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Secteur immobilier: Un colloque national pour mettre les points sur les ‘‘i’’

L'immobilier se complique davantage. Les prix, en particulier à Casablanca et Rabat, ont atteint des seuils intolérables. Le volume général des ventes est en baisse continue. Le foncier est de plus en plus rare dans les grandes villes. Le social souffre de la spéculation. Le rythme des ventes du moyen standing souffre de la lenteur. Le luxe ne se vend presque pas, et des chantiers dans beaucoup de villes sont en arrêt total, y compris à Casablanca. La classe moyenne, elle, ne sait plus à quel saint se vouer. L'offre et la demande sont de plus en plus en inéquation. En résumé, l'immobilier est en train de donner des signaux inquiétants pour l'avenir d'un secteur aussi stratégique et névralgique pour l'économie du Royaume, mais surtout pour la cohésion sociale.

Autre détail, autre enjeu : l'anarchie, le désordre, les mauvaises habitudes et le non-droit sont autant de maux qui ne cessent d'affaiblir un secteur livré à lui-même. L'Etat, régulateur, semble ne pouvoir plus s'imposer ou imposer quoi que ce soit.

Benkirane-et-Benabdellah

Le Chef du Gouvernement Abdelilah Benkirane reconnaît que le secteur a pris une tournure dangereuse et de plus en plus inquiétante. Il lance à qui veut bien le croire qu'il n'est plus question de rester les bras croisés face à cette situation inacceptable. L'accès au logement est un droit, dit-il, que l'Etat devrait garantir aux citoyens : '' Le logement est indispensable dans la vie de l'homme, et même après sa mort puisqu'il aura besoin de quelques mètres pour se reposer'', ironise-t-il. Il rappelle qu'il est aujourd'hui urgent d'agir et de revoir ce qui devrait être impérativement revu et corrigé. Dans tous les cas, il n'est plus question de fermer les yeux sur ce qui se passe dans le secteur, promet Benkirane, pour qui l'organisation d'un colloque national sur la réforme de l'immobilier s'avère nécessaire pour comprendre les dysfonctionnements dont pâtit ce secteur, et trouver les solutions en mesure d'assurer la  relance dans un esprit gagnant-gagnant. Différents intervenants et faiseurs du secteur y prendront part afin de “concevoir une stratégie claire et précise” à même de garantir une réforme efficiente de ce secteur. “La mise en place d’une telle stratégie est de nature à faciliter l’accès à un logement salubre aux couches à revenus modestes “, ajoute-t-il.

En attendant, Benkirane tient à affirmer qu'en dépit des résultats positifs cumulés dans ce domaine, il y a unanimité autour des problèmes aigus dont souffre le secteur immobilier, estimant que “devenir de nos jours propriétaire d’un logement dans les villes marocaines relève de l’impossible à cause de la conjugaison de plusieurs facteurs”. Il rappelle que les pratiques relevées dans ce domaine témoignent de “l’existence d’intérêts, d’habitudes et de convoitises ainsi que de personnes ayant accumulé des richesses par voies légales et illégales”, estimant qu’une telle réalité se révèle nocive pour l'initiative et l’investissement.

Et, par la force des choses, avec une casquette d'économiste, Benkirane pense qu'au moment où tous les secteurs souffrent et où seul l'immobilier génère des richesses au profit de certains, cela enseigne sur un malaise économique imminent.

H.Z 

Encadré : 

 

L'état des lieux du foncier public

 

L’assiette foncière du domaine public s’élève à près de 1,55 millions d’hectares, dont 54% sont enregistrés au cadastre, alors que 45% sont en phase d’enregistrement. 68% de cette assiette se situent en milieu rural, 25% en milieu périurbain et 7% en milieu urbain. Les terres collectives s’élèvent à près de 15 millions d’hectares, dont 2,3 millions sont enregistrés, 6,5 millions ont subis l’opération de délimitation administrative conformément au Dahir de 1924. Le domaine forestier du Maroc s’étale sur neuf millions d’hectares, dont 5,8 millions de forêts, et 3,2 de plaines d’alfa.

Près de 61.000 hectares du domaine public ont été mobilisés pour un investissement de 210 milliards de Dhs, dont 15.000 hectares pour la construction de logements, 11.500 destinés au secteur touristique, 6.200 pour le secteur industriel et 27.000 pour le secteur des énergies renouvelables. Près de 2.500 hectares ont été réservés à la construction des bâtiments publics administratifs, éducationnels et de santé. Dans le domaine agricole, l’Etat a mobilisé depuis 2004 près de 95.000 hectares en faveur des investisseurs privés, pour une enveloppe de 22 milliards de Dhs, et quelques 47.400 hectares des terres collectives ont été utilisés pour la réalisation de projets d’investissement, dont 17.100 hectares dans les domaines de l’énergie et des mines, 11.500 dans le domaine touristique, 10.400 dans le domaine industriel, et 4.740 dans le domaine du bâtiment et des travaux publics, en particulier le logement social.

Entre 2000 et 2011, le gouvernement a mobilisé 9.854 hectares du domaine forestier pour lancer des projets d’investissement.

 

HZ

La Nouvelle Tribune

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