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Ghannouchi et sa « démocratie islamique » : Analyse sous l’angle des implications pour la future constitution de la Tunisie

Dans ses différents écrits, que ce soit livres ou articles, Rached Ghannouchi adjure, comme solution ultimative contre tous les maux de la civilisation moderne, une démocratie islamique dont les lois auraient pour seule et unique source légitime la charia.

La laïcité ou le sécularisme, moins catégorique dans la séparation du religieux et du politique, sont rejetés avec insistance et rendus responsables pour toutes les injustices infligées aux musulmans depuis la conquête de l’Orient par l’Occident. Comme dans son livre principal « Al-hurriyyat al-3amma fi-ad-Daula al-Islamiyya » (Les libertés générales dans l'Etat islamique), ou dans ses livres plus actuels comme « Al-ouasatiyya 3inda Youssouf al-Qaradhaoui » (La voie du juste milieu chez Youssouf al-Qaradhaoui) et « Al-harakat al-Islamiyya wa masalat at-taghyir » (Le mouvement islamique et l’affaire du changement), on retrouve toujours le même schéma argumentatif. La politique dévêtue de la religion est la cause principale de l’oppression et la désorientation culturelle subies par les peuples musulmans ces dernières décennies. Et la démocratie vécue en Occident – bien qu’elle soit techniquement le système le plus approprié pour satisfaire l’idéal islamique d’un pouvoir juste- manque d’attachement à une morale divine pour mettre fin à la dégradation culturelle et civilisatrice.

Bien entendu, les exemples sont vite trouvés : Les mouvements occidentaux impérialistes ; le communisme qui rejetait catégoriquement toute religion; puis les différents nationalismes arabes qui auraient, selon Ghannouchi, adopté une politique laïque antireligieuse qui a sombré dans une politique oppressive. Par conviction ou en guise de polémique, Ghannouchi pioche une donnée entre plusieurs facteurs, dans ce cas si le laïcisme et la charge de toute la responsabilité pour l’abus de pouvoir, l’arbitraire, l’oppression, la torture, la corruption, émanant de ces pouvoirs.

Ce que Ghannouchi ne mentionne pas cependant, c’est que ces systèmes énumérés étaient des dictatures qui réservaient le pouvoir à un petit groupe sélectionné ou à une seule personne ou encore à un seul clan familial. Certes on aurait pu dire qu’ils sont devenus oppressifs par manque de peur de Dieu, sauf que l’histoire a dévoilé bien plus d’exemples de règnes en terre d’Islam qui dirigeaient leurs royaumes au nom de Dieu et semaient la terreur et instauraient l’injustice.

La séparation du pouvoir et du religieux ne peut déplier son effet de justice sociale pour tout être humain indépendamment de son appartenance religieuse, confessionnelle ou ethnique que s’il est accompagné d’une démocratie moderne qui ne peut se dispenser d’un amas de mécanismes conçus à établir une balance entre les pouvoirs afin de construire un système de contrôle et de contre contrôle et surtout un système de contrôle du contrôleur. Au moins dans un sens il est juste que la séparation du politique et du religieux à elle-seule ne garantit en rien une gestion plus juste des affaires de l’Etat ou une quelconque justice sociale.

Dans l’autre sens, l’argument- tout à fait légitime- de l’homme de religion qu’une morale est nécessaire pour que la politique poursuivie par l’homme d’Etat n’échappe pas au but primaire de se mettre au service du bien commun, dissimulant un problème cardinal, l’incapacité de quiconque de pouvoir certifier les vraies intentions cachées à l’intérieur d’une personne qui se présente au concours politique. Une religiosité quelconque peut être prétendue ou alors une différente conception de religiosité poursuivie que celle intentionnée par un groupe d’électeur. Et que la conception de moral d’une religion ou d’une confession précise ne sera pas acceptée par ceux qui n’y adhèrent pas.

Reste à retenir qu’une personne même apparemment intègre peut, une fois aboutie au pouvoir, sombrer aux tentations d’en abuser, étant donné que les caractères fermes et incorruptibles sont rares. La méthode la plus réaliste de prévenir l’abus de pouvoir est de ne pas accumuler trop de pouvoir dans les mains d’une seule personne ou d’un groupe de personnes. C’est pourquoi Montesquieu a développé l’idée de la séparation des pouvoirs: le législatif, l’exécutif, puis le pouvoir judiciaire. En plus il se propose d’exposer le représentant du peuple à l’observance des médias, car la peur de pouvoir être surpris s’avère être le meilleur moyen à amener une personne à éviter de contourner le droit.

