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Vision Express sur… : Les missions « frauduleuses »

La souffrance de certaines femmes dans les foyers est véritablement un secret de polichinelle. En tout cas, tout porte à croire, au regard de certaines situations dans lesquelles vivent ces dernières, que la lutte pour l'épanouissement de la femme est loin d'être gagnée, définitivement. L'on peut néanmoins soutenir que le plus dur a été fait. Le mariage forcé, l'excision, le droit à la succession, l'égalité en droit et devoir... sont entre autres points, des positifs dans la lutte pour le bien-être de la femme.

Force est malheureusement de constater que bien qu'unis légalement ou coutumièrement, des hommes ne manquent pas de jouer faux-jeux à leur moitié par des mensonges très graves et souvent outranciers. " Mon pied-à-terre ", c'est ainsi que des hommes nomment la demeure de leur " fraude " et qui, pour passer du bon temps avec elle, inventent une mission " frauduleuse ". A l'intérieur ou hors de la ville. Ou même hors des frontières.

De fausses missions, de faux déplacements... sont bien cogités par des hommes dans le seul but de tromper madame, celle à qui il a pourtant juré fidélité et amour pour le meilleur et pour le pire. Pour quels intérêts ? Seuls les adeptes de l'infidélité pourront répondre. Ainsi, de Bobo-Dioulasso par exemple, monsieur ira à Banfora alors qu'il a informé son épouse d'une mission dans la capitale. Ou pire, monsieur invente une mission dans une autre localité alors qu'il n'a pas bougé d'un pas de la localité qu'il habite. La mission est donc effectuée d'un quartier à un autre dans la même ville. Loin d'être un phénomène, l'invention de " missions fictives " dont la seule raison est de " frauder " est une réalité sous nos cieux. Difficile de faire un sondage pour donner de chiffres factuels de cette évidence sociétale, mais il convient d'indiquer qu'elle prend une proportion inquiétante. Des femmes n'ont de sujets de causerie que sur ces réalités qu'elles vivent.

Et les hommes d'expliquer ce comportement ubuesque (c'est d'ailleurs devenu une chanson commune à tous) par le fait du vouloir changer d'air, un tant soit peu. Certes ! L'infidélité est un phénomène social punissable. La femme est très souvent la première victime de ces missions mal intentionnées. Mais les deniers publics peuvent en pâtir en ce sens que ces missions peuvent être effectuées avec les biens publics, dont les véhicules de l'Etat, avec carburant et frais de mission y compris.

Il ne s'agit pas là d'indexer uniquement les travailleurs du public. Les faiseurs de missions fictives sont partout. D'où la nécessité pour la société d'y réfléchir.

Bassératou KINDO

L'Express du Faso

Le Faso

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