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‘’3lach la’’, nouveau recueil

Jamal Moustakfi vient de publier son premier recueil en arabe, intitulé ''3lach la''. La Nouvelle Tribune a rencontré le poète. Entretien.

La Nouvelle Tribune: Parlez-nous de votre  nouveau recueil.

  Jamal Moustakfi : '' 3lach la'',  qui veut dire en français '' pourquoi pas'', est un ensemble de poésie en arabe classique et en arabe dialectal. Il est composé de vingt-neuf poèmes. A travers ces poèmes, j'ai essayé de traiter plusieurs types de sujets, à savoir du social, de la politique, du sentimental et tout ce qui est  philosophique. Les poèmes sont composés en ''Malhoune'', en poésie libre et en slam (jazal).

 

Comment avez-vous embrassé la carrière de poète, et quels sont ceux qui vous ont aidé et encouragé sur ce chemin ?

J'ai commencé à l'âge de 15 ans. Mes premiers  essais étaient en Arabe classique mais cela a été voué à l'échec. Tout de suite, je me suis dit, pourquoi pas ne pas essayer d’écrire en  Arabe dialectal ; et j'ai réussi à me faire connaitre auprès des férus de la poésie.

Ma femme, ma famille et mes amis ont toujours été là pour me soutenir. Je tiens justement à remercier énormément Rafik Tadghir, Saïd Bouathmani qui a préfacé mon recueil, et le parolier  de l'artiste Abdlouhab Doukkali, Omar Telbani.

 

 Vos premiers poèmes sont composés dans la forme classique ou nimaienne ?

Lorsque j'ai débuté ma carrière, j'avais écrit un poème sur la Palestine intitulé « Lerja». Il est sous forme de '' Jazal'' ; j'ai tout de même essayé d’écrire quelques poèmes en français.

 

 Quelles sont vos sources d'inspirations?

Je m'inspire de ma vie quotidienne, de l'actualité, des journaux et des informations et programmes diffusés sur les chaines télévisées.

 

 A votre avis, quel rôle doit jouer le poète dans notre société ?

Le poète joue un rôle noble dans notre société : il peut être  sociologue, politologue,  philosophe et éducateur. Il ressemble à un peintre qui fait valoir les traits de la société par une peinture claire ou interprétable.

 

 Le manque de succès de la poésie aujourd'hui vient-il de son manque d'interactivité, valeur essentielle aujourd'hui dans notre monde hyper-connecté ?

En analysant superficiellement le phénomène, on peut dire que le manque de succès de la poésie  est dû au manque d'interactivité. Nous devons chercher les principales causes de ces échecs dans notre culture. A un moment donné et même à l'avènement de la télévision, je me rappelle quand j'étudiais  à l'école publique, les enseignants nous donnaient goût à la lecture et à la littérature. Bien que mon entourage fût analphabète, ils m'encourageaient. Malheureusement, de nos jours, avec la dislocation de la famille, la dégradation de la mission de l'école, et l'invasion impériale de l'internet que  la plupart ne savent pas utiliser de façon adaptée et cohérente, nous avons perdu  ce grand capital qui est la lecture.

Les poètes surtout souffrent de ce fléau.  Heureusement que quelques rencontres, salons de poésie, et bribes de concours sur certaines chaînes télévisées sont organisés. Ce n'est pas suffisant car il n'y a rien  pour encourager la lecture et la faire aimer par nos concitoyens. Il faudrait sortir notre Royaume de la culture orale vers une culture plus large avec le livre comme pilier principal.

  

 Quels sont vos projets à venir?

 Bientôt je vais organiser la signature de mon recueil '' 3lach la'' à  Al Hay  Al Mohammadi à Casablanca, mon quartier, qui est la vraie source de mon inspiration. Par ailleurs, j'ai deux projets qui pourraient voir le jour dans deux ou trois ans : il s'agit en premier d'un livre en sociologie et d'un autre en économie.

 

Entretien réalisé par Fatimazahraa Rabbaj

 

 

La Nouvelle Tribune

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