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19 % des adolescentes de moins de 20 ans " ont déjà une vie féconde" (expert)

Quelque 19 % des adolescentes sénégalaises de moins de 20 ans, soit 22% de l'ensemble des femmes en âge de procréer, ont déjà commencé leur vie féconde, a soutenu, jeudi à Dakar, Bakary Djiba, directeur de la population et de la planification du développement humain (DPPDH).

"L'enquête démographique et de santé (EDS-2010-2011) indique que 19% des adolescentes ont déjà commencé leur vie féconde, 16% d'entre elles ont déjà au moins un enfant et 3% sont enceintes pour la première fois", a précisé M. Djiba.

Le directeur de la population et de la planification du développement humain intervenait lors d'une journée d'information et d'échanges organisée en prélude à la Journée mondiale de la population.

Au Sénégal, l'édition 2013 de la Journée mondiale de la population sera célébrée le 11 juillet prochain dans la région de Fatick (ouest), sur le thème "La grossesse des adolescentes".

Selon Bakary Djiba, "les adolescents/jeunes représentent 18,5 % de la population totale du Sénégal et les adolescentes constituent aussi 22% de l'ensemble des femmes en âge de procréer, contribuant pour près de 10% à la fécondité totale des femmes".

Pour Cheikh Bamba Diop, expert de la Direction de la santé de la reproduction et de la survie de l'enfant, "les complications de la grossesse et de l'accouchement sont l'une des principales causes de décès des jeunes filles âgées de 15-19 ans".

Revenant sur les facteurs des grossesses précoces, M. Diop, par ailleurs membre du comité de rédaction du document de cadrage de la Journée mondiale de la population, a déclaré que "d'après les études sur la fécondité des adolescentes, plusieurs déterminants ont été identifiés".

Il s'agit selon lui du mariage précoce, de la pauvreté, du faible niveau d'instruction, de la migration des jeunes filles des campagnes vers les villes, de l'accès limité aux produits contraceptifs, de la croissance de la bidonvilisation et des abus et violences sexuels.

Malgré les progrès accomplis au cours de ces dernières années, a-t-il indiqué, "certains déterminants restent encore des freins à la promotion de la santé des adolescents".

Le déficit de communication au sein de la famille sur la santé de la reproduction, la déficience du système éducatif à prendre en compte les besoins en santé de la reproduction des adolescents, l'insuffisance d'espaces jeunes au niveau des structures de santé sont entre autres les freins à une bonne prise en charge de la santé de la reproduction des adolescents.

"C'est ainsi que la Journée mondiale de la population s'est fixée comme objectif d'informer, de sensibiliser et de mener un plaidoyer fort pour une meilleure prise en charge de la santé de reproduction des adolescents", a-t-il relevé.

Pour Madiop Diop, représentant du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) à cette rencontre, "les médias peuvent participer à la sensibilisation afin de faire un plaidoyer pour une meilleure prise en charge de la santé de la reproduction des adolescents".