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Medelci écarte tout mouvement dans le corps diplomatique

Pas de mouvement dans le corps diplomatique. Le ministre des Affaires étrangères (AE), Mourad Medelci, vient d'infirmer des informations publiées par certains journaux sur la liste nominative de nouveaux ambassadeurs et des consuls. «Seul le président de la République est habilité, conformément à la Constitution, à décider un mouvement dans le corps diplomatique. Le Président n'a pas encore pris de décision (...) dans ce domaine», affirmait Mourad Medelci lors d'un point de presse animé, hier à Alger, en compagnie de son homologue éthiopien, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le chef de la diplomatie algérien estime que les annonces faites par la presse sur le sujet l'amusent. «Tout ce que vous avez pu lire dans la presse vous a certainement intéressé. Il nous a aussi intéressé et quelquefois amusé de voir ce mouvement annoncé», a-t-il déclaré, invitant les médias à attendre la confirmation officielle de ce genre d'informations avant de les publier. «Je voudrais passer un message pour demander qu'on cesse de faire dans la rumeur et qu'on prenne le temps d'attendre que les décisions soient prises, et lorsqu'elles le seront, le ministère des Affaires étrangères, lui seul, pourra les communiquer de manière crédible et définitive», affirme-t-il. Mourad Medelci semble avoir déjà oublié qu'il y a quelques jours, l'ambassadeur d'Algérie à Paris, Missoum Sbih, a été rappelé sans qu'il soit annoncé officiellement par un communiqué du ministère des Affaires étrangères. L'information a été, rappelons-le, confirmée de manière officieuse par des sources aux AE. Le ministère des Affaires étrangères n'a pas donné, également, les raisons du rappel de Missoum Sbih, comme il n'a pas indiqué l'autorité qui avait pris la décision. Le président Bouteflika, toujours en convalescence aux Invalides à Paris (depuis plus de deux mois), est-il à l'origine de cette décision ? Y a-il une entorse à la Constitution ? En tout cas, la Constitution ne permet aucune délégation des prérogatives du Président, dont celle relative à la nomination et au rappel des ambassadeurs. «Le président de la République ne peut, en aucun cas, déléguer le pouvoir de nommer le Premier ministre, les membres du gouvernement, ainsi que les présidents et membres des institutions constitutionnelles pour lesquels un autre mode de désignation n'est pas prévu par la Constitution. De même, il ne peut déléguer son pouvoir de recourir au référendum, de dissoudre l'Assemblée populaire nationale, de décider des élections législatives anticipées, de mettre en ½uvre les dispositions prévues aux articles 77, 78, 91, 93 à 95, 97, 124, 126, 127, et 128 de la Constitution», lit-on dans l'article 87 de la Loi fondamentale.