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Les gardes communaux dénoncent une «rafle»

La cérémonie de recueillement à El Alia a été empêchée.   Des centaines d'arrestations et autres «reconductions». Le siège du Mouvement démocratique et social (MDS) encerclé. Une cérémonie de recueillement à El Alia empêchée. Et des gardes communaux scandalisés. Tel est le bilan de ce qui devait être, samedi, un rassemblement pacifique en hommage au défunt président Mohamed Boudiaf, mais qui a vite fait de se transformer en «rafle». «Ce régime a encore fait preuve de répression qui a ciblé tout particulièrement les gardes communaux qui, hier, se sont battus contre le terrorisme et qui aujourd'hui se battent contre l'oubli et pour leur dignité», s'est indigné Aliouet Lahlou, délégué de la Coordination nationale des gardes communaux (CNGC), hier, lors d'une conférence de presse tenue hier au siège du MDS. Cette commémoration, organisée par «le Front national de la décennie noire», et à laquelle devaient participer de nombreux militants, activistes et personnes qui ont combattu le terrorisme intégriste, a été empêchée par un important dispositif sécuritaire déployé au cimetière El Alia et aux alentours. «Nous voulions rendre hommage à l'homme qui incarnait l'espoir de toute une génération pour redonner espoir à ceux qui ont été abandonnés par l'Etat», martèle M. Lahlou. «Alger était en état d'urgence hier ! Et la police, censée être neutre et au service du citoyen, se voit dévoyer de sa mission première par ce régime despotique qui en a fait une police politique ! Et ce en plus de la désinformation et autres manipulations afin d'affoler l'opinion publique», s'époumone, pour sa part, Hamid Ferhi du MDS. «En plus des arrestations, les agents de l'ordre ont obligé certains gardes communaux à 'rentrer chez eux' ! Ils avaient pour ordre de les escorter pour les faire sortir de la capitale, comme si c'était une reconduite aux frontières !», s'exclame le militant. Ils avouent ne pas comprendre la répression qui s'abat sur eux. «D'un côté, on nous traite de 'quantité négligeable', de 'cas isolés'. Mais alors pourquoi toute cette mobilisation sécuritaire, pourquoi cette armada ?», s'étonnent-ils. «Au commissariat, les policiers nous ont exhortés à ne pas faire de 'politique', à ne pas politiser nos revendications qui, pour eux, ne doivent rester que purement 'alimentaires'. C'est honteux ! Comment osent-ils minimiser notre rôle lorsque, volontairement, nous avons tout abandonné pour sauver la République ?», s'interroge, scandalisé, M. Lahlou, «alors même que la création et la dissolution de notre corps ont été politiques», commente-t-il. Et ce ne sont pas ces actes de répression qui mettront un terme à leur mouvement de protestation. «Nous allons poursuivre nos actions, manifestations publiques et autres jusqu'à la totale satisfaction de nos revendications. Mais l'heure est à l'action de solidarité avec deux de nos collègues, dont les familles ont été expulsées de leur logement de fonction à El Harrach, et ce, dans la plus totale illégalité», conclut-il. 

El Watan

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