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La santé de Mandela s'est améliorée, son état reste critique

La santé de Nelson Mandela s'est améliorée jeudi, mais l'ancien président sud-africain, dont Barack Obama a souligné la stature de "héros" mondial, restait dans un état critique au 20ème jour de son hospitalisation.

Malgré cette évolution, la famille a pour la première fois évoqué publiquement la perspective de sa mort "d'un moment à l'autre".

"Il est nettement mieux aujourd'hui qu'il ne l'était lorsque je l'ai vu hier soir", a déclaré le président Jacob Zuma peu après être passé à l'hôpital de Pretoria, où le symbole mondial de la paix et de la réconciliation est traité depuis le 8 juin pour une grave infection pulmonaire.

A près de 95 ans, Nelson Mandela reste toutefois dans un état "critique mais stable", a ajouté la présidence. 

M. Zuma avait laissé craindre une mort imminente de son illustre prédécesseur, en annonçant mercredi soir, après une visite à l'hôpital, qu'il renonçait à un voyage au Mozambique. 

Autre source d'inquiétude: Nelson Mandela n'était pas en mesure de respirer sans assistance artificielle mercredi, avait constaté un chef de clan de sa région natale venu à son chevet, Napilisi Mandela.

"Je ne peux que répéter que papa est dans un état très critique", a commenté jeudi sa fille aînée Makaziwe à la radio-télévision publique SABC. "Tout peut arriver d'un moment à l'autre."

Mais "il ouvre les yeux, il réagit toujours au toucher", a-t-elle précisé. "Nous allons vivre avec cet espoir jusqu'à ce que vienne la fin." 

En visite à Dakar, au premier jour d'une tournée africaine qui doit le conduire en Afrique du Sud vendredi soir, le président américain Barack Obama a rendu un hommage vibrant à celui qui fut, comme lui, le premier président noir de son pays.

"Il est un héros pour le monde", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. "Quand il quittera cette terre (...), nous savons tous, je pense, que son héritage vivra à travers les âges."

Son aura internationale attire d'ailleurs les journalistes de tous les continents, au grand dam de la famille, qui a exprimé jeudi son exaspération. Sa fille Makaziwe a ainsi accusé les journalistes étrangers de se comporter comme des "vautours", irrespectueux des traditions locales.

"C'est une épreuve parce que nous devons tout faire au vu et au su de tous", a ajouté Ndileka, une des petites-filles, en désignant les dizaines de journalistes et équipes de télévision campant devant la clinique.

"Vie remarquable"

Outre les médias, de nombreux Sud-Africains sont venus déposer des gerbes de fleurs et des petits mots devant le Mediclinic Heart Hospital, manifestant leur gratitude envers le père de leur Nation.

"Je lui souhaite une longue vie", déclarait à 900 kilomètres de là, Keqane Keledwane, 93 ans, interrogé par l'AFP dans les rues de Qunu (sud), le village d'enfance de Nelson Mandela. "Les docteurs doivent tout faire pour le maintenir en vie", ajoutait-il.

Outre les anonymes, plusieurs ministres ont rendu hommage au grand homme. "Sa présence physique n'est qu'une partie de ce qu'il est... sa présence spirituelle doit continuer à vivre", a ainsi déclaré le ministre à la présidence Trevor Manuel, appelant "chacun à être un Nelson Mandela".

"Il nous revient à tous, en cette heure sombre, de penser et de prier pour Nelson Mandela mais aussi de célébrer une vie bien vécue", a pour sa part déclaré le ministre des Sports Fikile Mbalula, appelant le pays "à unir ses forces".

A l'étranger, le  secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a joint sa voix au concert de louanges. "Je sais que nos pensées et prières sont pour Nelson Mandela, sa famille et ses proches, tous les Sud-Africains et les gens dans le monde entier qui ont été inspirés par sa vie remarquable et son exemple", a-t-il déclaré lors d'un discours à New York pour le 50ème anniversaire de l'Organisation de l'unité africaine (OUA, devenue Union africaine).

L'ancienne chef de la diplomatique américaine, Hillary Clinton, a elle aussi adressé dans un tweet "son amour et ses prières à notre grand ami Madiba, à sa famille et à son pays en cette période difficile", l'appelant de son nom de clan, affectueusement adopté par la plupart des Sud-Africains.

Libéré en 1990, Mandela a reçu en 1993 le prix Nobel de la paix pour avoir su mener à bien les négociations en vue d'installer une démocratie multiraciale en Afrique du Sud, conjointement avec le dernier président du régime de l'apartheid, Frederik de Klerk.

Mandela a été de 1994 à 1999 un dirigeant de consensus qui a su gagner le coeur de la minorité blanche dont il avait combattu le régime brutal. 

Retiré de la vie publique depuis près de dix ans, il n'est plus apparu en public depuis la finale de la Coupe du monde de football, en juillet 2010 à Johannesburg.

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