Bien entendu les journalistes, les chercheurs, la société civile en général à qui revient, entre autres, la tâche de contrôler le contrôleur, doivent être équipés de la garantie de ne pas être poursuivis s’ils parviennent à dévoiler des exposés de faits sur un détournement de droit commis par une personne ou d’un groupe en possession de pouvoir (toute limitation de ce droit déjà au niveau de la constitution ne finira que par être abusée et permettre une restriction déplacée).

Pour ce qui en est de la morale a poursuivre, bien que Ghannouchi et autres représentants de l’Islam politique, prétendent que la démocratie se prive de valeurs éthiques cela ne correspond pas du tout à la vérité des faits.

En effet le codex éthique qui a été imposé à une démocratie moderne, laïque, à un Etat de droit, qui empêche que la majorité sape les droits des minorités, etc, est la déclaration universelle des droits de l’Homme.

Son énorme avantage consiste dans le fait que ses conventions sont claires et nettes dans leur formulation et que les valeurs qu’elles transportent ont subi leur consentement et approbation par les cultures les plus différentes de la terre (voir sur le site de l’ONU)

« Article premier : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 2 : 1.Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. 2.De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté. [...]

Article 5 : Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. [...]

Article 7 : Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination. [...] » De même sont mentionnés les droits de participation politique, le droit au travail, les devoirs envers la société:

« Article 29 : 1. L’individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seule le libre et plein développement de sa personnalité est possible.

2. Dans l’exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n’est soumis qu’aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d’assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d’autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.

3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s’exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies. »

Reste à rappeler qu’en 1948 tous les peuples de la terre ont adopté, en dépit de leur différences culturelles, cette déclaration universelle, avec une seule exception l’Arabie Saoudite. Qui s’est vite empressée d’animer pour une première fois en 1981 la rédaction d’une « Universal Islamic Declaration of Human Rights (UIDHR) », par une organisation située à Londres, « The Islamic Council of Europe (ICE) », une organisation privée qui a été fondée en 1973 pour coordonner les centres et les organisations islamiques en Europe dont une importante partie était gérée par l’organisation internationale des Frères Musulmans.

Le ICE fait partie de la « Muslim World league » (MWL) entretenue par l’Arabie Saoudite pour propager le Wahhabisme partout dans le Monde. Et une deuxième fois en 1990, ou l’organisation de la coopération islamique (OIC) a adopté « La déclaration du Caire des droits de l’Homme en Islam » une version réaménagée de l’UIDHR. Dans les deux textes les droits accordés à l'être humain sont limités à la charia. Ce que fait d’ailleurs Rached Ghannouchi qui, dans ses écrits, n’accepte pas de droits qui sont en contradiction avec les conventions islamiques et la charia.

Reste à indiquer que dans les deux déclarations aucun instrument n’est proposé pour garantir la mise en pratique de ses droits, aussi limités qu’ils soient. Il est bien vrai que dans le préambule de la déclaration de 1981 les auteurs précisent: « Convaincus que, dans l’Islam, les droits fondamentaux et les libertés publiques font partie intégrante de la Foi islamique, et que nul n’a, par principe, le droit de les entraver, totalement ou partiellement, de les violer ou les ignorer, car ces droits sont des commandements divins exécutoires, que Dieu a dictés dans ses Livres révélés et qui constituent l’objet du message dont il a investi le dernier de ses prophètes en vue de parachever les messages célestes, de telle sorte que l’observance de ces commandements soit un signe de dévotion; leur négation, ou violation constitue un acte condamnable au regard de la religion; et que tout homme en soit responsable individuellement, et la communauté collectivement ».

Pourtant conjurer les autorités à respecter ces droits, qu’ils soient de provenance humaine ou divine, restera sans valeur si l’on se dispense de faire recours à de réelles mécanismes de contrôle du contrôleur. Si l’homme d’Etat n’est pas conduit par des institutions correspondantes, indépendantes et munies de pouvoir, à respecter les droits de l’Homme et de ne pas gouverner arbitrairement, aucune garantie n’est donné qu’il le fera par lui-même.

