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Mali: tension à Kidal après l'arrivée de l'armée

Quatre jours après l'arrivée de soldats maliens à Kidal, la tension était vive lundi dans cette ville du nord-est du Mali, berceau des Touareg et de leur rébellion, où les manifestations pour et contre la présence de l'armée se succèdent.

L'entrée vendredi de 150 soldats maliens à Kidal, ville située à 1.500 km au nord-est de Bamako, s'est faite parallèlement au cantonnement des combattants de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), conformément à un accord de paix signé le 18 juin à Ouagadougou.

Mais l'armée malienne a accusé le MNLA de "violer" cet accord et de "manipuler" les habitants touareg de la ville.

"Depuis samedi, le MNLA a mobilisé femmes et enfants à Kidal, pour jeter des pierres sur les populations noires, sur les militaires africains et maliens. C'est une grave violation de l'accord de paix" de Ouagadougou, a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Diarran Koné, un responsable de l'armée.

Selon lui, "les manifestants, manipulés par le MNLA, ont blessé trois militaires africains de la Mission de stabilisation de l'ONU au Mali (Minusma) et caillassé trois véhicules de l'armée malienne dont une ambulance".

Un soldat français de l'opération Serval a également été "très légèrement blessé" par un jet de pierre, selon des sources militaires concordantes.

Une source africaine de la Minusma, présente à Kidal aux côtés de l'armée française, a affirmé que plusieurs dizaines de civils maliens s'étaient "réfugiés" dans un camp militaire de la ville où se trouvent des soldats maliens, français et africains.

Les habitants "subissent des représailles de la part de groupes touareg armés" pour avoir manifesté leur joie à l'arrivée des soldats maliens dans la ville qui étaient occupée par la rébellion touareg depuis février, a ajouté cette source.

Elle s'est inquiétée du "climat de tension" à Kidal alors qu'a débuté, dimanche, dans tout le reste du pays, la campagne pour le premier tour de la présidentielle du 28 juillet qui, grâce à l'accord de Ouagadougou, doit théoriquement se dérouler aussi à Kidal. Mais aucun des 28 candidats ne s'est rendu dimanche à Kidal et aucune réunion électorale ne s'y est tenue, contrairement aux deux autres grandes villes du Nord, Gao et Tombouctou.

Loi électorale "violée" à Kidal

L'entrée des soldats maliens à Kidal était attendue depuis des mois, mais les rebelles touareg s'y opposaient, craignant que l'armée ne se rende coupable d'exactions à l'encontre des "peaux rouges" - membres des communautés touareg et arabe, souvent assimilés au MNLA et aux groupes jihadistes liés à Al-Qaïda qui ont occupé le Nord en 2012.

Le MNLA lui-même avait expulsé début juin de la ville des non-touareg accusés d'être des "agents" de Bamako, ce qui avait aussitôt entraîné un mouvement des troupes maliennes vers Kidal.

Cette tension dans la ville et la crainte que le premier tour de la présidentielle ne puisse s'y dérouler normalement a poussé Tiébilé Dramé, candidat à la présidentielle et artisan de l'accord de Ouagadougou au nom du gouvernement de transition à Bamako, à demander lundi à la Cour constitutionnelle un report du scrutin.

"Au nom du candidat Tiébilé Dramé, je viens de déposer une requête à la Cour constitutionnelle pour l'annulation du décret convoquant le collège électoral, pour violation grave de la loi", a déclaré à l'AFP Me Hamidou Diabaté, avocat de M. Dramé et membre de sa formation, le Parti pour la renaissance nationale (Parena).

"Il y a violation de la loi, parce qu'elle dit que le collège électoral ne peut pas être convoqué tant que les listes électorales ne sont pas établies" sur l'ensemble du territoire national "or, les listes électorales des 13 communes de la région de Kidal (nord-est) ne sont pas établies", a fait valoir l'avocat.

Me Diabaté a affirmé avoir "bon espoir que la Cour" constaterait qu'il y a "violation flagrante" de la loi dans la région de Kidal pour "en tirer les conclusions qui s'imposent" et décider d'un report.

AFP

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