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Intention du Président de priver Niasse d’un quinquennat : La loi sadanique et ses intrigues

Sada Ndiaye, par «sa» loi, continue de faire trembler la République. Macky Sall ne serait pas prêt à signer à Moustapha Niasse un Cdi au Perchoir, alors que Oumar Sarr veut bien revoir son contrat. Un mouvement d'humeur en vue au sein de la majorité Benno bokk yaakaar que la commission Mbow ne pourrait pas arrêter; elle qui subit des pressions de toutes parts.

Les dés sont jetés. C'est la conclusion que l'on peut faire des révélations de la presse, hier, sur le sort que le Président Macky Sall réserve au président de l'Assem­blée nationale, Moustapha Niasse. Il ressort de cette audience entre le maître du Palais et le Mouvement du 23 juin que le chef de l'Etat consent à rétablir le quinquennat au Perchoir, mais «pas maintenant», selon Libération et «pas sous cette Lé­gis­lature», précise L'As. Une déclaration non encore démentie par les services présidentiels, encore moins par les instances de son parti, l'Alliance pour la République (Apr) qui, de toute façon, s'oppose dans sa majorité à l'abrogation de la «loi Sada Ndiaye». Celle dont Moustapha Cissé Lô, lors de son adoption, disait qu'elle avait pour seul objectif de «tuer» Macky Sall. Celle que son camarade, Mbaye Ndiaye, qualifiait de «loi satanique». Sada-nique !
Qu'importe pour celui qui avait été victime de cet «assassinat» en direct de l'hémicycle, que cette même victimisation a, en partie, perché au fauteuil le plus convoité de la République ! Cette intention présidentielle ressemble à une mise en garde voilée envoyée au leader de l'Alliance des forces de progrès (Afp) qui doit désormais comprendre que c'est la voie de sortie (yoonu guenn) que lui montre son allié. A moins qu'il lui reste l'espoir - devise de son parti - d'être reconduit par une Assemblée multicolore et, apparemment, favorable à un refus de la dictée Apériste. Cette nouvelle donne promet un 31 juillet 2013 (date de renouvellement du mandat de Niasse et du bureau de l'Assemblée nationale) synonyme de premier test de solidité de la coalition Benno bokk yaakaar, avant les Locales de 2014.

Obstruction à la «loi» Oumar Sarr ?

L'on peut parier que Macky Sall coupe court en même temps à l'impertinence de Rewmi et de son leader, Idrissa Seck, qui ont déposé une proposition de loi rétablissant le quinquennat au Perchoir. Une «main tendue» pour sortir Niasse de ces mandats annuels interminables et aux enjeux abyssaux. Dans son exposé des motifs, Oumar Sarr écrit : «Le président de l'Assemblée nationale est élu pour la durée de la Législature. (...) Cette disposition s'applique à l'actuel mandat du président de l'Assemblée nationale.» De toute évidence, le député vise un quinquennat pour Niasse. C'est l'autre bataille en vue entre Rewmistes et Apéristes, qui se prolongera sans doute au sein de la coalition Bby ; viendra ensuite l'équation des 3/5 requis pour adopter cette loi.
Macky Sall comptait sur les conclusions de la Commission nationale de réforme des institutions (Cnri) pilotée par Amadou Makhtar Mbow pour gagner du temps, mais Idrissa Seck et Cie sont passés par-là pour imposer le débat et surtout le maintenir. Moustapha Diakhaté avait assuré que cette question est prise en compte par ladite commission et qu'on ne peut pas faire des «réformettes». Quelle serait alors la position du Socialiste Serigne Mbaye Thiam qui attendait de voir le rapport de Mbow au lieu de faire des modifications «à la petite semaine» ? Lorsque le ministre de l'Education accorde un bénéfice... de la confiance à la Cnri, les jeunes de l'Apr, eux, pressent Mbow de ne pas réformer à la place du «réformateur». «Touche pas à notre président de parti ! Touche pas à notre régime présidentiel !» Mais surtout, «Fais pas une nouvelle Constitution !» Mbow a du pain sur la planche !

Macky face à Mbow

Si le Président qui a confié à Amadou Makhtar Mbow une commission de réforme des institutions le «désavoue» en même temps, c'est alors mal parti. Ce silence des services présidentiels- prompts à démentir, préciser, ou mettre au point- autour de ces révélations qui pourraient être lourdes de conséquences est intrigant. Mbow et son équipe n'ont pour mission de réformer quoi que ce soit. La commission a clairement indiqué dans sa déclaration liminaire, lors de sa conférence de presse du 18 juin 2013, que le Président lui avait recommandé de se pencher sur le «rejet d'une certaine façon de gouverner», la «consolidation de l'Etat de droit» et la «stabilité institutionnelle». Mieux, le chef de l'Etat, dans sa lettre, lit-on dans le même document, donnait carte blanche à l'équipe de Mbow de «s'inspirer fortement des conclusions des Assises nationales et, en particulier de la Charte de gouvernance démocratique qu'il avait signée et qu'il s'était engagé à mettre en ½uvre», mais aussi de «s'appuyer sur les principes et orientations du programme Yoonu yokkuté». Il faut avouer que le débat autour du mandat de président de l'Assem­blée nationale en fait partie tout comme le cumul des fonctions de chef de l'Etat et de chef de parti. Les «Républicains» rappellent d'ail­leurs que leur leader avait émis des réserves. Soit. Mais faut-il rappeler que la Cnri, comme le dispose son cahier des charges, s'est donné un délai de 6 mois pour, «après validation, porte(r) les résultats des travaux à l'attention du président de la Républi­que, en vue de l'organisation d'un référendum sur cette base». Macky Sall pourra choisir sa «voie royale» à lui qui serait la voie parlementaire. Il lui appartiendra de ne pas rétablir le quinquennat au Perchoir. Mbow a, en tout cas, dégagé ses responsabilités en déclarant qu'il n'a «aucune garantie» que les propositions de la Cnri seront appliquées.

le Quotidien

Rewmi

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