Retenons qu’une soit-disant peur de Dieu d’une soit-disant personne pieuse peut être simulée. Sans séparation des pouvoirs, soit une justice vraiment indépendante, sans une société civile libre et émancipée, sans liberté de conviction et de conscience, sans pluralisme, sans alternance du pouvoir, ces droits ne pourrons jamais être exigés et mis en pratique et resteront soumis au hasard et à l’arbitraire. De vouloir faire croire aux musulmans que le seul fait que ces droits consignés soient de provenance divine suffit à garantir qu’ils ne pourront être disputés à personne et par personne, se révèle être un grand mensonge. On en déduit que le véritable objectif de l’élaboration d’une déclaration des droits de l’Homme distincte pour les musulmans consiste à restreindre leurs droits et ne pas compromettre l’absolutisme Saoudien.

Mais revenons à Rached Ghannouchi. Celui-ci au moins se profile par l’intention de vouloir adopter les instruments d’un Etat de droit. Son insistance sur la charia laisse pourtant deviner quelles questions dans la déclaration universelle des droits de l’Homme sont exposés au refus : L’égalité inconditionnelle entre homme et femme, l’égalité en devoir mais aussi en droit de musulmans et de non musulmans, de religieux et de non religieux, à construire ensemble leur société et à diriger les destinées de leurs pays. Le libre droit de pouvoir pratiquer sa religion, de la pratiquer à libre choix ou alors de ne pas la pratiquer du tout, de la changer ou de ne pas croire en Dieu (rappelons que Ali Abderrazeq à bien prouvé dans son livre « L’islam et les fondements du pouvoir » que même du coté de l’islam il n’advient à aucun être humain de juger la religiosité d’un autre, cette tâche adviendra seule à Dieu au jour du jugement.

En dehors de cela l’islam n’accepte pas de médiateur entre l’homme et Dieu). Et effectivement, la démocratie que Ghannouchi a en vue n’est pas une démocratie pluraliste, mais une démocratie restreinte qui envisage de ne permettre qu’à des partis qui reposent sur la base de l’islam à entrer en concurrence. Pour Ghannouchi les lois fixes de l’islam ont à être adoptés et respectés par tous les citoyens ; divergence de position ne pourra être adoptée que sur les sujets imprécis dans le Coran et la sunna. Aux partis adviendra selon Ghannouchi de concourir sur les différentes interprétations.

Reste à se poser la question qui décidera quels sujets ne seront pas exposés à la mise en cause et où seront fixés les limites de cette liberté d’interprétation. Car comme la charia peut être adaptée à un esprit éclairé et profiter des méthodes modernes à repousser l’injustice et l’abus du pouvoir, elle peut, selon le niveau intellectuel de l’interprète, être abusée à opprimer le citoyen au profit d’un groupe au pouvoir ou d’idée archaïque et surpassée. Un Etat de droit n’étale pas la justice ambitionnée si le législateur peut adopter des lois discriminatoires.

Pour mieux visualiser le problème voyons la définition de Charia : La charia est une accumulation de lois, déduites par interprétation, ‘ijtihad”, par analogie, “qias”, par propre jugement, “ra?y”, et par convergence, “idgma`”, sur ce que les stipulations faites dans le Coran et la sunna sont aptes à donner. En plus de cela, les oulémas font la référence à l’usage, “`urf”, et au droit coutumier, “`ada”, et en fin de compte aussi à l’intérêt de la communauté, al-maslaha. Et depuis le 14ème siècle s’est ajoutée la conception des objectifs, fins et intentions de la charia, “Maqasid ach-charia”.

Pour résumer, la charia est un assemblement de lois non fixes ou variables qui doit être adaptée en permanence, de génération en génération, aux nouvelles prises de consciences. Conséquemment, en se référant à la charia, on ne sait jamais en avance à quoi on aura à s’attendre. Cela contient un moment constructif, dans le sens qu’un développement civilisationnel est possible, mais ne doit en aucun cas cacher un détournement de sens, une interprétation archaïque et oppressive qui ne soit moins à exclure.

Visualisons le problème sur l’Arabie Saoudite : D’un petit livre « Veiled Atrocities: true stories of oppression in Saudi Arabia » de Sami Alrabaa, un sociologue, linguiste et chercheur en littérature arabo-islamique qui est venu en 1991 en Arabie Saoudite pour enseigner à la King Saud University, on apprend que l’un des pays les plus riches et le soit-disant plus musulman du monde ne connaît pas de lois codifiées et de tribunaux indépendants.

