération du processus de reprise et de renforcement des capacités de production de l'Usine malienne de produits pharmaceutiques (UMPP).

Les grévistes ne décolèrent pas contre « l'attitude négative de l'actuel ministre de la Santé qui refuse à tout dialogue ». Le Pr Mamady Kané secrétaire général du SNS-AS-PF rappelle que 7 des 12 points du préavis avaient été discutés sans trouver un accord.

La grève a été bien observée dans les différents CHU et dans certains Csref de Bamako. A l'hôpital Gabriel, un calme plat régnait à la différence des autres jours où d'ordinaire l'établissement grouille de monde. Mais la direction générale de Gabriel Touré avait pris les dispositions nécessaires pour assurer le service minimum par des équipes de garde. Toutefois des petits incidents ont failli survenir à Gabriel Touré. Les syndicalistes qui avaient dépêché des équipes de contrôle pour constater que le service minimum était assuré, ont été évacués manu militari par des forces de l'ordre. Le Dr Ouncoumba Diarra, interne au service de l'imagerie médicale avait été empêché dans un premier temps de rentrer dans son service pour réaliser les éventuels examens de scanner. Les grévistes feront ainsi appel à un huissier pour constater le refus des policiers de le laisser accéder au service pour assurer la garde. Mais heureusement, le malentendu a été vite dissipé et l'interne a pu faire face à ses obligations.

Pour le directeur général de Gabriel Touré, Lasseni Konaté c'était juste une incompréhension. Mais la présence des policiers pour vider les syndicalistes des services s'explique t-il ? Entravaient-ils le service minimum ?

Selon Lasseni Konaté le service minimum est réglementé par la loi 87-47/An-RM qui détermine l'exercice du droit de grève dans les services publics.  Pour lui, il n'a fait qu'appliquer les textes. Puisque l'article 11  de cette loi stipule que le personnel qui fait la grève doit évacuer les locaux et ne pas porter atteinte à la liberté du travail. En cas d'occupation des locaux, l'administrateur des lieux a toutes les latitudes pour faire appel aux forces de l'ordre pour disperser les grévistes.

A l'hôpital du point G, le mot d'ordre des grévistes a été aussi bien suivi par les travailleurs. Des équipes de garde étaient aussi sur place dans les différents services pour assurer le service minimum. Mieux à ce niveau, le directeur général de l'établissement, le Dr Sékou Dramé a reconnu que quelques agents voulaient perturber le dispositif du service minimum mais que le secrétaire général du comité syndical du Point G, Youssoufi Maïga et ses collègues ont imposé l'ordre à ces grévistes. Notre interlocuteur du Point G a aussi précisé la particularité du service de néphrologie qui travaille à plein temps. Cette unité n'observe jamais de grève parce qu'elle travaille sur des malades à risque : les insuffisants rénaux.

Selon les informations recueillies auprès des administrations hospitalières, la grève a été aussi observée à l'hôpital du Mali, à l'institut d'ophtalmologie tropicale d'Afrique (IOTA) et au CHU de Kati. Mais partout le service minimum a été assuré pour dispenser des soins aux malades et autres usagers, dans la mesure du possible.

Le SNS-AS-PF se réserve le droit de donner suite à son mouvement. En cas de non accord, les syndicalistes projettent d'aller à une grève illimitée.

B. DOUMBIA

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