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Discours à la Nation du président de la République par intérim : LE RECOUVREMENT DE L’INTEGRITE TERRITORIALE DU MALI EST EFFECTIF

L'entrée de l'Armée nationale dans la ville Kidal consacre le rétablissement de la souveraineté du pays sur l'ensemble de son territoire. A cette occasion, et au lendemain de l'ouverture de la campagne électorale pour l'élection présidentielle cruciale pour l'avenir de la Nation, le président Dioncounda Traoré a fait une importante adresse à la nation dont nous vous proposons l'intégralité.

« Chers compatriotes,

Nos troupes sont entrées à Kidal depuis le vendredi 5 juillet, marquant ainsi l'aboutissement du processus qui devait nous conduire au rétablissement de l'intégrité de notre territoire et de notre souveraineté sur l'ensemble du pays.

C'est pourquoi, je commencerai mes propos en rendant grâce à Allah qui, dans sa toute puissance et son infinie bonté, a permis qu'en ce moment précis, je puisse m'adresser à vous et vous dire que notre pays est entièrement libéré et que désormais nous devons quitter nos peurs et nos angoisses pour parler de nos espoirs et de nos opportunités.

Nous venons ainsi de réussir l'une des deux missions dévolues aux autorités de transition grâce au peuple du Mali et à l'armée malienne, grâce à l'intervention déterminante des forces françaises, tchadiennes ainsi que de celles de la CEDEAO.

Je veux, ici, saluer le peuple malien, c’est-à-dire vous toutes et vous tous, pour n'avoir jamais désespéré, pour avoir cru jusqu'au bout à la grandeur et au destin de ce pays. Je veux saluer l'Armée malienne pour son courage et son engagement malgré la modicité des moyens mis à sa disposition, et lui réaffirmer toute la détermination du gouvernement à poursuivre la réalisation des conditions indispensables à l'accomplissement de sa mission.

Je veux saluer la France de François Hollande et les forces armées françaises dont l'action décisive, massive et fraternelle, depuis le 11 janvier 2013, a écrit les premières pages de l'histoire nouvelle des relations entre la France et le Mali, entre la France et l'Afrique. Damien Boiteux, le premier soldat étranger mort pour la libération du Mali est français. Je veux saluer la CEDEAO et l'Union africaine, ainsi que des pays frères qui comme l'Algérie, la Mauritanie, l'Afrique du Sud ont assisté notre pays sur le front de l'humanitaire.

Je veux saluer plus spécialement les contingents du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, du Ghana, de la Guinée, du Niger, du Sénégal, du Togo, du Tchad, du grand Tchad qui, en compagnie de l'Armée française, a remué chaque pierre et visité chaque grotte de l'Adrar des Ifoghas. Je veux saluer la Communauté internationale, l'Union européenne, la République fédérale d'Allemagne, le Royaume uni, les Etats-Unis d'Amérique, le Japon, la Chine. Je veux saluer la poursuite de la mission française à nos côtés et souhaiter la bienvenue à la MINUSMA.

Mes chers compatriotes,

Comme vous le savez, depuis le 18 juin dernier a été signé à Ouagadougou, l'Accord préliminaire aux pourparlers inclusifs pour la paix au Mali. Cet accord rétablit et renforce notre souveraineté sur chaque centimètre carré de notre territoire pour que s'y exerce l'autorité d'une République laïque et unie, sous le drapeau vert, or et rouge du Mali, à côté d'une belle devise que nous devons nous rappeler chaque matin : « Un Peuple, Un But, Une Foi ».

Cet accord, nous pouvions l'obtenir par le dialogue et c'est ce que nous avons fait, évitant ainsi une autre guerre au prix du sang de nos soldats ou de nos propres populations et avec le coût que nous savons. Parce que chaque véhicule blindé acquis ou détruit est un puits en moins, des salles de classe en moins, des centres de santé en moins ! Parce que chaque soldat tué au front est un fils, un époux, une épouse, un frère ou un père !

Depuis le 12 avril 2012, où j'ai prêté serment, je n'ai jamais varié, je n'ai jamais  proposé que le dialogue et la paix dans le respect strict de l'intégrité et de la laïcité du Mali. Ce n'est que contraints et forcés que nous avons recouru à la guerre qui fait les morts, les handicapés, les orphelins  et les veuves. Notre seule guerre, doit être la guerre contre la misère, la guerre pour la santé et l'éducation de nos enfants, la guerre pour le développement et la démocratie au profit de nos populations.

Cet accord de Ouagadougou qui renforce la République du Mali, de nouveau reconnue par ceux de ses enfants qui la rejetaient, n'aurait pas pu être possible sans la caution du peuple du Mali, c’est-à-dire de vous toutes et de vous tous que je salue et à qui je redis toute ma confiance.

