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Nigeria: 42 morts dans une attaque attribuée à Boko Haram

Quarante-deux personnes, des élèves pour la plupart, ont été tuées la nuit de vendredi à samedi dans l'attaque d'un lycée du nord-est du Nigeria par des hommes armés présentés comme des islamistes de Boko Haram, en conflit frontal avec les forces de sécurité nigérianes.

Un porte-parole de l'armée, le lieutenant Eli Lazarus, a confirmé samedi soir cette attaque, devant des journalistes à Damaturu, capitale de l'Etat de Yobe. Mais il a donné un bilan moins lourd: 21 morts -20 étudiants, un professeur, et quatre personnes gravement blessées.

Auparavant, Haliru Aliyu, de l'hôpital général de la ville de Potsikum, dans cet Etat, avait déclaré à l'AFP: "Nous avons reçu les cadavres de 42 élèves et membres du personnel de l'établissement public d'enseignement secondaire de Mamudo, la nuit dernière. Certains avaient des blessures par balle et beaucoup portaient des marques de brûlures".

Mamudo est situé à quelque cinq km de Potsikum, grand centre commercial de l'Etat de Yobe, qui est l'un des foyers de l'insurrection de Boko Haram ces derniers mois.

"D'après les témoignages des professeurs et des élèves qui ont survécu à l'attaque, les hommes armés ont rassemblé leurs victimes dans un dortoir, ont jeté des explosifs et ouvert le feu, faisant 42 victimes", a expliqué Aliyu.

Il a déclaré que le personnel de sécurité fouillait les buissons autour de l'école, à la recherche d'élèves blessés ayant fui l'attaque.

"Jusqu'ici, six étudiants ont été trouvés et sont maintenant traités à l'hôpital pour leurs blessures par balle", a-t-il ajouté.

Un habitant, qui a souhaité rester anonyme, a confirmé le bilan de l'attaque.

"C'était un spectacle sanglant. Les gens qui se sont rendus à l'hôpital et ont vu les corps ont fondu en larmes. Il y avait 42 corps, des élèves pour la plupart. Certaines dépouilles étaient déchiquetées, d'autres étaient sévèrement brûlées et portaient des impacts de balles", a-t-il dit.

Il a expliqué que l'attaque était imputée à la secte islamiste Boko Haram en représailles à la perte de 22 de ses membres au cours d'un raid militaire jeudi dans la ville de Dogon Kuka.

Un officier de police a affirmé que les hommes armés avaient commencé à "tirer sporadiquement avant de mettre le feu au dortoir des élèves".

Il a ajouté que les élèves étaient endormis lorsque les assaillants sont rentrés dans l'école.

Selon des habitants, cette attaque a déclenché une panique parmi les élèves de la zone, qui ont quitté leurs collèges pour rentrer dans leurs foyers. 

La région se retrouve isolée du reste du pays. L'accès au nord-est du Nigeria est restreint depuis le début de l'offensive militaire contre les islamistes de Boko Haram le 15 mai. 

Les réseaux des téléphones portables ont été coupés dans la majeure partie de la région. Les habitants de la ville de Potsikum et ses environs doivent se rendre à Dagauda, près de l'Etat de Bauchi, pour pouvoir téléphoner.

L'armée nigériane mène une offensive de très grande envergure contre Boko Haram dans trois Etats du nord-est --Borno, Yobe et Adamawa-- où l'état d'urgence a été décrété.

Boko Haram, dont le nom signifie "l'éducation occidentale est un pêché", a déjà mené de nombreuses attaques contre des écoles du nord-est du Nigeria.

Le 17 juin, des extrémistes de Boko Haram avaient tué neuf étudiants qui passaient un examen dans une école privée de Maiduguri, l'un des bastions du groupe.

La veille, des membres du groupe avaient ouvert le feu dans un établissement scolaire de Damaturu, tuant sept élèves et deux professeurs.

Les attentats de Boko Haram et la répression menée par les forces de sécurité ont fait au moins 3.600 morts depuis le début de l'insurrection en 2009, selon l'ONG Human Rights Watch.

Par ailleurs, dans le centre du Nigeria, les médias locaux font état d'une vingtaine de morts dans une attaque vendredi d'hommes armés, présentés comme des éleveurs peul, d'un village de l'Etat de Benue au cours de laquelle de nombreuses maisons ont été incendiée.

Les conflits entre éleveurs nomades et agriculteurs sont souvent la cause de violences dans cette région du centre du Nigeria marquant la séparation entre le nord à majorité musulmane et le sud principalement chrétien.

 

AFP

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