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L’armée a choisi le Nil, pas le sac de semoule

Juste une année avant son assassinat (1981), le président égyptien Anouar El Sadate avait menacé l'Ethiopie en ces termes : «Si jamais vous construisez un barrage sur le Nil Bleu, l'Egypte vous écrasera !» En 2009, Meles Zenawi, le défunt Premier ministre de l'Ethiopie, décida de construire un barrage sur le Nil Bleu (le plus grand affluent du Nil). Hosni Moubarak (en déclin !) réitéra la menace de son prédécesseur. Zenawi répondit avec suffisance : «Si jamais l'Egypte bouge le doigt, l'Ethiopie l'écrasera !» En se faisant élire président de la République arabe d'Egypte, Mohamed Morsi avait-il pris en considération la question ô combien stratégique et vitale du «Nil», poumon de toute vie sur le territoire des Pharaons ? Pas du tout, selon tous les «stratèges internationaux» (y compris ceux de l'Egypte !). Démagogique, populiste, islamiste, retardataire (il croyait encore en la bonne foi de Ben Laden !), le (faux ?) docteur en génie civil a démontré durant une année de règne qu'il n'avait «aucun génie !». Accepter le «diktat» de «ses frères», se faire élire en distribuant «un sac de semoule pour chaque électeur pauvre», se faire pousser une barbe (sa barbe était maigre, comme celle des jeunes. A la mode quoi ! Quand il s'est fait élire !) sont des subterfuges qui n'ont pas résisté à la «furia stratégique des amoureux du Nil !» Robert Mugabé avait lancé en 1990 le slogan (ridicule !) : «Une chèvre pour chaque citoyen !» Il s'est «fait président !». Mais où est son pays jadis prospère ? L'écrivain égyptien Hamed El Amraoui avait - déjà - titré son livre Une chèvre pour chaque citoyen en... 1994. Morsi a-t-il lu ce livre mettant en dérision Moubarak ? L'armée égyptienne a certainement découvert qu'entre «le sac de semoule, la chèvre et le... Nil», il y a un choix à faire ! Ce choix est... le Nil, fleuve éternel pour «l'Egypte puissante et... éternelle !»