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Somalie: les transferts d'argent de la diaspora menacés

Les acteurs du secteur du transfert d'argent en Somalie ont appelé lundi la Barclays, la dernière banque britannique avec laquelle ils travaillent, à ne pas fermer leurs comptes, comme l'établissement britannique en a, selon eux, l'intention, avertissant qu'une telle décision priverait les Somaliens d'un service vital.

Privés de système bancaire formel dans un pays ravagé par plus de 20 ans de guerre civile et de chaos, de nombreux Somaliens dépendent des services de transfert d'argent, grâce auxquels la diaspora envoie plusieurs millions de dollars chaque année à des proches en Somalie.

L'Association des Services monétaires somaliens (Somsa), regroupement des acteurs du secteur, affirme que les trois-quarts de ses membres ont été informés par la Barclays de la fermeture de leurs comptes chez elle dès le 10 juillet, ce qui "aura de graves conséquences en Somalie, où n'existe aucune alternative aux entreprises de transfert d'argent".

Une telle décision pourrait précipiter ce type d'activités "dans la clandestinité, dans les mains de prestataires non agrées, soumis à aucune règle, et illégaux", avertit la Somsa.

Cette association met en garde contre "les dommages causés aux flux de liquidités vers le vulnérable peuple somalien, qui dépend de ces paiements pour sa survie et la menace probable que fait peser cette mesure sur la stabilité politique et économique de régions fragiles de Somalie".

Les transferts d'argent vers la Somalie se font essentiellement via la Hawala, un système informel basé sur un réseau d'agents liés par la confiance, sans véritable cadre contractuel ou légal et sans transmission immédiate d'instrument de paiement. Une fois l'argent déposé chez un de ces agents dans un quelconque pays, le destinataire peut immédiatement récupérer la somme chez un autre agent, prévenu, en Somalie.

"Une ligne de vie"

Mais le système de la Hawala a besoin d'un système bancaire formel pour des virements importants visant à régler les dettes d'un agent envers l'autre.

Les banques internationales ont durci leurs règles de fonctionnement en la matière, afin de lutter contre le blanchiment d'argent et le financement de groupes accusés de terrorisme.

La décision de Barclays concernerait 250 entreprises de transfert d'argent dans le monde, selon Somsa.

Barclays est la dernière banque britannique à fournir des services aux entreprises somaliennes de transfert d'argent, selon Somsa. Une importante diaspora somalienne vit en Grande-Bretagne et en Afrique de l'Est où Barclays a des filiales.

Une centaine de chercheurs et universitaires somaliens et étrangers ont signé une pétition critiquant la décision de la Barclays. "Ce qui est en jeu, c'est une ligne de vie qui fournit un soutien essentiel à environ 40% de la population de Somalie", peut-on lire dans cette lettre, selon laquelle environ 1,5 million de Somaliens de la diaspora envoie de l'argent à leurs proches au pays.

"Nous comprenons (...) les inquiétudes concernant les fonds destinés à des individus ou groupes désignés comme terroristes" mais "nous pensons que le meilleur moyen pour éviter cela est de promouvoir des systèmes responsables, transparents et rendant des comptes (...) plutôt que de fermer les canaux" existant, poursuivent les signataires de la lettre, lancée par Laura Hammond, de la Faculté des Etudes orientales et africaines de Londres.

 

AFP

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