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Le budget couffin des tunisiens au cours du mois de Ramadan

Les tunisiens sont de bons vivants et ils le prouveront encore une fois, en dépit du bon sens et de toute règle de prudence, au cours du mois de Ramadan prochain, du moins, la majorité d'entre eux. Un sondage élaboré et réalisé par l'institut TUNISIE SONDAGE vient de révéler en effet, que 57% des tunisiens ne comptent nullement réduire leurs dépenses, pour le mois de Ramadan et l'Aïd 2013. Tant pis, s'ils termineront l'année sur la paille, car on ne vit que deux fois : une fois au Ramadan et une autre durant les trois jours de l'Aïd. Le sondage a été réalisé du 18 au 21 juin 2013, sur un échantillon représentatif de la population tunisienne, composé de 1640 personnes, âgées de 18 ans et plus.

L'on apprend ainsi, 23% des répondants au sondage, comptent dépenser encore plus que lors de la période Ramadan-Aïd el-Fiter 2012. Comment feront-ils ? Mystère et boule de gomme arabique. Plus raisonnables, 34% des tunisiens conserveront tout de même, le même niveau de dépenses, qu'en 2012. Sait-on jamais ? Les pessimistes qui estiment qu'ils dépenseront moins que l'année dernière, ne sont que 14%. Mais attention, à moins de deux semaines de Ramadan, les irrésolus sont tout de même, de l'ordre de 29%. Ils ne savent pas encore où se situera en fin de compte, le bilan de leur dépenses, au cours du mois de Ramadan prochain. Ah, vous pensez que ce ne sont pas des irrésolus, mais plutôt des imprévoyants ? Oui pourquoi pas, tout bien considéré, et je suppose qu'ils ne savent pas au fait, combien ils avaient dépensé au cours du mois de Ramadan 2012. Gentils et braves gens.

Quoiqu'il en soit, les trois quarts des sondés, soit 75%, estiment que le contexte économique actuel, n'aura pas d'impact réel, sur leurs intentions déclarées ou cachées de dépenses, au cours du mois de ramadan. S'agissant de l'Aïd el-Fiter, le taux n'est plus que de 49% des sondés. Apparemment, ce sont les enfants qui trinqueraient plus que les ventres de leurs parents. Mais, les enfants attendront sagement, l'Aïd el-fiter, pour se venger royalement.

Tout en envisageant de consommer, vous aussi, autant que l'année dernière sinon plus, vous vous dites le plus hypocritement du monde, s'agissant de vos concitoyens : « Mais mon Dieu, ils oublient que c'est un mois qui doit être consacré à la purification du corps et de l'esprit, dans une ferveur religieuse inégalée, tout au long de l'année »,et vous avez raison. Non, ce n'est pas moi, qui vous conforte dans votre logique hypocrite, mais ce sont vos braves concitoyens, dont les deux tiers pensent exactement, comme vous. En effet, ils sont 66,5% à percevoir Ramadan comme un mois saint pour tout bon musulman, un mois qui offre l'occasion de renforcer la foi de tout un chacun. Seulement 36%, soit un gros tiers, se rappellent aussi, que Ramadan est une occasion pour se rappeler des malheurs des pauvres et des indigents. Un tunisien sur 4 seulement, soit 25,6%, pense à la famille au cours du mois de Ramadan. Mais, ils se rattrapent par contre, au cours de l'Aïd el-Fiter où ils partent en en masse et en pagaille à l'assaut de leur parents, à la recherche de la « Mahba » de leurs chérubins.

Mais, s'ils sont 66,5% à percevoir le caractère saint du mois de Ramadan, ils sont presque autant, à ne penser qu'à se détendre au cours de ce mois, en particulier. Malgré les vicissitudes et soucis de la vie, ils sont en effet, 64% à penser que Ramadan représente une période agréable, dans l'année et 48% à le classer carrément, comme leur période préférée tout court. Est-ce en raison d'un ventre rebondi le soir et vide le reste de la journée et de l'année ? Est-ce à cause de la gymnastique quotidienne des trawi7 ? Nul ne le sait.

Il se trouve enfin, que Ramadan et les vacances d'été nous seront livrés cette année, sous le même emballage étincelant. Hôteliers, restaurateurs, organisateurs des festivals et autres activités récréatives, sachez d'avance, que les tunisiens pensent majoritairement, que Ramadan conjugué au contexte économique, eh bien, cela ferait tout de même, un peu trop pour leur bourse, au singulier. Là, ils redeviennent carrément, majoritairement pessimistes et répondent que cette conjugaison de deux périodes de dépenses, aura un impact important, sur leur budget de vacances durant l'été. Encore une fois, le ventre est privilégié sur le loisir et cela se comprend, car pour la majorité des tunisiens, le ventre et le loisir cela ne fait qu'un. Voilà. En gros, on ne touche pas aux dépenses de Ramadan, mais on rogne tant qu'on peut, sur les dépenses des vacances d'été. Rien ne se perd, ne se crée tout se transforme, comme aurait ce bon Lavoisier.

Par Ridha Ben Kacem le 24 juin 2013

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