mis à jour le

«Ville sans bidonvilles», une expérience marocaine non sans difficultés

 

L'exode rural massif dans les grandes villes marocaines et l'incapacité de celles-ci à faire bénéficier aux nouveaux arrivants des infrastructures minimales a causé la naissance et le développement exponentiel des bidonvilles.

Mais également, le déséquilibre entre l'offre et la demande en logements, qui a caractérisé le marché immobilier marocain pendant plusieurs années, et qui est à l'origine d'un déficit cumulé en habitats important, est également une cause de ces habitats insolubles.

Les bidonvilles au Maroc s'inscrivent dans un contexte historique de la construction clandestine, qui a longtemps été tolérée mais qui, aujourd'hui, pose un grand problème d'intégration.

Depuis 2004, un large programme d'éradication des bidonvilles et de relogement de leurs habitants a été lancé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Le Maroc, comme plusieurs pays dans le monde, a adopté la déclaration du Millénaire des Nations Unies, visant l'amélioration des conditions de vie des populations. Le programme national ''Villes sans bidonvilles'' (VSB) est aujourd'hui l'une des priorités majeures du gouvernement marocain dans le domaine du développement social et de la lutte contre la pauvreté.

Ce projet a pour but l'éradication de l'ensemble des bidonvilles dans 85 villes  du Royaume. Cela concerne plus de 348.000 ménages résidant dans près de 1.000 bidonvilles.

Le programme “Villes sans bidonvilles” a suscité un investissement d'environ 25 milliards de dirhams, dont une subvention du Fonds Solidarité Habitat, estimée à près de 10 milliards de dirhams.

 

L'état d'avancement

Le projet VSB a permis d'enregistrer de réels progrès dans la résolution du problème des bidonvilles mais surtout dans l'amélioration des conditions d'habitat des ménages à faibles revenus.

La mise en ½uvre des projets de démolition et de relogement s'est avérée très différente d'une ville à l'autre, et des retards ont été enregistrés dans les grandes villes du Royaume, notamment à Casablanca, Marrakech, Agadir, et Rabat, à cause de plusieurs contraintes.

Les raisons de cet échec se rapportent  aux spéculateurs et à «la mafia» de l'habitat clandestin. En effet, le nombre d'habitants recensés au tout début du programme s'est vu augmenter du jour au lendemain. Certains ménages manifestent leur mécontentement vis-à-vis du programme de relogement qui leur a été réservé, tandis que d'autres familles affirment ne pas avoir été recensées pour profiter de lots de terrain…

Il faut dire que depuis le  lancement du projet, les autorités ont été confrontées à plusieurs difficultés, qui ont fait que l'opération avance plus lentement que prévu dans certaines régions.

Ceci est dû à la complexité des situations à traiter. En  effet, dans certaines régions, les bidonvilles sont fortement enracinés dans le tissu urbain, et peuvent donc  s'opposer à la résorption.

 

Les réalisations du programme VSB

A fin 2012, le programme «Ville sans bidonvilles» avait enregistré un taux  d'avancements global de 70%. Le poids démographique des ménages résidant dans les bidonvilles au Maroc a été réduit de 8,2% à 3,9%. 45 villes ont été déclarées sans bidonvilles, avec l'amélioration des conditions de vie de plus d'1 million d'habitants. Le rythme moyen annuel de démolition a augmenté, passant de 5000, avant le programme VSB, à 25 000 baraques.

Les responsables du programme ont enregistré une nette amélioration des conditions de vie des bénéficiaires par l'accès à la propriété.

 

A.Loudni

La Nouvelle Tribune

Ses derniers articles: Peinture : Patrick Jolivet  Le Maroc renforce ses capacités de production en énergie solaire  Plus de 51.000 bénéficiaires de l’Initiative royale “Un million de cartables” 

marocaine

AFP

Pour la pierre, contre le ciment: le combat de l'architecte marocaine Salima Naji

Pour la pierre, contre le ciment: le combat de l'architecte marocaine Salima Naji

AFP

L'éducation marocaine "en danger"

L'éducation marocaine "en danger"

AFP

La star marocaine Saad Lamjarred entendue dans une autre affaire de viol

La star marocaine Saad Lamjarred entendue dans une autre affaire de viol

difficultés

AFP

Côte d'Ivoire: la filière cacao en difficultés

Côte d'Ivoire: la filière cacao en difficultés

AFP

Mauritanie: grève des journaux privés pour alerter sur leurs difficultés

Mauritanie: grève des journaux privés pour alerter sur leurs difficultés

AFP

Centrafrique: les difficultés s'accumulent pour l'armée française

Centrafrique: les difficultés s'accumulent pour l'armée française