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Tunisie : rassemblement pour le procès en appel d'un rappeur

TUNIS (AFP)

Quelques dizaines de personnes se sont rassemblées devant le palais de justice à Tunis pour soutenir le rappeur Alaa Yaâcoubi, condamné à deux ans de prison pour une chanson insultant la police et jugé mardi en appel.

Le rappeur, dit Weld El 15, a été condamné le 13 juin après s'être livré à la justice en contestant sa condamnation par contumace à la même peine en mars.Le procès en appel a été fixé en un temps record.

L'audience a commencé en début d'après-midi.Le rappeur, en t-shirt noir portant l'inscription dans le dos "mains menottées libres", s'est défendu au nom de la liberté artistique.

"C'est comme les scènes de violences dans les films", a-t-il dit, expliquant que sa chanson ne visait pas en particulier la période actuelle, mais aussi les décennies précédentes sous le régime du président déchu Zine el Abidine Ben Ali.

Les défenseurs du rappeur ont parlé d'un "procès historique" et réclamé sa libération.

"Ce procès est politique, il doit sortir, il n'y a pas le choix sinon aujourd'hui ça risque (...) de mettre le feu aux quartiers", a prévenu avant le début de l'audience BendirMan, un chanteur engagé venu en soutien.

"Il s'agit d'une vengeance"

"Au départ nous n'avons pas voulu politiser l'affaire mais le jugement de première instance a fait de Weld El 15 un prisonnier politique, car il s'est exprimé dans une chanson", a dit son avocat Ghazi Mrabet

"Ce n'est pas juste la question de la sévérité du verdict mais aussi l'attitude sur la liberté d'expression", a-t-il déclaré à l'AFP.

Selon cet avocat, "il s'agit d'une vengeance contre la jeunesse qui a fait la révolution mais a été trahie car elle n'a plus le droit de s'exprimer".

La justice tunisienne a condamné Alaa Yaâcoubi pour sa chanson "Boulicia Kleb" (Les policiers sont des chiens) diffusée sur internet.

La sévérité du verdict avait été accueillie le 13 juin par des cris de colère suivis de heurts entre les amis du condamné et les policiers qui ont brutalisé des manifestants et frappé des journalistes présents.

Les ONG de défense des droits de l'Homme ont dénoncé cette condamnation, y voyant une atteinte à la liberté d'expression acquise avec la révolution de janvier 2011.

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