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Al-Sissi, l'homme fort de l'armée égyptienne qui défie Mohamed Morsi

En lançant un ultimatum au président égyptien Mohamed Morsi, fortement contesté dans la rue, le chef d'état-major de l'armée égyptienne, le général Abdel Fattah al-Sissi, a fait une entrée fracassante sur la scène du pays. Portrait.

"Morsi n'est plus notre président, Sissi avec nous". Ce slogan scandé lundi soir par les manifestants égyptiens, réunis depuis plusieurs jours au Caire pour réclamer le départ du président Mohamed Morsi, a propulsé le chef d'état-major le général Abdel Fattah al-Sissi sur le devant de la scène. Et pour cause, en fixant un ultimatum de 48 heures à la classe politique du pays pour régler la crise, le commandement militaire a implicitement mis la pression sur le chef d'État issu des Frères musulmans, élu il y a tout juste un an.

Dans un message lu lundi à la télévision, le général al-Sissi a averti que "si les revendications du peuple n'étaient pas satisfaites durant cette période", les forces armées "annonceraient une feuille de route et des mesures pour superviser sa mise en ½uvre". Elles "ne tolèreront pas que quiconque cherche à échapper à ses responsabilités et ne le pardonneront pas" a-t-il encore ajouté, tout en précisant que les militaires "ne participeront pas à la vie politique ou au gouvernement". Des propos qui ont valu à Abdel Fattah al-Sissi les acclamations de la foule réunie place Tahrir. "L'armée s'est rangée aux côtés du peuple", a estimé pour sa part le mouvement d'opposition Tamarrod (rébellion en arabe), à l'origine des manifestations monstres du 30 juin.

Adoubé par les Américains et les Saoudiens

Âgé de 59 ans, formé au Royaume-Uni et aux États-Unis, et décrit par la presse égyptienne comme charismatique, il était inconnu du grand public jusqu'à sa nomination, en 2011 par le maréchal Hussein Tantaoui, au sein du Conseil suprême des forces armées (CSFA), chargé de la transition post-Moubarak.

Nommé par Mohamed Morsi à la tête de l'armée et au poste de ministre de la Défense en août 2012, à la place de l'inoxydable maréchal Tantaoui, et ce "avec l'aval des Américains et des Saoudiens" selon la presse égyptienne, cet ancien chef des renseignements militaires est pourtant décrit comme proche de la Confrérie. Notamment à cause de ses liens de parenté avec feu Abbas al-Sissi, une figure très influente des Frères musulmans et disciple de Hassan al-Banna, le fondateur de la mouvance islamiste.

Toutefois, certains experts cités par les médias locaux s'accordent pour écarter cette thèse. En effet, selon eux, son ascension éclair au sein de l'armée et sa nomination à la tête des renseignements militaires n'aurait pu se faire s'il y avait le moindre doute sur ses accointances avec le mouvement le plus surveillé par le régime Moubarak. Ainsi, selon "Al-Shorouk", un quotidien égyptien du centre, "Abdel fattah al-Sissi a réussi à devenir populaire auprès des révolutionnaires [à la faveur de la contestation anti-Morsi, NDLR], sans compter les adeptes de l'ancien régime, qui le considèrent comme un rempart contre les Frères musulmans".

Abdel Fattah al-Sissi est très proche de l'armée et des services de renseignements américains, avec lesquels il a coordonné la lutte contre le terrorisme dans la région, rapporte le quotidien américain "The Wall Street Journal". En outre, en temps qu'ancien attaché militaire en Arabie saoudite, un posté clé sous Moubarak tant les relations avec la pétromonarchie étaient stratégiques, il entretient, toujours selon la presse égyptienne, d'excellents rapports avec les autorités des pays du Golfe.

Relation détériorée avec Morsi

Selon le journal égyptien "al-Ahram", ses relations avec le président Morsi se seraient nouées en 2011 après la nomination de ce dernier à la tête du parti "Liberté et Justice", vitrine politique des Frères musulmans. En tant que chef des renseignements militaires, le général al-Sissi aurait rencontré à plusieurs reprises celui qui allait succéder à Hosni Moubarak. C'est lui qui aurait négocié avec la présidence la mise à l'écart en douceur de la vieille génération d'officiers, avec à leur tête le maréchal Tantaoui, en échange d'une immunité pénale. Une relation basée sur la confiance, selon la presse égyptienne, qui s'est sensiblement effritée à mesure de l'accentuation de la contestation contre Mohamed Morsi.

Fin janvier déjà, le général Abdel Fattah al-Sissi était sorti de sa réserve pour lancer un premier avertissement. "La poursuite du conflit entre les forces politiques et leurs divergences sur la gestion du pays pourraient conduire à un effondrement de l'État", avait-il prévenu dans un message devant une académie militaire. En fixant un ultimatum de 48 heures au pouvoir, il a franchi une étape supplémentaire.

France 24

Rewmi

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