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Je suis pour la peine de mort dans les affaires de corruption

Après avoir fait le grand écart entre l'islamisme version Nahnah et le nationalisme à la Touati, Mohamed Benhamou veut aujourd'hui ancrer les thèses du centrisme au c½ur de la politique algérienne. - Approuvez-vous l'initiative des soixante-cinq députés qui ont demandé un débat général sur la corruption dans le secteur de l'énergie et des mines ?   C'est un débat qui me paraît important d'être mené par les députés, même si pour le moment le bureau de l'assemblée a refusé la demande introduite par Lakhdar Benkhellaf, le député du Front pour la justice et le développement (FJD). D'ailleurs, j'ai demandé à nos deux députés de soutenir cette initiative et je vais aller plus loin : je suis favorable à la mise en place d'une commission parlementaire qui se chargera d'enquêter sur ce qui se passe en Algérie. Quand la presse révèle des affaires à longueur d'année, elle joue son rôle de contre-pouvoir. C'est pour cela que j'estime nécessaire que l'APN puisse également tenir son rôle et use de ses prérogatives. Il faut que la lumière soit faite sur ces affaires. Car, aujourd'hui, les affaires empoisonnent le paysage politique algérien.   - Les ministres accusés de corruption doivent-ils aller en prison ?   Je suis favorable au rétablissement de la peine de mort pour les affaires de corruption qui touchent les personnalités. Ils ont trahi les idéaux de la Révolution et des martyrs qui ont donné leur vie pour que ce pays soit libre et indépendant.   - Pensez-vous que les nombreuses affaires de corruption rapportées par la presse vont ternir le bilan qu'on fera des années Bouteflika ?   Je ne le pense pas. D'une part, parce que le phénomène de la corruption a toujours existé en Algérie et qu'il touche d'autres pays et, d'autre part, parce que j'estime que c'est surtout son troisième mandat qui a été le plus exposé à la corruption. Aujourd'hui, ces affaires de corruption ont pris de telles proportions, dans la mesure où elles touchent directement le premier cercle présidentiel. C'est pour cela que nous souhaitons qu'il ne fasse pas le mandat de trop.   - Le président Bouteflika doit-il aller au terme de son mandat ou bien démissionner ?   Nous préférons qu'il reste en poste jusqu'en 2014. Cela permettra aux partis politiques de mieux se préparer, car une élection anticipée compliquerait les choses. Il est important que la transition se fasse dans les meilleures conditions et sans heurts. C'est pourquoi notre parti n'est pas favorable à l'application de l'article 88 de la Constitution. Nous militons plutôt pour une solution intermédiaire qui serait la vacance du pouvoir. D'autre part, l'Algérie est un pays d'institutions. Des institutions qui ont toujours su relever le défi lorsque la nation était en danger. Le pays n'a jamais dépendu des personnalités qui l'ont gouverné. La situation actuelle ne compromet pas le bon fonctionnement du pays, d'autant que plusieurs indicateurs économiques sont au vert. Je citerai par exemple la dette extérieure qui est proche de zéro, un taux de croissance appréciable, et des réserves de change que beaucoup de pays nous envient. Et puis, le cas Bouteflika n'est pas unique. Au Venezuela, le président Hugo Chavez est resté plus de deux mois absent du pays. J'ajouterai qu'il me paraît important de tirer des enseignements des situations auxquelles nous sommes confrontés et renforcer les institutions de l'Etat. Du point de vue symbolique, il me paraît aussi important que Bouteflika soit associé à cette transition. Je vois cela comme le passage de flambeau entre la génération issue de la Révolution et celle de l'indépendance.   - Vous demandez le renforcement des institutions de l'Etat. Est-ce pour mettre un terme à la concentration de tous les pouvoirs entre les mains du Président, comme c'est le cas actuellement ?     Je pense que le président Bouteflika est une exception, de par sa personnalité. C'est un Président qui est doué d'une intelligence et d'une vision exceptionnelle. Mais je dis également que la situation actuelle ne doit pas se reproduire. Le prochain Président ne pourra pas présider ce pays comme l'a fait Bouteflika. C'est pourquoi nous militons au Parti El Karama pour la mise en place d'un régime présidentiel et l'instauration du poste de vice-Président. Aujourd'hui, on se rend bien compte de l'importance de cette fonction dans la situation actuelle qui contraint le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, à tenter de combler ce manque.   - Comment jugez-vous le travail de Abdelmalek Sellal ?   C'est un homme sage qui applique la feuille de route qui lui a été tracée. Il tente de calmer les nombreuses contestations qui se manifestent à travers le pays, car la fronde sociale a pris une ampleur sans commune mesure avec ce qu'on avait déjà connu. Nous soutenons ses efforts même si nous ne sommes pas d'accord avec la présence de certains ministres dans son gouvernement. Nous pensons que des secteurs comme l'enseignement supérieur, la santé, le transport méritent d'avoir d'autres personnalités à leur tête.     - Vous n'avez jamais caché votre admiration pour Bouteflika. Etes-vous aujourd'hui déçu par son bilan ?   Je suis surtout un admirateur du président Boumediène. J'ai été marqué dans ma jeunesse par l'aura qu'avait Boumediène, qui a permis à l'Algérie d'avoir un rayonnement extraordinaire sur la scène internationale. L'arrivée de Bouteflika au pouvoir devait être le prolongement du travail effectué par Boumediène, malheureusement cela n'a pas été le cas. Le Président s'est entouré de médiocres, qui ont trahi les idéaux.   - Où se situe votre parti sur l'échiquier politique ?   Le Parti El Karama est un parti qui se situe au centre. Nous défendons les idées du centrisme et nous nous battons pour la moralisation de la classe politique. Il faut arrêter de croire que tous les hommes politiques sont des pourris. Pour nous prémunir contre l'argent sale, nous avons mis en place des garde-fous. Nous sommes fiers de ce que nous avons déjà fait après une année d'existence. Mais votre parti a déjà connu une première tempête politique après la tentative de fronde menée par le secrétaire général Aymen Harkati. Tout cela est derrière nous. Tout est rentré dans l'ordre après le congrès que nous avons tenu dernièrement à Ouargla. Aujourd'hui, nous sommes tournés vers la prochaine élection présidentielle. Et pour mieux faire connaître nos idées, nous allons organiser, en septembre, un séminaire international sur le centrisme.   - Sur quelle base vous pourrez apporter votre soutien à un candidat à la présidentielle ?   Essentiellement sur son programme sécuritaire. Nous pensons que cet aspect doit être très important dans le programme des hommes politiques, car l'Algérie est entourée de pays où il règne de fortes tensions.

El Watan

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