Et c'est pour ce Peuple qu'il nous faut nous dépasser, nous surpasser encore et encore ! C'est pour ce Peuple que nous devons sortir des logiques individuelles et solitaires ou des surenchères suicidaires ! Surtout à ce stade où nous nous acheminons vers l'élection présidentielle, première étape de notre retour à une vie constitutionnelle normale.

Mes chers compatriotes,

Pour qui observe la profondeur de l'abîme dans lequel nous sommes tombés et la rapidité avec laquelle cela s'est produit, celui là se rendra à l'évidence que la crise malienne est très profonde et qu'il ne s'agit pas seulement d'une crise sécuritaire même si cette dernière a ébranlé les fondements de notre intégrité territoriale. Il s'agit d'une crise de notre société et de notre Etat dont il faut identifier tous les paramètres et chercher à les maîtriser. Il s'agit donc d'une crise qui demande une véritable refondation de notre Etat et de notre gouvernance. Et cette mission ne saurait être menée à bien par une transition. Pour cela, il faut impérativement un pouvoir issu des urnes ayant davantage de légitimité et beaucoup plus de temps.

Cela signifie en clair que plus vite ce pouvoir sera installé, plus tôt les vraies raisons de la crise pourront être prises en charge !

C'est fort de cette conviction et contrairement à ce que certains pourraient croire, que le gouvernement du Mali a décidé, en toute indépendance et en toute souveraineté, de fixer le 31 juillet 2013 comme date limite du début des élections et par voie de conséquence le 28 juillet comme date du premier tour de l'élection présidentielle.

En fixant cela, nous savions que nous engagions un véritable pari, mais nous savions pouvoir compter encore une fois sur les ressources insoupçonnées du peuple malien et sur son attachement à la démocratie si chèrement acquise un certain 26 mars 1991. C'est pourquoi, j'insiste encore et toujours sur le dialogue, sur le sens patriotique et sur le respect mutuel.

Mes chers compatriotes,

Après avoir rencontré de nombreux partis politiques, la société civile, les leaders religieux, les familles fondatrices de Bamako, les médias, je vais rencontrer ceux et celles qui ont été retenus par la Cour constitutionnelle pour briguer le suffrage de leurs concitoyens et que je félicite d'ores et déjà pour leur courage et leur dédicace au Mali. Loin de nous la prétention de vouloir organiser des élections parfaites. Une chose impossible même en situation normale. Mais, nous avons la ferme volonté de réussir des élections transparentes et crédibles dont les résultats seront acceptés par tous et toutes. Parce que toutes et tous les auront voulues comme telles ! En évitant de se focaliser sur les difficultés inévitables rencontrées ici ou là et qu'ensemble nous nous efforcerons de résoudre. Nous pouvons gagner ce pari !

Notre classe politique le peut, notre société civile le peut, nos candidats le peuvent et chacune et chacun d'entre nous le peut ! Non seulement nous pouvons gagner ce pari, mais nous le devons. Nous le devons à ce Pays qui nous a tant donné et à ce Peuple qui, plus d'une fois durant notre grave crise, a prouvé tous les jours qu'il était digne de ses fiers devanciers.

Mes chers compatriotes,

Nous avons les ressources sociétales et culturelles nécessaires pour ne pas cultiver la haine et la violence là où nos ancêtres ont semé les graines du partage, de la tolérance, du devoir, du pardon, de la solidarité, et de la justice.

Mettons fin aux divisions artificielles qui, bien souvent, ne reflètent que le péril engendré par nos égos et qui peuvent hélas reproduire ici des tragédies de pays qui s'y sont laissés aller et qui ont fini par le regretter. Inscrivons-nous dans la dynamique d'un pays uni et décidé à le rester où il n'y a ni béret vert, ni béret rouge, mais le béret du Mali. Un Pays où il n'y a  ni turban taliban, ni turban imouchar, mais le turban du Mali. Un pays où il n'y a ni Kounta, ni Arabe, ni Songhay, ni Arma, ni Sénoufo, ni Kassonké, ni Soninké, ni Bamanan, mais un Peuple qui fait de sa diversité non un handicap, mais une passerelle vers les autres et vers l'avenir ! Notre survie est à ce prix !

Mes chers compatriotes,

Je sonne donc, la mobilisation générale des Maliennes et des Maliens, de l'intérieur comme de l'extérieur, pour le succès des prochaines élections, comme ils ont su si bien le faire pour la libération de notre territoire !

Je sais que je peux compter sur chacune et chacun de vous et que j'aurai l'honneur de vous reparler le jour de l'investiture du troisième Président démocratiquement élu de notre pays, dans quelques semaines avec la mise en ½uvre du second volet de notre feuille de route !

Ce pays n'a d'autre vocation que la paix et la solidarité ! Soyons confiants en l'avenir du Mali et ayons foi en nous-mêmes.

Je souhaite bon Ramadan à tous et un bon hivernage ! Bonne campagne à nos 28 candidats. Puisse le Tout-Puissant continuer à veiller sur la Mali, Un, Indivisible et Laïque ! Et qu'il nous bénisse ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'essor

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