La charia est interprétée au plein gré des juges, et selon le plein gré des princes qui incitent les Kadis à juger selon leurs intérêts personnels et que les châtiments archaïques sont appliqués arbitrairement, surtout en guise d’intimidation pour décourager les citoyens à exiger leur droits légitimes. Si par exemple un Saoudien d’appartenance tribal inférieur ose contester qu’un prince se serait illicitement approprié un terrain, où les bergers de la région avaient l’habitude depuis des siècles à faire pâturer leurs moutons et leurs chameaux, ce membre de la famille royal insinuera que celui qui ait déposé sa plainte soit un athée pour se débarrasser du problème une foi pour toutes. Car sur l'athéisme, selon une interprétation caduque de la charia, revient la peine de la mort.

Aussi on apprend que les ouvriers et les femmes de ménage asiatiques sont traités comme des esclaves démunis de droits, où ces dernières sont souvent à la proie d’abus sexuels et de coups de bâton, comme la femme saoudienne d’ailleurs. Un de ses collègues à l’université a été poussé à la démission parce qu’il a refusé de fournir un diplôme au proche d’un des princes de la famille royale sans que celui-ci n’ait passé ses examens.

Malheureusement, ces petits exemples ne sont pas des cas isolés, mais sont dus au manque d’institutions juridiques indépendantes (cette institution n’est vraiment indépendante que si les juges ne sont pas nommés par l’exécutive, soit le président ou le premier ministre. Voir article 103 du quatrième brouillon de la constitution tunisienne qui est formulé ambigument et peut être détourner de son sens intentionné par ceux qui aspirent à une justice absolument indépendante. Bien entendu le pouvoir judiciaire ne peut lui non plus se dispenser de s’exposer au contrôle de la société civile et il est tenu d’appliquer les lois adoptées par le législatif, notamment le parlement) comme au manque d’un droit bien codifié, difficile à détourner et de l’amalgame du religieux au politique.

Naturellement une société a besoin de valeurs éthiques selon lesquelles une communauté est capable de coexister. Mais le défi consiste à adopter dans la constitution des mécanismes aptes à garantir la mise en ½uvre des revendications licites d’un peuple tout entier, dont surtout le repoussement de tout arbitraire. De bonnes lois à elles-seules ne garantissent pas leur application, pour cela il faut un système très sophistiqué de contrôle et de contre-contrôle, de dispersion du pouvoir, d’institutions indépendantes et munies de pouvoir capable de revendiquer un droit non accordé, une presse libre et responsable, un esprit de conscience civile, une bonne éducation informée et critique, etc. Reste à se poser la question : De quel droit un homme d’Etat élu par le peuple peut-il revendiquer être meilleur musulman qu’un autre ou se doter du droit de réclamer un quelconque commandement religieux.

La démocratie n’incarne-t-elle pas la démystification de la nature des représentants du peuple. Sans parler de l’accord sous entendu, grandit par de longues expériences de l’histoire qu’une paix sociale ne peut être réalisée que si le plus possible de groupes se sentent représentés par leurs gouvernements. Une paix sociale est sapée si l’Etat n’est que l’Etat de ses citoyens musulmans et non l’Etat de ces citoyens non pratiquants ou non musulmans.

Malheureusement dans la version no. 4 du brouillon de la constitution post-révolutionnaire, même si on peut retenir que le mot charia lui même n’y figure pas, ne présente pas assez de garanties à ne pas pouvoir être détournée de sens. En effet maintes petites expressions font entrer une tutelle de l’Etat sur la croyance des citoyens par la porte arrière : Comme dans le deuxième paragraphe du préambule qui commence par une condition limitative : « Sur la base des constantes de l’Islam et de ses finalités … » ; bien que caractérisée par l’ouverture et la modération, article no. 1 qui définit l’islam comme religion de la Tunisie ; l'ancien article no. 5 qui met la religion à la charge de l’état et se gère comme protecteur du sacré ; et finalement article no. 141 qui définit l'islam comme religion de l’Etat est considéré comme un facteur qui ne puisse être aboli par une quelconque majorité. Toutes ces références à l’islam qui n’ont de fonction que d'introduire l’incertitude sur les droits et de les limiter arbitrairement doivent être catégoriquement ôtées. Un compromis pourrait être d’évoquer dans le préambule l’islam comme une composante entre autres qui a façonné l’histoire et la culture diverse de la Tunisie.

Finalement la démocratie s’édifie sur l’entente sociale et l’auto-responsabilité de chaque individu qui constitue une nation. Elle part du principe de l’émancipation de ces citoyens et de leur capacité d’un maniement responsable de la liberté. Avec cette constitution il se décidera si nous sommes à la hauteur ou si nous voulons vraiment confier notre destin à la tutelle d'êtres humains aussi faillibles que nous-mêmes.

Nawaat

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