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Des pro-Gbagbo écoutant un discours de leur leader, en 2010 à Abidjan / AFP
Des pro-Gbagbo écoutant un discours de leur leader, en 2010 à Abidjan / AFP

Côte d'Ivoire: Ouattara ne peut pas contraindre les pro-Gbagbo à «demander pardon»

Le chef de l'Etat ivoirien les a tenus responsables du blocage du processus de dialogue et de réconciliation.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a appelé lundi le parti de l'ex-chef de l'Etat Laurent Gbagbo à «demander pardon» et à «prendre le train de la paix», plus de deux ans après la fin de la crise meurtrière de 2010-2011.

En plein blocage du dialogue avec l'opposition, M. Ouattara a lancé cet appel aux responsables du Front populaire ivoirien (FPI) lors d'un meeting à Korhogo, la grande ville du nord du pays, au terme d'une visite d'une semaine dans cette région, son fief électoral.

«Il faut que le FPI, parti courageux qui a eu la force de contester le parti unique, ait la force - je veux parler de ses dirigeants —de demander pardon. Que ses dirigeants aient la force de demander pardon aux victimes et aux parents des victimes. Ceci est indispensable», a-t-il affirmé dans un discours retransmis sur la télévision publique RTI.

«Le pardon grandit. Les Ivoiriens attendent ce geste d'humilité de la part de certains du FPI pour tourner la page», a poursuivi M. Ouattara.

Il a aussi demandé au FPI d'«entrer dans le processus de paix». «Je leur demande de prendre le train de la paix. Le train de la paix a pris de la vitesse et je souhaite que tout le monde soit à bord. Nous ne voulons plus d'exclusion en Côte d'Ivoire», a-t-il insisté.

Le président Ouattara est arrivé au pouvoir en avril 2011 après une crise postélectorale de quatre mois qui a fait environ 3.000 morts. La crise a été provoquée par le refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010, mais le FPI considère toujours que son champion avait remporté le scrutin.

Relancé en début d'année, le dialogue entre le gouvernement et le principal parti d'opposition est au point mort.

Avant toute reprise des discussions, le FPI exige notamment la libération de Justin Koua, son responsable de la jeunesse incarcéré en juin, et la désignation d'un "comité de médiation" pour les discussions avec le pouvoir.

L'ancien parti présidentiel dénonce régulièrement une «justice des vainqueurs», soulignant que de nombreux cadres du régime déchu sont en prison alors qu'aucun soutien du pouvoir actuel n'a été inquiété pour les graves crimes imputés aux forces pro-Ouattara;

A Korhogo, le chef de l'Etat a également évoqué la question de la réinsertion des ex-combattants, devenue d'une actualité brûlante après plusieurs incidents, et a tenu un discours rassurant à leur intention.

«Nous avons l'obligation de faire en sorte que tous ces jeunes gens qui ont pris des armes, ou à qui on a donné des armes, (...) rendent les armes et qu'on leur trouve du travail en compensation. Soyez un peu patients et vous verrez que nous trouverons du travail pour tous. Sans exception», a-t-il promis.

«Certains d'entre vous se sont transformés en “coupeurs de routes”, je vous demande d'abandonner un tel comportement» pour ne pas risquer de «perdre la vie», a souligné M. Ouattara.

Le gouvernement a lancé, via l'Autorité pour la démobilisation, le désarmement et la réinsertion (ADDR), un programme destiné à prendre en charge quelque 64.000 ex-combattants, principalement issus des forces pro-Ouattara.

Mais des ex-combattants ont manifesté leur colère devant les lenteurs de ce programme, également critiquées par des partenaires extérieurs de la Côte d'Ivoire, et certains de ces hommes sont devenus des «coupeurs de routes», bandits armés sévissant dans le pays.

Une attaque attribuée à des «coupeurs de routes» avait visé un convoi officiel transportant Fidèle Sarassoro, le directeur de l'ADDR, et tué un gendarme le 1er juillet près de Kong (nord), à la veille même de la visite présidentielle dans la région.

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