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Algérie: les droits de l'Homme ont régressé depuis 201, selon un rapport du CFDA

Les droits de l'homme ont régressé depuis 2011 en Algérie, malgré la levée "formelle" de l'état d'urgence instauré en 1992, a affirmé jeudi un Collectif des familles de disparus (CFDA) en présentant un rapport au siège de la section française d'Amnesty International à Paris.  "L'état d'urgence a été levé formellement. Mais il est toujours interdit de manifester. A Alger les barrages n'ont pas été levés. Il est beaucoup plus difficile de constituer une association, et beaucoup plus facile de la  dissoudre", a énuméré Mouloud Boumghar, professeur de droit international, en présentant ce rapport intitulé "Le régime algérien à l'épreuve des droits de l'homme: l'illusion du changement".   La levée de l'état d'urgence en 2011, conséquence en Algérie des Printemps arabes, "s'est faite au prix de l'intégration dans le droit commun de   dispositions relevant du régime d'exception et par le renforcement des pouvoirs   de l'armée dans la lutte anti-terroriste", écrit dans un communiqué la   porte-parole du collectif, Nassera Dutour. Une "réforme" de janvier 2012, "présentée comme une avancée démocratique   n'a conduit en réalité qu'à l'adoption de nouvelles lois régressives relatives   aux partis politiques, à l'information, aux associations".  Dans le détail, le rapport cite le cas d'un chômeur militant des droits de   l'homme, Abdelkader Kherba, "poursuivi entre autres pour usurpation de fonction   parce qu'il a soutenu les greffiers en grève au printemps 2012". Dans ses dix chapitres, le rapport déplore aussi une "justice algérienne souvent expéditive", avec des "procès bâclés par des magistrats qui omettent de   vérifier les procédures, l'audition des témoins et les rapports d'expertise".  Spécialisé dans les "disparitions forcées" de la décennie sombre des années   90, le CFDA dénonce "l'utilisation de la justice comme moyen de répression des libertés", avec "détention arbitraire et torture". Le rapport cite par exemple le cas d'un syndicaliste et défenseur des   droits de l'homme, Yacine Zaïd, "condamné le 8 octobre à six mois de prison   avec sursis et 10.000 dinars d'amende pour outrage à agent" après avoir été interpellé dans un bus entre Ouargla et Hassi Messaoud, et "passé à tabac" dans un commissariat. En conclusion, le CFDA demande au "régime algérien" "d'instaurer un état de droit respectueux des droits et libertés", "de mettre fin au harcèlement des   défenseurs des droits", et "de mettre sa législation en conformité avec les engagements pris au niveau international".  

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