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Place Tahrir, les anti-Morsi font la fête

"Nous l'oublierons vite!" se réjouissent les manifestants hostiles au président islamiste Mohamed Morsi. Dans une ambiance festive, ils sont des milliers aux abords du palais présidentiel et place Tahrir à faire la fête après l'annonce de son éviction par l'armée.

"Morsi mérite une telle fin. Il n'était que le président des Frères musulmans", affirme Amr Mohamed, 40 ans, sa fillette sur les épaules, près du siège de la présidence dans le quartier d'Héliopolis.

La présence de M. Morsi, qui n'est pas apparu depuis mardi, dans le bâtiment n'est pas certaine, mais peu importe pour les manifestants pour qui le lieu est hautement symbolique.

Un groupe de femmes a installé une table dans la rue pour distribuer de l'eau et des dattes. "C'est pour le bien de l'Egypte. Nous fêtons le fait d'être débarrassés de Morsi" affirme l'une d'elles, Nehal Sery.

Sur les larges boulevards devant le palais présidentiel, entouré d'un haut mur d'enceinte, la foule bon enfant agite des drapeaux et entonne des hymnes patriotiques.

Dans le centre du Caire, sur l'emblématique place Tahrir, où des manifestations monstres ont précédé l'annonce de l'éviction du président islamiste, des groupes de manifestants ont pris dans leurs bras des membres des forces de sécurité, les qualifiant de héros.

Et non loin de la, à Nasr City, où se réunissait généralement les partisans du président déchu, un des opposants à M. Morsi, Omar chérif exulte: "c'est un moment historique. Nous nous sommes débarrassés de Morsi et des Frères musulmans", affirme-t-il.

La veille, M. Morsi a une nouvelle fois mis en avant sa "légitimité" démocratique pour refuser le "diktat" des militaires. "Il parle de légitimité, nous parlons de liberté", scandent pour leur part les manifestants.

"Notre colère est dirigée contre les Frères musulmans, pas seulement Morsi", affirme une manifestante, Mona Hamdy.

Quelques rues plus loin, même ambiance devant le ministère de la Défense, QG du chef de l'armée le général Abdel Fattah al-Sissi, applaudi comme le "tombeur" du président. Là aussi, la foule agite des drapeaux et scande "Egypte, Egypte!".

Des marchands de rue prospèrent en vendant des images à l'effigie du général Sissi, d'autres des drapeaux sur lesquels est écrit "que Dieu protège l'armée".

Une estrade a été installée, depuis laquelle des appels sont lancés au haut-parleur pour demander à chacun d'inviter ses amis à se joindre aux manifestations anti-Morsi.

M. Morsi est accusé par ses adversaires d'avoir divisé le pays en gouvernant au seul profit de son camp, les Frères musulmans. Il lui est aussi reproché de laisser le pays sombrer dans la crise économique, ou encore de ne pas parvenir à enrayer une criminalité en forte hausse depuis la chute début 2011 de Hosni Moubarak.

La population chrétienne copte lui est massivement hostile, et nombre d'Egyptiens tenants d'un islam modéré lui reprochent d'être complaisant avec les fondamentalistes salafistes.

 

AFP

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