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187 travailleurs de Tiguentourine dénoncent l’injustice

Pas moins de 187 travailleurs du tristement célèbre site gazier de Tiguentourine réclament justice. Victimes de l'annulation verbale d'une note de l'ex-PDG de Sonatrach, Mohamed Cherouati, décidant de la régularisation de tous les travailleurs contractuels des 17 associations et groupements en Algérie, ces travailleurs se disent victimes d'une autre forme de «terrorisme».   Après avoir vécu la pire épreuve en étant otages d'un dangereux groupe terroriste, ces mêmes travailleurs risquent de se voir licenciés à la fin de ce mois. «4700 contractuels appartenant aux différents sites où Sonatrach est en association avec des entreprises étrangères, concernés par la note de Cherouati, ont été régularisés. Seuls les travailleurs du site de Tiguentourine ont été exclus sans justificatif valable et sans aucune note administrative relative à cette mesure», nous explique K. A., un des 183 contractuels d'In Amenas en grève depuis le 28 mai dernier. Une partie de ces employés sont en grève sur le site de Tiguentourine, et le reste est accueilli par la centrale de l'UGTA après avoir été expulsé par la police du siège de la direction générale de Sonatrach à Hydra. «Zerguine (PDG de la compagnie nationale) refuse d'entendre raison. Il veut nous sacrifier après de longues années de service afin d'appliquer la circulaire de Sellal visant le recrutement d'agents locaux. Y a-t-il donc deux Républiques dans ce pays ?», dit-il en affirmant qu'il n'existe aucune note annulant la décision de Cherouati. «Preuve en est la régularisation de 83 agents. Dans l'association In Amenas, il a fallu attendre fin décembre 2011 pour que 40% du personnel de l'association SH/BP/Statoil soient touchés par la régularisation, et entre-temps des contrats de 6, puis 3 et encore 3 mois renouvelables ont été offerts au reste des salariés non intégrés, hautement qualifiés pourtant et qui ont participé pour nombre d'entre eux, avec dévouement, à la construction de l'usine en 2001 et veillé à la bonne conduite des opérations pendant de longues années», expliquent les travailleurs qui craignent pour leur devenir après que la direction générale ait suspendu l'opération de régularisation depuis avril 2012. «Se sentant injustement lésés, des actions pacifiques ont été menées, envoi de courriers, sit-in des travailleurs, boycott du déjeuner et marches de la base-vie à l'usine ont été menés durant tout le mois de juin», en vain, et c'est ce qui a motivé le choix de la grève depuis le 21 juin 2012. «Nous avions suspendu la grève trois mois plus tard afin de montrer notre bonne foi et permettre à la direction pour la reprise de l'opération de régularisation. Et le 16 janvier, il y a eu l'attaque terroriste durant laquelle la majorité des 183 contractuels pris en otages. Tous ont fait preuve de bravoure lors de ces moments difficiles. J'ai moi-même pu sauver 4 expatriés, j'ai pu me libérer, mais je suis tout de même revenu sur les lieux pour eux», explique K. A. déçu par l'attitude de la direction générale. «Nous sommes revenus après l'attaque par conscience professionnelle et par devoir, nous avions repris le travail. Juste après l'attaque, Zerguine nous avait promis d'étudier le dossier. C'était en fait une manière de gagner du temps. Nous avons attendu la date du 24 Février, puis le 1er Mai, mais aucune décision n'a été prise», indique B. A., qui cumule des années de travail à In Amenas. «Les travailleurs concernés par ce problème sont des ingénieurs, des techniciens, des agents administratifs hautement qualifiés, maîtrisant trois langues. La direction est ingrate avec nous, après tant de dévouement et d'abnégation, on veut nous chasser pour recruter des gens non qualifiés», affirme K. A. qui se rappelle d'une phrase que le chef des preneurs d'otages leur avait lancée : «Il nous a regardés et dit : avec votre grève, vous n'avez pas été entendus par votre gouvernement, mais nous avec notre opération, c'est le monde entier qui va nous écouter.» K. A. s'indigne contre l'ingratitude des autorités, alors que, dit-il, «nous avons fait preuve de patriotisme en collaborant avec les militaires, leur donnant le positionnement des terroristes, leur armement, nous avons sauvé des expatriés, et en guise de remerciement, on nous jette à la rue». Et à B. A. de se souvenir : «Nous n'avons même pas eu droit à un suivi psychologique digne de ce nom après l'attaque, contrairement au personnel étranger qui a eu droit à un traitement de faveur.» «C'est le combat de David contre Goliath, mais nous comptons le mener jusqu'au bout. Nous sommes victimes d'une injustice. Ils veulent pousser un personnel qualifié à aller travailler dans des pays concurrents comme le Qatar. Ce qui a été fait par Khelil se poursuit aujourd'hui», notent nos interlocuteurs.

El Watan

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