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Des questions sans réponses

Le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques a répondu de manière anodine aux questions des journalistes, lors de sa visite de travail, à Boumerdès.   Lors du point de presse, qui a eu lieu au Centre de formation des métiers de la pêche de Zemmouri El Bahri, le ministre a usé de tous les subterfuges pour démontrer que tout va pour le mieux dans son secteur. Entouré du wali et du président de l'APW, l'hôte de Boumerdès, semble maîtriser parfaitement la langue de bois. Pour lui, il est tout à fait logique que le prix du poisson soit très élevé aujourd'hui. A défaut de donner des explications convaincantes sur la question, le ministre a rappelé que «le monde a évolué» avant de demander à un journaliste de lui donner la somme qu'il dépense par semaine pour ses communications téléphoniques. A une question sur le non-respect de la période de repos biologique du poisson, M. Ferroukhi n' a fourni aucune réponse. «Le respect du repos biologique est une règle connue de tous. Elle remonte aux temps des criquets... à l'époque de Bouamama et il y a des services qui sont chargés de veiller à son application», a-t-il lancé sur un ton ironique. Et ce n'est pas fini.  Le représentant du gouvernement n'a été aucunement gêné pour allumer une cigarette, puis de s'adonner à des leçons de grammaire qui n'ont rien avoir avec l'objet de sa visite. A un confrère qui l'interpellait sur «les résultats obtenus grâce aux budgets colossaux dégagés pour le développement du secteur», M. Ferroukhi s'est attardé à rappeler le vrai sens du mot «colossaux». Pourtant, d'aucuns savent que de nombreux projets d'investissement, relevant de son département, peinent à voir le jour. La preuve est le nombre (trois) insignifiant de projets de fermes aquacoles entrées en production sur les 25 projetées depuis plusieurs années à l'échelle nationale, pour accroître la production de poissons frais. Dans la wilaya de Boumerdès, la situation n'est guère reluisante. Les ports de pêche de Dellys et Zemmouri sont très exigus, alors que celui de Cap Djinet tarde à être mis en service en raison du problème d'ensablement. Après la fin de la conférence, M. Ferroukhi, et la délégation qui l'accompagnait, ont eu droit à un déjeuner digne de cérémonies royales, mais gâché par la présence de mouches. Les responsables du Centre de formation leur ont préparé deux variantes de poissons et quatre agneaux, aux frais de la princesse. Le ministre est reparti à Alger avec le sentiment du devoir accompli. Mais la réalité est toute autre.