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La vérité, toute la vérité, rien que la vérité…

La vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Elle ne peut dévier de sens ni changer d'essence selon les contextes, les affinités ou les humeurs. La justice aussi n'est qu'une pour tout le monde et sous tous les angles. Elle ne peut se taire au fond d'une âme noble au risque de l'étouffer.

Dire ce qu'il en est malgré le supplice de défendre aujourd'hui ce qu'on a toujours combattu. N'est ce pas une torture de prendre partie pour l'oppresseur d'hier. Que faire s'il est l'oppressé du jour? Le pouvoir change parfois de camp mais les principes, eux, restent immuables.

Un coup d'Etat, un putsch, une usurpation, une trahison. Voilà ce qu'il en est. Point d'euphémisme et ne cherchons pas à dissimuler ce qui vient de se passer en Egypte avec des mollesses verbales.

Des militaires qui déposent un président élu par un suffrage universel, le mettent en prison et avec lui tous les leaders de son parti, un parti soit dit en passant qui a raflé plus de 60% des sièges dans des élections démocratiques, suspendent une constitution entérinée par un referendum populaire avec plus de 67% des voix, autant dire un plébiscite.

Le « peuple » égyptien a certes remplit les rues d'Egypte et ses places dans un élan grandiose et unique dans l'Histoire pour demander la chute du régime mais cela suffit il pour déboulonner un régime installé par la volonté du peuple?

La volonté du peuple se mesure en nombre de voix et pas en mètres carrés ni en décibels. Plus de 12 millions ont voté pour Chafik la dernière fois ce qui remplit place Tahrir plus de 5 fois et pourtant ce n'est pas lui qui a gagné. N'est ce pas ça la démocratie ? Doit-on réviser nos classiques ?
« Election : opération par laquelle des citoyens libres choisissent des maîtres ».

Et puis ce peuple a eu trois fois l'opportunité de faire essuyer aux frères musulmans des échecs cuisants. Trois essais pour rejeter l'islam politique, trois balles pour flinguer la médiocrité et au lieu de ça ce grand peuple propulse cette confrérie au trône d'Egypte trois fois de suite. Alors rien de surprenant que ces derniers se croient disposer d'un chèque en blanc. Et même avec ça, pas une chaîne de télé n'a été censurée par un mot dans un article de journal n'a été raturé par le pouvoir en dépit d'une presse déchaînée. Bon gré malgré, ils ont respecté la liberté de presse mille fois mieux que leurs successeurs. Ça c'est un fait.

Alors ce grand peuple n'a qu'à assumer ses choix et d'ailleurs il y'a des millions qui l'assument toujours et qui se sentent aujourd'hui poignardés. Ces gens ne me ressemblent pas. Je les crois dupés, aveuglés et pleinement dans l'erreur mais je comprends parfaitement leur courroux.

Vous autres, progressistes, démocrates et militants de l'Etat de droit n'est ce pas honteux ce silence complice ou cette jouissance malséante. N'est ce pas une trahison aux valeurs que vous avez défendu toute votre existence. Alors sortez de cette gêne et dites la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.

Quant à l'Egypte, ce pays que j'aime tant.... Plus jamais il ne relèvera la tête. Le processus démocratique est piétiné, l'injustice est consommée et la confiance est à jamais ébranlée. Plus moyen de rebrousser chemin. La colère gronde et grondera encore et le ressentiment sera toujours là. La furie a commencée et Dieu seul sait combien de cadavres faudra-il avant qu'elle ne s'arrête.

Nawaat

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