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8e édition des JEB : Quels produits et mécanismes financiers innovants pour les entreprises burkinabè ?

La 8ème édition des journées de l'entreprise Burkinabé (JEB) se sont tenues du 20 au 22 juin 2013 à l'hôtel Azalaï à Ouagadougou. A cette occasion, Justin Damo Barro, ancien gouverneur de la banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (BCEAO) et actuellement conseiller spécial du Chef de l'Etat Blaise Compaoré a animé une conférence. « Quels produits et mécanismes financiers innovants pour les entreprises Burkinabé ? » était le thème de sa communication.

Les JEB sont des journées de promotion de l'entreprenariat, d'accompagnement des acteurs de ce domaine en vue de les professionnaliser davantage et rendre les entreprises du Burkina Faso compétitives au plan international. De ce fait, les JEB participent à l'accélération de la croissance économique des entreprises en particulier et du Burkina Faso en général. Pour Justin Damo Barro « l'accélération de la croissance économique requiert, en complément à la mise en ½uvre des réformes politiques de qualité, un réel accroissement des investissements productifs ». Pour ce faire, les Etats de l'UEMOA (union économique et monétaire ouest africaine) doivent, selon M Barro, d'une part renforcer la stabilité du secteur bancaire et financier et d'autre part, veiller à ce que ces secteurs contribuent à la couverture des besoins de financement des entreprises.

Etat des lieux des institutions et mécanismes de financement des entreprises.

Le secteur financier est constitué de l'ensemble des structures et organismes intervenant dans le financement de l'économie, la mobilisation de l'épargne nationale, l'intermédiation des risques et la fourniture de systèmes et moyens de paiements. Justin Damo Barro présente ainsi la structure du secteur financier burkinabé en 2013 : une banque centrale, douze banques commerciales et cinq établissements financiers, 50 bureaux de change manuel, 122 bureaux de transfert de fonds électronique et 319 établissements de micro-finance. Il note aussi quatorze fonds nationaux, dix compagnies d'assurances (IARDT et assurance vie), deux institutions de sécurité sociale, deux sociétés de bourse, un marché monétaire et un marché financier régional et divers services financiers de la poste.

La principale activité des banques au Burkina est le financement quasi exclusif du commerce, de l'import-export et des services. Les services proposés à la clientèle restent donc classiques. Il s'agit notamment pour M Barro des crédits immobiliers, des prêts ordinaires, de l'escompte, des avances de démarrage d'exécution des marchés publics, des prises de participation, des découverts...

Contraintes liées au financement des entreprises au Burkina Faso

Le conseiller spécial du Chef de l'Etat relève deux grandes catégories de contraintes. En effet, dit-il, il y a les contraintes liées aux institutions financières et celles liées aux clients des institutions de financement. Pour les institutions financières, les contraintes sont liées essentiellement :
- à l'insuffisance et l'inadéquation des ressources ;
- aux exigences imposées par l'organe de contrôle communautaire spécialement par rapport aux dépôts des épargnants ;
- à l'absence d'une centrale de risques fiable et d'un bureau de crédit ;
- à l'insuffisance d'expertise au sein des banques en matière de financement des PME (petites et moyennes entreprises)/ PMI (petites et moyennes industries) ;
- aux difficultés de recouvrement de créances ;
- à la mauvaise couverture géographique du territoire national par les banques et autres services financiers. Pour le secteur privé, les principales contraintes liées à l'accès au financement sont surtout :
- le manque d'expertise managériale et l'analphabétisme des promoteurs ;
- les taux d'intérêt débiteurs élevés et supérieurs à la moyenne communautaire ;
- l'importance de garanties demandées, la complexité des formalités administratives et la lenteur dans la mise en place du crédit.

M Barro constate donc, que les établissements de crédits ont du mal à répercuter dans leurs pratiques du crédit les cycles de baisse de taux engagés par la BCEAO.

Nécessité de développer des mécanismes et produits financiers innovants

La faiblesse de l'épargne, les marchés monétaire et financier peu diversifiés et le coût élevé du crédit constituent les principales caractéristiques des pays comme le Burkina Faso. Par conséquent d'après Justin Damo Barro, il est important d'explorer des pistes de réflexion susceptibles d'améliorer l'efficacité du système bancaire et financier au regard de la disponibilité, du coût et de la durée des ressources financières pour répondre aux attentes des investisseurs potentiels. Ceci pour lui passe par :
- le renforcement de l'intermédiation bancaire et financière ;
- le renforcement du potentiel des ressources financières mobilisables ;
- l'allègement du coût du crédit et son accessibilité aux PME/ PMI ;
- la sécurisation du crédit.

Propositions de mécanismes innovants de financement des PME du Burkina Faso.

« Un pays ne peut se développer sans un financement adéquat du secteur privé » affirme M Barro. Aussi, formule-t-il les recommandations ci-après pour permettre aux entreprises de trouver des sources de financements innovants :
- la promotion du crédit bail à des taux bas et sur une longue durée ;
- la réduction du seuil minimum d'intervention des fonds d'investissement ;
- l'assouplissement de la fiscalité sur le crédit bail afin de le promouvoir et le recours à l'épargne de la diaspora...

Au niveau des banques, l'ancien gouverneur de la BCEAO recommande surtout de mieux les capitaliser pour répondre à la demande. Il conseille ainsi de créer des départements spécialisés pour les PME/ PMI et de fluidifier davantage les circuits de décision de crédit.

Au niveau des entreprises, Justin D. Barro, recommande d'avoir de véritables managers qui ont une vision à moyen et long terme de leur activité et d'avoir une comptabilité fiable (PME/ PMI surtout). Au niveau de la Banque centrale, M Barro recommande de revoir les règles de calcul du ratio de transformation, de créer une centrale de risques, une centrale des bilans et d'appliquer rigoureusement les principes de la centrale des incidents de paiements.

Au niveau des autorités, les principales recommandations de M Barro sont les suivantes :
- soutenir la mise en place d'un fonds de garantie et d'un fonds de mobilisation de crédit aux entreprises ;
- mettre en place des incitations fiscales favorisant la production d'états financiers fiables par les PME/ PMI en renforçant les activités du centre de gestion agréé ;
- créer une caisse d'avance de démarrage des marchés publics ;
- renforcer la sécurité juridique et la crédibilité des institutions judiciaires...

Le développement de l'économie d'un pays, notamment le Burkina Faso, repose entre autre sur un système financier solide. Fort de ce constat, et en plus des efforts déjà réalisés par l'Etat, la nécessité de toujours accompagner le secteur financier pour un financement optimal de l'économie notamment les PME, PMI est une priorité pour Justin Damo Barro.

Patindé Amandine Konditamdé
Lefaso.net

Lire aussi : 8e Journées de l'entreprise burkinabè (JEB) : Ce que les TIC peuvent apporter aux PME

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