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Fable de Lafontaine : Le cambrioleur et le pendu

C'est le cambrioleur le plus abouti, le plus professionnel, le plus chic de sa génération et de toutes les générations réunies. Une sorte d'Arsène Lupin dans son domaine. Il est mondialement connu, dans le cercle de plus en plus étendu, des détrousseurs de villas et d'appartements, de cette grande période de crise économique et financière, qui n'en finit plus. On vient de partout, le consulter sur les nouvelles techniques de cambriolage qu'il a l'art et la manière de mettre au point, et qu'il cède à ses collègues, pour pas un sou. Solidarité en temps de disette, oblige.

Après une période faste où tout lui réussissait, il a connu récemment, la plus étrange histoire de sa longue carrière, si exemplaire. Il exécutait un cambriolage, avec dextérité et art consommé, lorsque la mauvaise surprise est soudainement, survenue. A l'intérieur de la maison, dont il venait à peine, de forcer sans bruit, la porte, il est tombé nez à nez, sur le cadavre d’un pendu ! Cela s'est passé jeudi dernier, là-bas, au bout du monde, plus précisément, en Nouvelle Zélande.

Lafontaine aurait pu nous laisser une fable intitulée : « Le cambrioleur et le pendu », mais même lui, qui a tout imaginé, n'a pu prévoir une telle situation, si improbable car, de probabilité quasi nulle. C'est vous dire que l'on est là, sans doute, en présence d'une première mondiale, sans précédent connu. Rien ne pouvait donc, préparer notre méthodique cambrioleur, à affronter une telle situation. Non, décidemment rien.

Bref, le cambrioleur néo-zélandais s’est fait une peur bleue, en tombant sur le cadavre de ce pendu, dans la maison qu’il cambriolait. Sans même qu'il le sache, lui-même, ses cris fusent, à gorge déployée, réveillant les voisins et leurs voisins, à des milliers de kilomètres, à la ronde. Même moi, qui ai le sommeil léger et qui dors uniquement, de jour, j'ai été jeté hors du lit, croyant avoir entendu l'effroyable cri de guerre du père Ghannouchi, qui vous glace jusqu'au sang. Heureusement qu'il n'en était rien !

Peureux et tremblants d'effroi, les voisins ont prévenu la police, qui arrive sur les lieux et trouve le cambrioleur figé et glacé de peur. Heureux au plus haut point, de les voir débarquer sur son lieu de travail, et voler ainsi, à son secours, le cambrioleur n'a pas attendu qu'on lui pose des questions et s’est spontanément, confié, en priant les policiers de l'emmener loin de cet endroit maudit. Mais avant de quitter la maison, le cambrioleur les pria tout de même de lui prêter un pantalon. Magnanimes, ces derniers ont enlevé celui du pendu, ce qui est relativement aisé à faire dans la situation où il est, et le tendent au cambrioleur, qui s'évanouit sur le coup, sans raison apparente, apparemment.

Et la morale de l’histoire, c’est l’inspecteur Gref Nichools de la police néozélandaise, qui la donne au journal « New Zealand Herald » : « j’espère que ça incitera le cambrioleur à changer de métier ». Le cadavre découvert par le malheureux cambrioleur sera autopsié, a-t-il ajouté. Le cambrioleur confie de son côté, à qui veut bien l'entendre, bien ou mal entendu, qu'il envisage bien une reconversion de carrière, la première du reste de sa vie. Le dernier courrier arrivé en son nom, à la prison où il croupit, provient de la plus grande école de croquemorts d'Angleterre. Comme quoi ! Croqué par un pendu, il va à son tour, croquer tous les morts, pendus compris.

Par Ridha Ben Kacem le 29 juin 2013

Tunisie Focus

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