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Egypte: 16 pro-Morsi tués par l'armée, qui parle de "terroristes"

L'armée égyptienne a expliqué lundi que des "terroristes armés" avaient attaqué le siège de la Garde républicaine au Caire, où les Frères musulmans ont annoncé que 16 manifestants avaient été tués, selon un communiqué cité par le quotidien d'Etat Al-Ahram.

"A l'aube, un groupe de terroristes armés a essayé d'envahir le (bâtiment) de la Garde républicaine, attaquant les soldats et la police, provoquant la mort d'un officier et blessant plusieurs conscrits, dont six sont dans un état critique", a assuré le communiqué.

"Seize personnes ont été tuées et cent blessées, dont de nombreuses dans un état grave", a affirmé à l'AFP Ahmed Aref, porte-parole de la confrérie dont est issu M. Morsi.

Des barrages de la police militaire empêchaient les journalistes d'accéder au secteur.

Plus tôt, des manifestants avaient affirmé par téléphone à l'AFP que l'armée et la police avaient tiré à balles réelles et lancé des grenades lacrymogènes pour disperser les participants à un sit-in devant le bâtiment militaire.

"J'ai vu de mes propres yeux des gens sur lesquels on a tiré", a déclaré l'un d'eux. Il a ajouté que les forces de l'ordre avaient ensuite poursuivi de nombreux manifestants.

"Ils veulent faire partir les manifestants" qui ont affirmé dimanche qu'ils poursuivraient leur sit-in "pour une durée illimitée", avait estimé un autre manifestant.

Vendredi, au même endroit, quatre islamistes avaient été tués dans des échanges de tirs avec l'armée.

Réagissant à la mort des 16 manifestants islamistes, le parti salafiste al-Nour a annoncé lundi son retrait des discussions pour la nomination du Premier ministre et la formation d'un gouvernement de transition, dénonçant un "massacre".

"Nous avons décidé de nous retirer immédiatement des négociations en réponse au massacre qui a eu lieu devant la Garde républicaine", a déclaré sur twitter le porte-parole de ce parti, Nader Baqqar.

Les partisans des Frères musulmans sont mobilisés en masse depuis plus de dix jours dans différents endroits du Caire pour défendre la "légitimité" de l'ex-chef d'Etat, premier président élu démocratiquement de l'histoire du pays.

Mercredi soir, l'armée a déposé M. Morsi après des manifestations d'une ampleur inédite en Egypte. Les forces de sécurité ont ensuite lancé une campagne d'arrestations à l'encontre de la puissante confrérie, incarcérant plusieurs de ses haut dirigeants.

AFP

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