mis à jour le

Le Caire: vive émotion après la mort de 50 manifestants

L'émotion était vive lundi près du bâtiment de la Garde républicaine au Caire où plus de 50 personnes ont perdu la vie lors de tirs contre des manifestants pro-Morsi, des témoins décrivant une scène de tuerie même si les récits sont confus sur les circonstances.

Dans un hôpital du quartier, des dizaines de personnes cherchent le nom d'un proche sur une feuille collée au mur, dans une ambiance de chaos et de pleurs.

"C'est le T-shirt d'un de mes amis qui est mort" affirme Ahmed Mansour, en brandissant le vêtement couvert de sang.

"J'ai vu trente corps, dont aucun enfant", assure aux familles inquiètes un médecin, Layla al-Dessouki. Un photographe de l'AFP a quant à lui vu une vingtaine de corps ensanglantés, alignés sur le sol d'une morgue de fortune.

Selon les services d'urgence, 51 personnes ont été tuées et 435 blessées par ces tirs survenus tôt lundi devant le quartier général de la Garde républicaine, où quatre partisans du président islamiste déchu avaient déjà été tués vendredi.

Dans le quartier, une odeur persistante de gaz lacrymogène, des voitures aux pare-brises pulvérisés, des arbres brûlés témoignent des violences survenues sur le grand boulevard Salah Salem, devant le site militaire.

La Garde républicaine, chargée de protéger la présidence, fait l'objet d'un vif ressentiment de la part des islamistes, qui l'accusent d'avoir "trahi" Mohamed Morsi, déposé mercredi dernier par l'armée après des manifestations massives de l'opposition.

Sur les murs d'un bâtiment du ministère de la Défense voisin, des graffitis dénoncent l'armée et son chef, le général Abdel Fattah al-Sissi. "Ceci sera bientôt le siège de la République islamique", affirme l'un d'eux.

"Nous étions en train de prier à l'aube quand les soldats de la Garde républicaine ont ouvert le feu sur nous. Ensuite cela a été le chaos et les gens tombaient dans des mares de sang", raconte une manifestante, Shaïma Younes.

Mais une autre protestataire, Anas Aymas, venue du gouvernorat de Gharbeya dans le delta du Nil, met aussi en cause des "hommes de main" en civil, qu'elle accuse d'appartenir à la police.

"Ils ont commencé à tirer sur nous lors de la prière. Ils sont venus par notre droite en se cachant derrière des véhicules de police. Nous avons appelé l'armée à nous protéger, mais ils nous ont aussi tiré dessus", affirme-t-elle.

D'autres témoins racontent encore que l'armée a tiré en l'air pour disperser les manifestants, et que ce sont les hommes de main en civil qui ont ouvert le feu sur la foule.

"Les hommes de main sont venus et nous ont tiré dessus à la chevrotine, et l'armée a de son côté tiré des grenades lacrymogènes", raconte un autre témoin, Hussein.

Un habitant du quartier, Baddredine Adel, assure quant à lui que "les partisans des Frères musulmans ont lancé des cocktails Molotov sur l'armée", provoquant un début d'incendie dans un immeuble voisin.

"La police nous a tiré dessus avec de la grenaille", assure Ayman Sayyed, le visage couvert de sang, mais sans trace de blessure. Certains patients sont couverts de bandages, mais avec peu de traces de sang visibles.

De son côté, l'armée a expliqué que des "terroristes armés" avaient attaqué le siège de la Garde républicaine, selon un communiqué publié par le journal gouvernemental al-Ahram.

"Nous ne permettrons aucune menace contre la sécurité nationale égyptienne quelles que soient les circonstances", a déclaré par la suite le porte-parole de l'armée, le colonel Ahmed Ali.

Le colonel Ali a affirmé qu'"une bande armée a attaqué" les soldats vers 04H00 du matin (02H00 GMT). Selon sa version des faits, l'armée a répondu "par des tirs en l'air et des jets de grenades lacrymogènes" et "est intervenue après des violences venues de l'autre partie".

Il a en outre indiqué qu'un officier de l'armée avait été tué dans ces heurts, et que 42 militaires avaient été blessés.

AFP

Ses derniers articles: Egypte: "une stratégie de trois ans" pour relancer l'économie  Présidentielle au Ghana: ce qu'il faut savoir  Ghana: briguer la présidence de l'Etat, même en fauteuil roulant 

mort

AFP

Le célèbre sculpteur sénégalais Ousmane Sow est mort

Le célèbre sculpteur sénégalais Ousmane Sow est mort

AFP

Maroc: nouveau rassemblement après la mort d'un vendeur de poisson

Maroc: nouveau rassemblement après la mort d'un vendeur de poisson

AFP

Ouganda: dix mort dans un naufrage sur le lac Albert

Ouganda: dix mort dans un naufrage sur le lac Albert

manifestants

AFP

Nigeria: des manifestants contre la démolition de leurs maisons

Nigeria: des manifestants contre la démolition de leurs maisons

AFP

Maroc: des milliers de manifestants exigent justice pour Mouhcine Fikri

Maroc: des milliers de manifestants exigent justice pour Mouhcine Fikri

AFP

"Trop, c'est trop", lance Mugabe aux manifestants

"Trop, c'est trop", lance Mugabe aux manifestants