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«Belayat n’a aucune légitimité»

Depuis la destitution de Belkhadem le 31 janvier, le FLN est sans SG. Ahmed Boumehdi, qui a été à l'origine de son éviction, fustige le coordinateur du parti, Abderrahmane Belayat, qu'il tient pour responsable de la «paralysie organique du parti». Nouvel épisode dans la crise qui secoue le FLN depuis la destitution de Belkhadem : Ahmed Boumehdi, membre influent du comité central et chef de file du mouvement des redresseurs qui a été à l'origine de l'éviction de l'ex-secrétaire général, est monté au créneau pour fustiger, cette fois-ci, le coordinateur du FLN, Abderrahmane Belayat, à qui il reproche sa mainmise sur le parti «sans aucun fondement légal». S'exprimant en sa qualité de président de la sixième session du comité central du FLN qui avait voté, le 31 janvier dernier, le retrait de confiance à Belkhadem, Ahmed Boumehdi déplore notamment la «paralysie organique» du parti à l'orée d'échéances politiques importantes. «La poursuite de la vacance du poste de secrétaire général du parti depuis le 31 janvier 2013 a conduit d'une manière claire à la paralysie des structures organiques du parti et à la détérioration du moral d'un grand nombre de ses membres qui craignent, à juste titre, pour le devenir de leur parti», dénonce-t-il dans un communiqué diffusé, hier, et dont El Watan a reçu une copie. «Les agissements de l'autoproclamé coordinateur constituent une flagrante violation des statuts et du règlement intérieur du parti et un accaparement de la volonté du comité central», poursuit l'ancien mouhafedh de Hussein Dey dans son communiqué. Joint hier par téléphone, M. Boumehdi est revenu avec de plus amples détails sur les raisons de cette sortie publique. Notre interlocuteur estime que la dernière session du comité central n'a pas clôturé ses travaux à partir du moment où un nouveau secrétaire général n'a pas été élu. «Nous nous étions donné un délai de deux mois maximum pour réunir à nouveau le comité central en vue d'élire une nouvelle direction. Or, six mois sont passés depuis et le CC ne s'est toujours pas réuni». Pour parer au vide organique laissé par le retrait de confiance à Belkhadem, Belayat est désigné coordinateur national du parti en sa qualité de «membre du BP le plus âgé». Mais Boumehdi lui dénie cette fonction. «Le BP a été dissous avec le départ du SG», argue-t-il, en précisant que dans l'organigramme du FLN, il n'existe pas quelque chose qui s'appelle «coordinateur du parti». Pour lui, Belayat n'a donc aucune légitimité. Pour sa part, Abderrahmane Belayat estime que les conditions ne sont pas réunies pour la convocation du CC. Il va jusqu'à dire dans une interview à TSA : «Je ne suis pas fou pour convoquer la réunion du comité central dans ces conditions.» Boumehdi, lui, juge qu'un parti comme le FLN ne peut pas rester muet face à un agenda politique des plus pressants. «A l'heure actuelle, le parti n'a pas d'instance légale habilitée à parler en son nom. On ne peut se prononcer ni sur la révision de la Constitution ni sur la présidentielle. Belayat n'a pas de prérogatives pour s'exprimer au nom du parti», martèle Boumehdi. L'argument avancé par certains, selon lequel «le moment serait mal choisi», allusion à la maladie du Président, «n'est pas une excuse». «On souhaite un prompt rétablissement au président de la République. Cela ne nous empêche pas d'élire une nouvelle direction. Il y a des échéances importantes en perspective, et un grand parti comme le FLN ne peut pas rester, comme ça, dans l'expectative. Nous devons nous décider sur la question de savoir si nous allons présenter un candidat ou en soutenir un autre.» Boumehdi se targue d'avoir le soutien d'une bonne majorité des membres du CC. «Sur les quelque 340 membres du CC, il y en a au moins 180 qui sont de mon côté, dont d'anciens partisans de Belkhadem», assure-t-il. Boumehdi ajoute qu'il serait prêt à réunir le CC, «mais il faut préalablement obtenir une autorisation de l'administration pour avoir une salle». L'inusable redresseur précise qu'il n'existe pas actuellement, au sein du parti, un consensus autour d'un candidat pour succéder à Belkhadem. «Certains disent que je soutiens Amar Saâdani. C'est faux ! Moi, je ne soutiens personne. Moi, je soutiens la légalité. C'est l'urne qui va décider.» Crise fln cor page 3