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Manifestation à Tunis, 31 janvier 2013 / REUTERS
Manifestation à Tunis, 31 janvier 2013 / REUTERS

La Tunisie va-t-elle suivre l'exemple de l'Egypte?

Le soulèvement populaire contre Morsi pourrait donner des idées aux déçus tunisiens du printemps arabe.

La contestation qui a abouti au renversement du président Morsi pourrait-elle faire souffler un vent de révolte en Tunisie? Certainement pas, martèle Ali Larayedh dans une interview accordée à France 24. Le chef du gouvernement tunisien juge «peu probable» que le scénario égyptien se reproduise en Tunisie:

«Malgré tous les défis auxquels nous faisons face, rien ne justifie un tel mouvement de contestation en Tunisie, surtout qu'on a toujours préconisé le consensus et le dialogue.»

Selon l’homme politique tunisien, les élections promises par le gouvernement avant la fin de l’année se tiendront en bonne et due forme, et c’est son parti, Ennahda, qui sortira vainqueur des urnes. Le chef du parti islamiste, Rached Ghannouchi, a publié le lundi 1er juillet un communiqué de soutien à Morsi et aux Frères Musulmans.

Les germes de la révolte

Cependant, plusieurs partis politiques d’opposition ont salué et encouragé le «combat légitime» de l’insurrection anti-Morsi, souligne France 24. D’autre part, le mouvement Tamarrod, né en Egypte, fait des émules en Tunisie, explique la chaîne: le porte-parole de Tamarrod Tunisie, Mohamed Benour, a exprimé les revendications de son groupe sur la chaîne Nessma TV.

De plus en plus de militants appellent à la désobéissance civile sur les réseaux sociaux: si elle est encore timide, la contestation tunisienne semble bien en train de germer à la suite de la révolte égyptienne.

Dans une tribune publiée sur Tunisie Focus, Rachid Barnat, blogueur tunisien et farouche partisan de la laïcité, prédit «la chute de l’islamisme politique». Pour lui, les printemps arabes ont eu le mérite de faire réaliser au peuple les dangers de l’islamisme.

Refus de l'islamisme

La régression économique et sociale qui a suivi l’accession au pouvoir d’Ennahda en Tunisie et des Frères musulmans en Egypte a permis aux populations de ces deux pays de découvrir le népotisme et la cupidité des islamistes «modérés», accuse le blogueur.

Les partis islamistes ne peuvent plus se présenter en martyrs, insiste Rachid Barnat: ils ont pris les commandes pendant un temps et ont échoué dans leur mission démocratique. D’après lui, la contestation initiée par le mouvement égyptien Tamarrod est un signe de ce rejet de la religion en politique. Rachid Barnat estime que ce refus de l’islamisme va se répandre dans tout le monde arabe. La Tunisie, berceau des printemps arabes, sera aussi le prochain pays à marquer son opposition à l’islamisme, conclut l’auteur.

Lu sur France 24 et Tunisie Focus

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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