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Les femen témoignent en Europe et ce n’est pas beau pour la Tunisie !

Une fois de retour chez elles, en Europe, les trois militantes du groupe Femen, qui ont été libérées à Tunis, mercredi 26 juin, tard, dans la soirée, après un mois passé en détention parlent de leur expérience et ce n'est vraiment pas une belle image de la Tunisie, que les médias vont longtemps colporter. Loin, très, de là, en effet. Ceux qui voulaient jouer au Zorro, auprès de leur supporters de bas d'étage, de gamme et de niveau, n'avaient certainement pas prévu cela. Elles ont donc, donné hier jeudi 27 juin, une conférence de presse, à Paris.

Elles sont venues chez nous et y avaient mené la première action du groupe femen, dans le monde arabe, le 29 mai dernier. D'abord condamnées à quatre mois de prison pour « atteinte aux bonnes m½urs et à la pudeur »,(mon ½il, oui) elles ont ensuite obtenu une libération avec sursis, car le pays a tout simplement cédé aux intolérable pressions internationales pour avoir « oublié » que les pays occidentaux ne laissent jamais tomber un de leur citoyens, quelques soient les conditions, contrairement à la Tunisie qui ne se préoccupe guère de milliers de tunisiens, brutalement, bloqués en Syrie, victimes qui plus est, de l'amateurisme de leur gouvernement.

Arrivées saines et sauves, à Paris Ce sont trois jeunes femmes « visiblement éprouvées » qui ont témoigné hier, à Paris, de leurs conditions de détention, pendant un mois, à Tunis. Mais cela à la limite ne nous intéresse pas. Ce qui nous intéresse par contre, c'est la détestable image, qu'elles ont donné du pays et qui sera longtemps colportée par les médias occidentaux. En les jetant en prison, on leur a donné « bêtement »,l'occasion de voir de visu, la véritable condition humaine, dans ce pays. Un dommage collatéral ? Allons donc, c'est tout simplement, une nouvelle preuve, s'il en faut, de l'amateurisme flagrant et désolant, de nos gouvernants.

Deux sujets sont mis en relief, par le trois femen : les conditions de détention du sexe faible, en Tunisie, et la condition féminine en général. Voici ce témoignage, qui fait mal au c½ur. Pauvre Tunisie.

« J’ai eu peur pour ma vie, témoigne Pauline Hillier, une des trois Femen. Pas dans l’action. On a cru à un moment que c’était de l’acide qu’on nous jetait. J’ai eu peur pour ma vie quand je me suis retrouvé enfermée dans des pièces avec des hommes qui commençaient à nous battre. J’ai eu peur pour ma vie quand j’ai été trimballée dans des véhicules avec des menottes dans des conditions de sécurité épouvantables. Oui, presque tous les jours, j’ai eu peur pour ma vie. »

Cette détention a permis aux trois jeunes femmes d'échanger avec les 25 autres prisonnières, qui partageaient leur cellule de 50 m2, sur la condition féminine, en Tunisie, comme l'a expliqué Marguerite Stern.

« On a été très surprises de constater que la majorité des femmes sont en prison pour adultère. Parce qu’elles ont trompé leur mari, les femmes peuvent prendre jusqu’à cinq ans de prison (…) Elles ont été très surprises qu’on vienne en Tunisie uniquement pour soutenir une femme qui est un symbole, qu’on a jamais rencontré. Elles sont d’accord avec les idées sur le fond, après sur la forme c’est un peu plus difficile à faire passer. C’est une question d’éducation. »

Les trois jeunes femmes se disent prêtes à continuer leurs actions seins nus. Elles affirment qu'elles ne regrettent rien, malgré les excuses prononcées, lors de l'audience en appel. Elles veulent poursuivre le combat d'Amina et pour AMINA, la jeune tunisienne de 18 ans, en détention provisoire, pour avoir peint le mot « Femen» sur le muret d'un cimetière de Kairouan.

Les médias savent bien qu'AMINA va sur ses 19 ans. Mais ils préfèrent évoquer 18 ans pour suggérer que la Tunisie persécute une presqu'enfant. Leurs convictions profondes, en la justesse de leur combat, en faveur d'AMINA, la tunisienne, leur fait dire, qu'elles sont prêtes à recommencer leur action, en Tunisie. Pour cela, elles ne reculeront devant rien, et il faut bien les croire, en effet.

Bien sûr, qu'elles sont maintenant, fichées par la police des frontières, en Tunisie. Mais gageons qu'elles trouveront le moyen d'entrer au pays. Sinon, elles pourront toujours, guetter Ali Larayedh, la prochaine fois qu'il fera un déplacement à l'étranger, pour lui donner de leurs nouvelles, à la manière que vous savez. N'est-il pas à plaindre, notre plus que provisoire, chef du gouvernement ? Remarquez, je me tiens prêt à le remplacer, pour tout déplacement à l'étranger !

Par Ridha Ben Kacem le 28 juin 2013

Remarque : le titre n’est pas de l’auteur

Conférence de presse complète

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