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Potentiel biologique national : LA FAUNE ET LES AIRES PROTEGEES EN DANGER

Les éléphants de Gourma sont menacés d'extinction

L'essentiel des espèces fauniques pourrait disparaître avant l'an 2020, en raison de la dégradation de leur habitat et des prélèvements abusifs et illicites

L'étendue du pays et sa répartition sur plusieurs zones climatiques ont favorisé le Mali dans la biodiversité de sa faune et de sa flore naturelles. Résultant des 4 zones éco-climatiques et de la présence de grands systèmes fluviaux, cinq grands types d'écosystèmes se partagent le territoire. Il s'agit de la zone du Sahara appartenant aux écosystèmes désertiques avec une production ligneuse insignifiante voire nulle. Les sols sont squelettiques ou caillouteux. La végétation, lorsqu'elle est présente, est confinée dans les dépressions recevant des eaux de ruissellement et est composée d'éphémères (végétation annuelle) et d'arbustes épineux. Cette zone couvre environ 51% du territoire national. La zone du Sahel appartient globalement aux écosystèmes semi-désertiques, domaine des steppes herbeuses parsemées d'épineux à faible production ligneuse. Le couvert végétal varie selon la topographie et les sols. La zone représente 26% du territoire national. La zone soudanienne, couvrant environ 17% du territoire, est caractérisée par des écosystèmes de savanes arbustives, arborées, boisées et par des galeries forestières. La zone guinéenne appartient aux écosystèmes forestiers avec des savanes boisées et des forêts claires. Elle couvre 6% du territoire. Le delta intérieur du fleuve Niger couvre environ 64 000 km² et est un écosystème spécifique lié à l'hydrographie et aux inondations régulières. Il s'apparente aux écosystèmes d'eau douce avec des prairies herbeuses ponctuées d'arbres épars et de petits massifs ligneux. Il présente des formations végétales très différentes en fonction de la durée et de hauteur de la submersion. Depuis les sécheresses des années 1970 et 80 et les changements climatiques, on assiste à l'instauration d'un climat de plus en plus aride. Les écosystèmes se sont fragilisés en favorisant la progression de la désertification notamment dans les régions du Nord. La dégradation des ressources naturelles est caractérisée par une réduction du potentiel de production agricole et une forte pression sur les ressources forestières et fauniques. La désertification est plus manifeste dans les zones en marge du Sahara où l'érosion éolienne met en mouvement vers le Sud les cordons dunaires de l'Azaouad et provoque l'ensablement du fleuve Niger, des zones agricoles de sa vallée, des agglomérations et des axes de communication de la région. C'est le cas, entre autres, du système des lacs Faguibine, Télé et Oro, dont la survie est particulièrement menacée par l'ensablement des chenaux d'alimentation et la baisse du régime des eaux. diversité des espèceS. A l'indépendance en 1960, notrepays se trouvait dans une situation assez privilégiée en Afrique occidentale française (AOF), le seul pays qui possédait dans le cadre naturel, toute la grande faune africaine spectaculaire qui le qualifiât de ''Kenya'' de l'Afrique de l'Ouest. Cette faune était caractérisée par la diversité des espèces. Elle ne compte pas moins de 191 espèces d'oiseaux, 106 espèces de reptiles et 136 espèces de mammifères (UICN, 1989), dont 70 espèces de grands mammifères dont 42 espèces vivant dans les savanes soudaniennes occidentales et dans la zone sahélienne. Certaines de ces espèces dont l'élan de Derby, la girafe, l'éléphant l'autruche, sont actuellement en régression voire en voie de disparition totale. C’est le cas aussi des espèces comme le damalisque, la gazelle dama, l’oryx l’addax le mouflon à manchettes, l’hippopotame nain, le guépard, le lycaon, le lamantin, le pangolin, l’oryctérope, le chimpanzé, etc. La flore présente une grande variété d’espèces. Il a été dénombré 1 739 espèces spontanées ligneuses réparties entre 687 genres provenant de 155 familles. Aujourd'hui, le Mali recèle une biodiversité importante sur le plan mondial qui est de plus en plus menacée d'extinction. Cependant pour la conservation de ce patrimoine naturel le pays dispose d'un important réseau de 113 forêts classées et 26 aires protégées. Toutes ces aires protégées et forêts classées sont en dégradation accélérée dans toutes les régions du pays. Aussi au cours des dernières décennies, la tendance générale dans le pays a été l'assèchement du climat et l'accroissement des températures. Le changement du climat dans la région du Sahel pourrait constituer une cause majeure des menaces qui pèsent sur la biodiversité au Mali. Cette menace est associée aux autres menaces susmentionnées et n'est pas indépendante des pressions causées par l'homme. En effet cette situation est le résultat d'une forte pression sur les réserves naturelles stratégiques que sont les forêts classées et les aires protégées (parcs nationaux et réserves de faune), à travers l'exploitation du bois notamment le bois-énergie (bois de feu et charbon de bois) et la persistance de systèmes de production ancestrale que sont l'élevage extensif transhumant et l'agriculture itinérante. Après la sécheresse de 1974, les problèmes d'approvisionnement en bois de feu commencèrent à apparaître : en effet, cette sécheresse a entraîné une détérioration de l'agriculture, et par conséquent une forte migration des populations vers les centres urbains. La concentration des populations en milieu urbain créa une forte demande en bois-énergie. Pour satisfaire cette demande croissante, un véritable secteur économique s'est constitué en professionnalisant les activités d'exploitation, de transport et du commerce du bois-énergie. Les agriculteurs/paysans sont devenus des bûcherons. Ainsi, l'exploitation du bois-énergie est désormais la deuxième activité des paysans après l'agriculture, dans les zones d'approvisionnement des centres urbains s'étendant jusqu'au 200 km autour de Bamako et 150 km autour de Ségou. surexploitation des ressources ligneuses. La croissance démographique dans