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Avec Ennahdha ,la justice est à l’envers en Tunisie

Dix-neuf artistes tunisiens de l'association « Fanni Raghman Aanni » ( artistes malgré moi ) agressés durant un spectacle au Kef ( nord-ouest ) par des islamistes fanatiques, seront déférés demain lundi 8 juillet devant la justice qui les accuse d’atteinte à la pudeur, ont indiqué dimanche leurs avocats et leur comité de soutien qui dénoncent une nouvelle atteinte à la liberté artistique en Tunisie.

Les artistes participaient le soir du samedi 6 juillet à un spectacle dans la rue .Ils  jouaient une pièce nommée « Guetlouh » (Ils l'ont tué), un spectacle en hommage au militant de l’opposition Chokri Belaid , lâchement assassiné le 6 février 2013 , lorsque des barbus les ont agressés. La police est alors intervenue et a interpellé les acteurs qui seront déférés lundi matin devant le procureur, a expliqué à la presse l’avocat, Ghazi Mrabet.

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Selon la même source, le ministère public veut engager des poursuites pour « atteinte à la pudeur », un délit passible de six mois de prison ferme. Avec un gouvernement dirigé par les islamistes d’Ennahdha les agresseurs ne seraient pour leur part pas inquiétés.

La nature exacte des faits reprochés à la troupe sera connue à cette occasion, le ministère de la Justice et la magistrature refusant systématiquement de donner aux médias des informations sur les procédures judiciaires.

« Ce sont les salafistes qui agressent, qui violentent, mais ce sont les artistes qu’on arrête », a dénoncé l’artiste Leila Toubel, femme de théâtre qui a organisé un comité de soutien aux 19 artistes.

Selon elle, le spectacle a été organisé pour soutenir un petit théâtre du Kef qui a été visé récemment par une tentative d’incendie criminel.

« On nous attaque car on s’oppose au projet obscurantiste (des islamistes) qui sont contre l’art et la beauté », a dénoncé Mme Toubel.

Cette affaire intervient juste après celle du rappeur tunisien Weld El 15, condamné pour une chanson insultant la police à deux ans de prison ferme, une peine réduite à six mois avec sursis en appel. Les militants des droits de l’Homme avaient dénoncé alors une atteinte à la liberté artistique et d’expression.

Les artistes et journalistes tunisiens sont aussi régulièrement la cible d’attaques de la mouvance islamiste .

Ce n’est pas la première fois que la victime se trouve accusée par la justice islamiste . Une jeune fille violée par 3 agents de police a été accusée par la justice d’atteinte à la pudeur et son affaire n’est pas encore close .

Le gouvernement provisoire , dirigé par les islamistes d’Ennahda, orchestre bien  une islamisation rampante de la société , tunisienne notamment via le système judiciaire.

Tunisie Focus

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