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Autant le dire… : Même face à la mort, il résiste

Nelson Mandela aura été l'étalon même de la résistance, mais également du pacifisme à tout point de vue. En effet, celui qui a passé le plus grand temps de sa vie à lutter contre l'apartheid, l'injustice et pour l'égalité entre les Noirs et les Blancs dans son pays, en Afrique du Sud, donne, à chaque occasion qui lui est offerte, des leçons de vie à la postérité. Après avoir séjourné pendant 27 ans en prison parce que son peuple souffrait, il a juste duré un mandat à la tête du pays, en tant que président.

Puis, contrairement à d'autres chefs d'Etat qui auraient saisi cette opportunité pour mourir au pouvoir, il s'est retiré, tranquillement. Laissant le pouvoir à ses camarades de lutte du African national congress (ANC) auprès desquels il a servi de conseiller, de personne-ressource incontournable. Devenue cette icône en matière de respect des droits humains, de lutte pour l'émancipation des peuples, en Afrique du Sud et partout dans le monde, le prix Nobel de la paix (reçu en 1993) n'a pas eu à forcer l'admiration. Les choses, comme on dit, sont allées d'elles-mêmes. Au soir de sa vie, (il aura 95 ans le 18 juillet prochain et était dans une situation critique selon ses médecins soignants au moment où nous rédigions ce papier), il continue de résister. Si et seulement si son exemple pouvait servir.

L'Afrique est en proie à plusieurs maux. Au plan démocratique, après l'euphorie des années 1990, les peuples africains sont toujours à la recherche d'espaces démocratiques véritables pour exprimer leurs visions du développement économique et social. Au Mali, les djihadistes ont dicté leurs lois et continuent, à travers des mouvements Touaregs, de faire durer la douleur. Alors que le peuple malien veut la liberté, le bonheur, la paix en un mot. En Centrafrique, des rebelles venus d'on ne sait où, ont chassé du pouvoir François Bozizé, alors élu démocratiquement président de la République. Depuis, le pays est en lambeaux : pillages répétitifs de biens publics et privés, atteintes aux droits de l'homme, etc.

En Tunisie, en Egypte et en Libye, le printemps arabe, qui aurait pu se comparer à la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, porte difficilement ses fruits. Les attentes démocratiques des populations ne sont pas encore atteintes et des remous sociaux ne sont pas loin. En Côte d'Ivoire, la stabilité tient à un fil et ça fait peur, quand on sait que le pays retournera dans deux ans aux urnes pour élire un nouveau président de la République. Au Togo, en Guinée Conakry et même chez nous au Burkina, les processus démocratiques sont en construction et demeurent très fragiles. Quand on ne prend seulement que ces quelques exemples, on comprend que la lutte est encore longue et qu'il va falloir se serrer la ceinture.

C'est en ce moment que, gagné par l'âge (c'est naturel), Nelson Mandela s'efface de la scène. Reste donc son mérite et son image qui doivent servir. Comme lui-même le disait en février 1962 à Addis-Abeba, à l'occasion de la conférence du Pan-African fredom movement of east, central and southern Africa : « ...il est important et approprié que cette conférence sonne le clairon pour appeler les peuples en lutte d'Afrique du Sud et des autres régions dépendantes, à resserrer les rangs, à tenir ferme comme le roc et à ne pas s'autoriser d'être divisés par des rivalités politiques mesquines, pendant que leurs pays brûlent » (...) « Chers amis, je voudrais vous rassurer que le peuple africain d'Afrique du Sud, malgré la persécution impitoyable et la souffrance indicible, fera montre d'un courage toujours plus grand, et ne se laissera pas distraire un seul instant dans sa mission historique de libération de son pays, de la conquête de la liberté, de la paix durable et du bonheur ». Ce qui est encore bien valable de nos jours.

C'est dire que la lutte doit se poursuivre. Avec ou sans Mandela. Ne serait-ce que pour faire vivre sa mémoire.

Dabaoué Audrianne KANI

L'Express du Faso

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