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Mandela : son argent nourrit des querelles parmi ses descendants

La famille de Nelson Mandela n'échappe pas aux tracas qui sont ceux de beaucoup de familles recomposées. Celui que les Sud-Africains appellent affectueusement «Madiba», s'est marié trois fois. Des deux premières unions sont nés six enfants, dont trois sont toujours vivants, dix-sept petits enfants et quatorze arrière-petits-enfants qui sont aujourd'hui divisés en deux clans rivaux se disputant âprement les biens de leur illustre ascendant.
Héros dans son pays et figure marquante du XXe siècle pour le reste du monde, Nelson Mandela a été aussi prosaïquement chef d'une grande famille. Actuellement marié avec Graça Machel depuis 1998, il a eu six enfants de deux mariages précédents ; quatre avec sa première épouse, Evelyn Ntoko Mase et deux avec Winnie Mandela.
Offrant toutes les apparences d'une famille unie dans l'affliction, les Mandela, toutes générations confondues, sont en réalité bien loin de cette image idéale. Le 28 juin, c'est à un tribunal sud-africain, saisi en urgence, que 16 membres de la famille se sont adressés. Ils portent plainte contre un des leurs, Mandla, 38 ans, l'aîné des petits-fils de Nelson Mandela, pour avoir déplacé en 2011 les tombes de trois enfants de l'ex-président à Mvezo sans en avoir parlé au reste de la famille.
Celui qui a été désigné par son grand-père comme chef de famille est soupçonné par les plaignants de vouloir profiter de sa situation dans le village de Mvezo, où il a des intérêts, pour y faire ensevelir son illustre grand-père alors que ce dernier a déjà exprimé le souhait d'être inhumé à Qunu, le village de son enfance.
Mais ce n'est pas la première affaire familiale qui se règle devant la justice chez les Mandela. Les deux filles de Mandela qui affirment être soutenues par 15 membres de la famille font tout pour récupérer la fortune de leur père. Makaziwe, 60 ans, née de son premier mariage et Zenani, 55 ans, la fille de Winnie, contestent les arrangements pris par leur père justement dans le but d'éviter les querelles familiales. Des précautions mises en oeuvre en 2004 par le patriarche qui confie alors à trois personnes la gestion de deux fonds d'investissement alimentés notamment par la vente de « la main de Nelson Mandela », l'empreinte de sa main devenue un logo commercial.
Une plainte a été déposée devant la Haute Cour de Johannesbourg en avril 2012 par les deux demi-s½urs qui estiment avoir été mises à l'écart par les trois hommes désignés par leur père pour s'occuper des deux fonds, Harmonieux Investment Holdings et Magnifique Investment Holdings. Deux structures  qui pèsent quelque 1,7 million de dollars. Les hommes choisis par Mandela sont George Bizos avocat réputé qui lui avait évité la peine de mort en 1964 et ami de longue date, Tokyo Sexwale ex-compagnon de détention et Bally Chuene également avocat et proche du Prix Nobel de la paix.
L'affaire en a choqué plus d'un en Afrique du Sud d'autant plus que Makaziwe Mandela et Zenani Mandela ont pris pour avocat Me Ismail Ayob, le créateur des deux fonds d'investissement en question et homme de confiance de leur père durant 27 ans. Mais en 2004, Mandela se fâche avec Me Ayob l'accusant de profiter personnellement de la vente de la fameuse empreinte de sa main. Ecarté, l'avocat a toujours protesté de son innocence et l'occasion de batailler aujourd'hui contre George Bizos, qu'il soupçonne de l'avoir diffamé, n'est pas pour lui déplaire.
Ces chicanes pour l'héritage étalées sur la place publique ont choqué les Sud-Africains qui y ont vu un manque de respect pour celui qui reste si cher à leur c½ur. Les filles de Mandela ont beau protester de leur désintéressement assurant cette semaine qu'elles n'étaient pas des « grippe-sous », il n'empêche que l'impression que laissent ces affaires est trouble. Et des affaires, les descendants du héros de la lutte antiapartheid, en brassent.
Reprenant le titre de l'autobiographie de Nelson Mandela, Long Walk to Freedom, pour le labelliser, des membres de la famille font commerce de vêtements où est apposé son portrait. D'autres utilisent son numéro de matricule « 46664 » de prisonnier à Robben Island pour vendre t-shirts et autres fringues... Toutes les occasions sont bonnes. Lors du 90e anniversaire du patriarche que Winnie et sa famille boycottent, mais en présence des médias du monde entier, Makaziwe en profite pour faire la promotion de sa dernière « création », du vin étiqueté House of Mandela. C'est à qui, entre les clans issus de ses mariages avec Evelyn et Winnie, fera les meilleures affaires en exploitant l'icône Mandela.
RFI

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