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Autant le dire… : Maintenant, c'est Bobo qu'ils veulent faire reculer encore

Jusqu'à hier dimanche 7 juillet, et ce depuis ce jeudi 4 du même mois, des individus, dont certains seraient venus de Ouagadougou (des artistes engagés dit-on), chercheraient à organiser des gens pour marcher et réclamer l'éclairage de l'avenue de l'Union européenne. Alors que toutes les voies de dialogue pour convaincre, toutes les preuves ont été démontrées et les engagements pris que, très prochainement, cette belle avenue, ironiquement baptisée " avenue de la mort" à cause des nombreux accidents qui s'y déroulent, sera éclairée.

Si ce n'est donc pas la bagarre que ces organisateurs d'une quelconque marche "cherchent", c'est à Bobo-Dioulasso qu'ils veulent nuire. Car, à combien peut-on estimé le préjudice subi par les usagers, les commerces et tous les habitants des secteurs 24 et 25 dans la seule journée du 4, quand bien même la manifestation de ce jour était justifiée ? Où étaient-ils, ceux-là qui, aujourd'hui, s'intéressent si bien à la ville de Bobo alors qu'ils étaient bien au courant que des accidents se produisaient sur cette avenue ? Bobo-Dioulasso ne saurait être un terrain d'entraînement pour des apprentis politiciens.

Le mal de cette ville est assez profond pour qu'on vienne en rajouter. En 2008, c'est cette ville qui a subi le plus gros préjudice desmanifestations de la vie chère. Elle porte jusqu'à présent les stigmates de cette manifestation : feux tricolores arrachés et cassés, bâtiments détruits et incendiés, bitume brûlé (en témoignent les gros trous qu'on peut observer jusqu'à présent sur certaines voies), des commerces pillés, etc. En 2011, à l'occasion des mutineries militaires, Bobo-Dioulasso avait encore été martyrisée. Principalement dans son économie, car c'est dans cette ville que les commerçants du secteur informel, les plus nombreux, ont subi le plus gros préjudice. Maintenant, on en a assez. Bobo-Dioulasso a aussi besoin de se développer, d'aller de l'avant, de briller par ses entrées et ses sorties, par son centre-ville, par son bitume et ses feux tricolores, etc...

La réalité est là, qu'il faut nécessairement et impérativement éclairée cette avenue-là. Et les fonds sont disponibles pour ça. Mais de là à exiger que ce soit tout de suite et maintenant (en une seule journée sinon...), il y a anguille sous roche. Tout le monde a bien compris et applaudi la manifestation d'humeur des vrais usagers dans la nuit du 4 juillet, de 01 heure à 7 heures le matin. Mais, tous les autres qui ont récupéré le mouvement ou qui tentent aujourd'hui de le faire, ont d'autres objectifs qui sont très loin de ceux des vrais usagers de cette route que nous sommes.

Quand des manifestants dressent des tentes sur la voie publique et s'y installent parce qu'ils veulent qu'on vienne l'éclairer, et pendant toute une journée, ce ne sont plus des revendications. Et ce, d'autant plus qu'ils refusent tout dialogue. C'est pourquoi, il est peut-être important de rappeler à cette catégorie de manifestants et à tous ceux qui, tapis dans l'ombre, leur apportaient du pain, des repas et du "café corsé", que s'ils ont d'autres contentieux à solder avec d'autres personnes, qu'ils aillent chercher un autre terrain. Tout le monde est malheureux du décès de ce jeune homme dans la nuit du 4 juillet. Sa famille porte le deuil. Il est donc plus important d'implorer le Tout-puissant de lui accorder sa miséricorde que de récupérer " cette douleur " à d'autres fins.

Franchement, nous n'avons pas besoin de telles choses ici à Bobo-Dioulasso. Que ceux qui peuvent nous aider à construire cette ville le fassent sincèrement. Au cas contraire, qu'ils s'abstiennent de détruire le petit peu que nous avons pu construire par nos impôts et nos taxes. Nous méritons la paix, qu'on nous l'accorde.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

Le Faso

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