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comment le pouvoir étouffe les droits de l’homme

Dans son rapport, le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA) dresse un tableau noir de la situation des droits de l'homme et des libertés démocratiques en Algérie l Elaboré avec d'autres organisations non gouvernementales (ONG), il conclut que le changement en Algérie n'est qu'«illusion». Paris De notre correspondant Rien ne va en Algérie. Régression des libertés publiques et syndicales, recul des droits de l'homme, omnipotence de l'Etat et de ses services de sécurité, justice injuste, non-respect de la dignité humaine et retour même de l'usage de la torture dans certains commissariats du sud du pays. C'est globalement le constat consigné par le Collectif des familles de disparus en Algérie (CNFA) dans son dernier rapport rendu public jeudi à Paris, lors d'une conférence de presse organisée au siège d'Amnesty International France. Intitulé «Le régime algérien à l'épreuve des droits de l'homme, l'illusion du changement», le rapport a été rédigé collectivement, avec l'aide de jeunes militants des droits l'homme et de nombreuses associations représentant la société civile, comme la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH) et le Syndicat national des personnels de l'administration publique (Snapap), et s'appuie sur des témoignages directs et des enquêtes de terrain. Le compte rendu couvre une étape allant de janvier 2011 à avril 2013, une période qui correspond aux soulèvements populaires qu'ont connu certains pays arabes et qui ont réussi à mettre fin aux dictatures en place.Cependant, en Algérie, la situation politique est restée étrangement figée, selon Mohamed Boumeghar, professeur de droit international. Il a qualifié la levée de l'état d'urgence, en février 2011, de «formelle car sur le terrain, rien n'a changé, bien au contraire». «La levée de l'état d'urgence a été suivie par une série de lois, en juillet 2012, rétrécissant davantage le peu de marge de man½uvre qui restait encore.» Il a cité à titre d'exemple l'interdiction d'organiser des manifestations sur la voie publique, la transformation de la justice en un moyen de répression et de pression contre tout manifestant, le non-respect des droits fondamentaux des citoyens, à savoir le droit à l'emploi, au logement et à une vie décente. Bouteflika : «Les disparus ne sont pas dans mes poches» Par ailleurs, a ajouté le même intervenant, créer une association d'utilité publique ressemble à un parcours du combattant. Alors qu'avant, elle se faisait sur une base déclarative, la nouvelle loi exige une autorisation du ministère de l'Intérieur. Le rapport évoque également l'épineux problème des disparitions forcées durant la période du terrorisme. Maître Boumeghar a estimé que les auteurs de ces disparitions vivent toujours dans l'impunité. Il a dénoncé le chantage exercé par l'Etat à l'égard des familles, dont le seul tort est de continuer à exiger la vérité sur des proches qui n'ont jamais réapparu. Il y aurait 6140 disparus selon Mme Nacera Dutour, présidente de la CFDA. Et malgré les commissions ad hoc et les promesses de l'Etat, rien de nouveau sous le soleil, selon elle. L'Etat, pressé d'en finir avec ce dossier gênant, a proposé d'indemniser les familles qui le souhaitent, à condition qu'elles reconnaissent la mort de leurs enfants lors des accrochages avec des terroristes. Une insulte suprême à ces pères et mères qui n'ont pas encore fait leur deuil. Pis encore, a ajouté Mme Dutour, la loi 45 relative à la charte pour la paix et la réconciliation nationale interdit aux familles et proches des disparus de saisir la justice. A ce déni de vérité, il faudrait ajouter la phrase prononcée dans un discours par le président Bouteflika : «Les disparus ne sont pas dans mes poches.» Une déclaration qui a profondément blessé les familles de disparus et ruiné leurs espoirs de voir un jour l'Etat algérien prendre sérieusement en charge cette question humaine.  

El Watan

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