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Barack Obama et Macky Sall, Dakar, 27 juin 2013. REUTERS/Jason Reed
Barack Obama et Macky Sall, Dakar, 27 juin 2013. REUTERS/Jason Reed

La lourde hypocrisie du Sénégal sur l'homosexualité

A Dakar, Barack Obama a défendu les droits des homosexuels: circulez, y a rien à voir, a répondu Macky Sall.

Un choc des cultures a eu lieu lors de la première intervention publique de Barack Obama sur la terre africaine. Au côté de son homologue sénégalais Macky Sall, le président Barack Obama a été amené à commenter la décision rendue la veille par la cour suprême américaine favorable au mariage homosexuel.

Le président américain a salué «une victoire pour la démocratie américaine. Je crois, a-t-il ajouté, qu'à la racine de ce que nous sommes en tant que peuple, en tant qu'Américains, il y a le précepte de base que nous sommes tous égaux devant la loi».

Pour ne pas heurter son homologue, Barack Obama a rappelé que des pays différents, des religions différentes pouvaient avoir des «visions différentes». Voilà une question qui embarrasse fortement les deux présidents qui ne partagent pas le même avis sur la question.

Président d'un pays où l'homosexualité est un tabou absolu, Macky Sall a sans surprise maintenu une position ferme:

 «Le Sénégal est un pays tolérant qui ne fait pas de discrimination en termes de traitement sur les droits (...). Mais on n'est pas prêts à dépénaliser l'homosexualité, a déclaré Macky Sall. C'est l'option du Sénégal pour le moment. Cela ne veut pas dire que nous sommes homophobes. Mais il faut que la société absorbe, prenne le temps de traiter ces questions sans qu'il y ait pression.»

Pourtant, l'article 319.3 du code pénal sénégalais prévoit toujours une peine de prison allant de un à cinq ans pour «toute personne qui commet un acte impropre ou contre nature avec une personne du même sexe».

Avant d'ajouter: 

«C'est comme la peine de mort, une question que chaque pays traite [à sa façon]. Nous l'avons abolie depuis longtemps. Dans d'autres pays, elle s'impose parce que la situation l'exige. Nous respectons le choix de chaque Etat.»

Lu sur Le Monde.fr

Slate Afrique

La rédaction de Slate Afrique.

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