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Les architectes appellent à des assises nationales

A del Bedjaoui et Athmane Touileb, deux hommes à la tête de deux conseils de l'Ordre, s'attellent inlassablement à ressouder la corporation en une seule entité légitime qui obéira à une stratégie commune. Une tâche très difficile.  Plongée depuis de longs mois dans une inextricable crise, la corporation des architectes tente de se relever. Difficilement. Les présidents des deux conseils de l'Ordre multiplient, ensemble, les actions pour trouver un moyen de réunifier les rangs dans un seul et unique but : défendre les intérêts des architectes. Bien qu'élus légitimement, ces deux présidents se disent prêts à abandonner leurs mandats pour préserver les intérêts de la corporation, qui se débat dans nombre de problèmes. Adel Bedjaoui d'un côté, Athmane Touileb de l'autre côté. Aux visions différentes, ces deux hommes à la tête de deux Ordres cherchent inlassablement à ressouder la corporation en une seule entité légitime et qui obéira à une stratégie commune. S'ils divergent sur un certain nombre de questions, ils sont tous deux opposés à la manière avec laquelle travaille actuellement la commission nationale chargée d'organiser de nouvelles élections pour réunifier les rangs dans un seul Conseil national représentatif de l'ensemble des architectes. Constituée sur proposition du ministre de l'Habitat, Abdelmadjid Tebboune, cette commission devait, à l'origine, ½uvrer, dans la neutralité, à organiser de nouvelles élections. Mais les choses ne se sont finalement pas passées comme prévu. Du moins, c'est le sentiment exprimé par Adel Bedjaoui et appuyé par Athmane Touileb. Pour Adel Bedjaoui, cette commission vient de créer une nouvelle aile en proposant des listes et en orientant, à dessein peut-être, le cours de l'opération, sans tenir compte de l'avis majoritaire. Ce n'est donc pas pour lui la meilleure manière d'agir pour sortir la corporation de cette crise qui ne sert ni l'architecte et encore moins le bâti. Au contraire. Elle risque d'exacerber les divisions et réduire à néant tout espoir de rassembler les architectes. Pour Adel Bedjaoui, il faut d'abord revoir les textes régissant l'Ordre des architectes avant de lancer le processus de renouvellement et d'organisation de nouvelles élections. Le mode électif actuel ne convient plus, selon lui. Il soupçonne les membres de la commission de favoriser des personnes proches d'eux. «De quel droit une commission chargée d'organiser des élections conçoit les listes et impose ses règles du jeu sans la moindre consultation ?», se demande-t-il. Adel Bedjaoui estime que la seule solution reste la tenue d'assises nationales pour mettre à plat tous les problèmes de sorte à doter la corporation d'un Conseil solide. «Ce qui m'importe, c'est l'intérêt général», affirme-t-il. De son côté, Athmane Touileb, ex-président du conseil de l'Ordre, appelle à une conférence nationale «urgente». Une conférence qui doit intervenir, précise-t-il, avant d'élire le nouveau conseil national. Il estime que «trop de temps» a été perdu et que les architectes doivent rapidement dépasser ce conflit organique pour aborder «les vraies questions» qui relèvent de la création architecturale. «Pourquoi les architectes sont-ils mis à l'écart ? Pourquoi ne sont-ils pas conviés par la commission ?», s'interroge-t-il, regrettant que «cette commission travaille en vase clos». Athmane Touileb, comme d'ailleurs Adel Bedjaoui, sont d'accord sur la nécessité de revoir le décret 293/196 régissant le conseil de l'Ordre. Abdelhamid Boudaoud, président du Collège national des architectes, estime qu'«amender» ce texte n'est pas possible. Du moins pas dans l'immédiat. Et pour faire avancer les choses dans le bon sens, il propose l'élection d'une nouvelle équipe sur la base d'un programme bien déterminé. C'est la seule voie de salut, selon lui, estimant que l'héritage est «trop lourd». Une proposition qui s'ajoute ainsi à d'autres. En attendant, la crise reste entière. Et les 12 000 professionnels du secteur sont livrés à eux-mêmes, sans plan de travail et totalement marginalisés par les pouvoirs publics. «De grands projets se font sans les architectes. On fait appel aux étrangers. Or, l'architecture est un pan de l'identité nationale», fulmine Athmane Touileb. Des centaines, voire des milliers d'architectes sont dans le même état d'esprit. Ils veulent tout simplement l'annulation des contrats avec les étrangers.

El Watan

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