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Marsoum 41 : un portail pour faciliter le droit à l’information aux citoyens tunisiens

Pour beaucoup l’OpenGov reste une notion abstraite, on comprend bien qu’il s’agit pour l’administration de travailler en toute transparence et avec plus d’ouverture, mais on sait que ces idées ne sont pas toujours évidentes à appliquer dans un pays où l’administration fonctionne autour des principes de hiérarchie et de secret. L’initiative Marsoum 41, lançée par l’association Touensa.org, d'après une idée d’OpenGovTN, va permettre de faire changer les choses : via internet les citoyens peuvent maintenant mettre en application le décret 41, un décret qui donne le droit d'accès aux documents administratifs.

Marsoum 41 : le portail pour le droit à l’information

En mai 2011 la Tunisie votait un décret-loi qui régissait le droit d'accès aux documents administratifs. Mais le fait est que deux ans plus tard l'accès reste difficile, les fonctionnaires refusant souvent de répondre aux demandes, invoquant la hiérarchie et le droit de réserve et les citoyens eux-mêmes ne faisant pas usage de ce nouveau droit. Le portail Marsoum 41 doit permettre de faciliter cet accès.

« C’est le droit d'accès à l’information par principe. Nous avons pensé à faire un site web via lequel le citoyen peut directement faire sa demande à une administration ou une institution »

explique Souhail Alouini, ancien membre OpenGovTN qui travaille sur le projet.

Plus la peine d’aller désespérément chercher conseil auprès des sièges des ministères et des institutions, où l’on est souvent reçu par des préposés qui se contentent de nous renvoyer vers le bureau des relations avec le citoyen, bien incapable de répondre à vos demandes.

« C’est notre ambition à tous de développer le processus démocratique dans notre pays et l'accès aux documents pour le citoyen est primordial. Or quand l’administration fait de la rétention on ne peut plus parler de citoyenneté, témoigne Mohamed Salah Ben Aissa, ancien doyen de la faculté des sciences juridiques et Président de l’Association tunisienne des sciences administratives, venu donner un avis d’expert et d’acteur de la société civile. « C’est un rêve pour nous que demain les citoyens puissent demander à un ministre qui sont ses collaborateurs, sur quelle base ils ont été embauchés, quel est le programme d’aménagement urbain de leur quartier, où vont les impôts locaux…et l'accès aux documents s'inscrit dans cette démarche de lutte pour la démocratie et la liberté. »

Pousser le citoyen à être actif, obliger l'administration à changer

Le rapport entre l'administration et le citoyen est important. Le citoyen doit faire valoir ses droits face à l’administration et, en étant plus actif, doit mettre en place plus de démocratie et de redevabilité.

Nous avons un rôle énorme à jouer pour la démocratie, on doit pousser le citoyen à utiliser ce site, qui est un des moyens pour arriver à la transparence au niveau de l’administration publique en Tunisie. Le but final c’est d’arriver à plus d’accountability.
explique Souhail Alouini.

Il sait que le changement va prendre du temps, que la routine installée depuis des années dans le système administratif va être difficile à modifier. Il faut ici s’attaquer à « cette maison insensible, paranoïaque » et pousser à la politique d’accès aux documents, pour faire changer l’adminitsration « dans sa mentalité » et dans son droit « écrit et non écrit, car il y a de nombreuses circulaires qui nous gouvernent mais qui ne sont pas publiées » explique Mohamed Salah ben Aïssa.

« L ’administration est frileuse, rapporte Souhail Alouini.  Il faut maintenant faire une révolution dans les mentalités. »

Nawaat

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