notre pays est en moyenne de 1,4% en milieu rural et de 4,1% en milieu urbain. Faute d'alternatives, la surexploitation des ressources ligneuses, surtout dans les périphéries des grands centres urbains augmentera de façon très importante dans les années à venir. Selon les estimations de la direction nationale des eaux et forêts en 2000, près de 7 millions de tonnes de bois sont prélevées dans le domaine forestier chaque année à des fins énergétiques. Ceci correspond à un déboisement de près de 600 000 ha de forêt naturelle. Moins de 10 % de ce bois exploité provient des plantations et est contrôlé par les services forestiers. Vu que le potentiel de régénération par an n'est pas toujours réalisé à 100 %, la couverture végétale est marquée par une dégradation continue avec une diminution réelle de la superficie boisée annuelle d'environ 100 000 ha, selon les estimations de la FAO en 2000. En plus de l'aridité climatique croissante, la dégradation est provoquée par les prélèvements pour la consommation énergétique, la pharmacopée traditionnelle, les défrichements, le pâturage et les feux de brousse. L'élevage, surtout extensif, est la deuxième activité économique importante après l'agriculture. Il exerce une forte pression sur les pâturages naturels. Avec un cheptel estimé à plus de 6.000.000 de têtes de bovins et de plus de 16.000.000 d'ovins et caprins, le besoin en fourrager dépasse largement la capacité des zones écologiques du pays. Ce surpâturage provoque une diminution des couvertures végétales naturelles et favorise l'érosion et la dégradation des sols. En effet, on observe une forte concentration autour des points d'eau et une concurrence croissante entre le bétail transhumant et la faune sauvage dans les réserves forestières stratégiques que sont les forêts classées et les aires protégées (parcs nationaux et réserves de faune) qui constituent les derniers refuges de la grande faune et les derniers rempart contre la désertification, en particulier dans le Sud du pays et cela, malgré l'adoption d'une loi pastorale qui exige le respect des aires protégées, les espaces classés ou mis en défens par les pasteurs en toute saison. La dégradation des ressources végétales (habitat de la faune) est également amplifiée par les feux de brousse. Selon les estimations basées sur des images SPOT (entre 1987 et 1990), la superficie brûlée chaque année entre septembre et mars s'élève à environ 9 191 400 ha (soit 7,4% du territoire national). Des activités d'exploration, de prospection et d'exploitation minières sont en cours à travers tout le pays. Des permis d'exploitation minière sont délivrés sur des aires protégées (parcs nationaux, réserves de faune et forêts classées) en violation de la loi. Les déchets du traitement de l'or se déversent dans le bassin hydrographique et entraînent la dégradation des habitats de la faune terrestre et aquatique. L'orpaillage traditionnel dé-grade les cours d'eau et les lits des fleuves, ainsi que d'importantes forêts galeries. Certaines zones ont été entièrement transformées par l'afflux d'un grand nombre de mineurs artisanaux qui consomment la faune, le bois et d'autres ressources dans la conduite de leurs activités minières. Malgré les changements politiques et institutionnels à travers l'instauration de la démocratie, de la décentralisation, l'adoption et la mise en ½uvre de stratégies ('' Energie- domestique'', Biodiversité), la mise en ½uvre de projets et programmes (Lutte contre la désertification, gestion participative et cogestion de forêts classées), l'adoption des textes sur les études d'impacts des projets sur l'environnement, les forêts naturelles maliennes sont de plus en plus défrichées et victimes de surpâturage. Les exploitations forestières et la chasse restent encore peu contrôlées à cause de la faiblesse des moyens du service des eaux et forêts. En matière de gestion de la faune sauvage, actuellement seule l'Opération aménagement de la boucle du baoulé (OPNBB) chargée de la réserve de biosphère, dispose d'un personnel dédié. Les autres aires protégées n'en ont pas du tout. Aussi ce personnel à disposition de la boucle du Baoulé ne dispose pas de la formation et de l'équipement nécessaires pour la protection efficace de la réserve de biosphère sous la responsabilité de l'Etat. Au niveau national, le service des eaux et forêts compte très peu d'agents qui sont affectés à la gestion des aires de conservation de la faune et les services régionaux et locaux disposent de peu de moyens matériels et financiers, d'un personnel insuffisant n'ayant pas de formation de base nécessaire en matière de gestion de la faune et des aires protégées. Malgré les menaces diverses, notre pays dispose encore de quelques zones naturelles que l'on peut sauver. Il s'agit des forêts classées et aires protégées situées dans le Sud-ouest du territoire et qui revêtent une importance particulière du point de vue national et mondial, car, ces aires renferment encore la majeure partie de la diversité des mammifères du Mali. Les méthodes employées dans le passé pour gérer et utiliser la faune prouvent que la conservation pure et dure des aires protégées et l’exclusion des communautés riveraines sont des stratégies préjudiciables à un aménagement durable de la faune. L’exploitation touristique et cynégétique des aires protégées, a renforcé économiquement la situation de la faune en Afrique australe et au Burkina Faso, et ce système pourrait servir de modèle à des programmes similaires de valorisation de la faune. Pour assurer le succès des projets de partenariat public-privé, trois éléments participatifs distincts s'avèrent indispensables. Il s'agit de la participation active des communautés rurales aux projets, la remise du pouvoir aux communautés pour contribuer à la gestion et à l’exploitation des ressources de leurs terroirs et la distribution des bénéfices issus des efforts d’aménagement et d’exploitation des ressources directement aux communautés riveraines, soit en espèces, soit sous forme de prestations sociales.

C. A. DIA

L'essor

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