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Obama, au bas mot (Par Mafally Ndiaye)

Jusqu'ici je m'étais plongé dans un silence assourdissant, pour citer ainsi la fameuse phrase de la journaliste, Diatou Cissé Coulibaly, lors de la réplique du Président Diouf contre la sortie mouvementée du guide des moustarchidines Moustapha Sy. Il est vrai que je vous avais habitué à des chroniques sur des faits marquants l'actualité.Peut-être ne trouvais-je pas suffisamment de temps pour me consa­crer à cet exercice eu égard aux soubresauts de notre destinée commune ? Ou encore n'y a-t-il toujours pas de l'ineffable dans ma pensée ? En tout état de cause, la visite de Obama ne laisse personne indifférent au regard de tout ce remue-ménage médiatique et organisationnel.

L'heure est venue aujourd'hui de tirer le bilan après les visites des deux prédécesseurs du Président Obama, notamment Bill Clinton et George William Bush.
Nous savons que c'est sous le régime de Diouf qu'un Président américain en fonction a honoré le Peuple sénégalais de sa présence (si ma mémoire est exacte). Wade n'a pas été en reste, il a fait des pieds et des mains pour entrer dans le panthéon des Présidents africains qui ont été gratifiés d'une visite d'un Président yankee. Et voilà venu le tour à notre nouveau Président Macky Sall de recevoir, le premier des Américains.
Qu'est-ce qui se cache derrière cette obsession non voilée de vouloir à tout prix accueillir sous le sol sénégalais un Président américain en fonction ? Est-ce une manière de donner plus de légitimité à son règne ? Et quelles ont été les retombées économiques de ces différentes visites ? Est-il aujourd'hui opportun à la lueur des avancées des pays émergents de faire confiance au partenariat stratégique avec les Usa ?
Voilà autant de questions qui méritent des réflexions sérieuses, plutôt que de se laisser fasciner ou divertir par des dispositifs sécuritaires aux allures de la série 24 heures chrono.
A mon humble avis, les relations bilatérales profitent d'avantage aux Usa. L'Afrique constitue indubitablement un potentiel énorme en ressources humaines, minières, agricoles et énergétiques.
Notre continent est aujourd'hui caractérisé par la jeunesse de son peuple, au moment où d'autres pays sont confrontés à un vieillissement de la population active. D'où la contrainte de reconsidérer avec plus de souplesse la politique de l'immigration. Et c'est ce qui explique par ailleurs cette volonté de régulariser chaque année la situation de milliers de résidents.
C'est dire que l'option de vouloir traiter avec l'Afrique n'est pas fortuite à bien des égards, nous constituons sans nous en glorifier un marché vaste qui est loin d'approcher sa phase de saturation. Le seul gage pour l'Amérique de faire bénéficier (d'aucuns diront protéger) leurs investissements aux pays en développement, c'est de poser d'abord et avant tout les jalons d'une démocratie.
Et le Sénégal semble remplir les conditions d'éligibilité prescrites à cet effet. Nous sommes malgré tout une terre paisible et quelle que soit l'ampleur que les soubresauts de notre vie politique ait eu à prendre. Le pays des Tamsir Seck, Thiaka Sène, Ndoumbé, Nogaye et autres est particulièrement marqué par sa stabilité légendaire.
L'Afrique va inéluctablement constituer le nouveau pôle économique de développement, et c'est pour cette raison que la Chine a privilégié le continent dans sa politique de coopération internationale.

Mafally NDIAYE
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